Toi pis moi ensemble

par lolmaquerelle

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Toi pis moi ensemble, ça serait tellement beau là.

Genre que je t’aimerais trop pis on saurait jamais si c’était parce que tu m’aimais pas assez, mais on finirait par se frapper fort dans face pis avec les yeux aussi devant le monde pour que ça paraisse pas trop, mais nous on le saurait.

Toi pis moi ça serait un jeudi soir que tu reviens encore tard parce que t’étais dans la lune ou ben t’avais trouvé une personne particulièrement belle (mais pas belle physiquement, juste belle dans ce qu’elle dégageait, ouais ouais) dans l’autobus pis t’avais décidé de t’asseoir à côté pis de jaser avec, comme ça, parce que toi t’as le culot, pis que c’pas que tu m’aimes pas, mais on voit ça différemment. Ça serait ce jeudi soir-là, toi pis la belle personne pis un thé ou une bière ou un expresso allongé tiens c’est plus ton genre café-clop mon amour, tiens, même dans mon imagination où j’essaie de me convaincre que t’es rien de mieux qu’une crottsse de néze je suis même pas capable de pas être smatt avec toi. J’imagine ta sorte de clop préf pis tes grosses mains sur ton petit café.  Rendus là let’s go why not peanut, tu portes ton chandail bleu qu’on a acheté ensemble. L’AFFAIRE LÀ, c’est que tu penses pas à moi parce que t’as l’impression que ta guédaye au moins, elle elle t’écoute, moi je me prends pour ta mère, je te connais trop, c’est lassant, astreignant, contingenté tant qu’à ça, disons-le tu utilises toujours des mots pas rapports pour parler de moi comme si j’étais trop conne pour comprendre ce qui nous concerne. Quand je dis guédaye là, ben je veux dire la prochaine moi.
Toi pis moi ensemble, ce serait  moi dans notre appart qui s’arrache les cheveux qui me restent parce que j’ai jamais su si tu m’aimais autant que je t’aimais ou ben si tout le monde autour de moi avait raison pendant que toi tu siroterais ton estik d’allongé de marde devant une fille random que tu regarderais de la même estik de manière que tu me regardes.
Tu rentrerais ce soir-là, ou pas, ou tôt le lendemain, peu importe.
Tu me briserais. Une catin brisée que t’aurais hâte de remplacer.
Des fois peut-être que tu m’aimerais pour vrai, mais on le saura jamais parce que dans le fond «c’est quoi aimer pour vrai ?» que disent les personnes qui n’aiment pas vraiment la personne qui les aime pour vrai.

Un moment donné ben nous deux ce serait fini et tu reverrais la belle personne du café du jeudi et de la pipe de la nuit qui a suivie max deux heures après que je t’ai quitté.

Je vais trop loin, mais l’important c’est qu’un mois plus tard tu te rappellerais que je te faisais rire le matin avant même que t’ai ouvert ton gros œil collé qui me regardait pas encore, mais qui me souriait déjà.
Peut-être qu’un jour tu réaliserais que tu bois moins avec moi et que l’étain c’est poche quand j’pas là pour le licher sur la commissure de tes lèvres, tu penserais à mon cul, mais t’appellerais la fille de ton cours du mardi, qui aurait remplacée la fille du café. Les autres que moi sont mignonnes et te demandent rien, sauf qu’elles t’agrippent la queue quand tu parles au téléphone avec ta mère pour te faire bander malgré toi. (Le touchage au téléphone avec famille c’est no way. Moi je le sais. J’en sais plein d’autres affaires, mais tu penses que c’est normal que je les sache toutes fak t’es pu jamais impressionné que je les sache. P.S. Je me souviens de ce que tu portais à ta première journée d’école au primaire. Ça, j’ai hâte de l’oublier pis de le remplacer par what ever autre chose d’un peu plus pertinent pour mon avenir.)

Sais-tu quoi ? Ce serait beau nous deux parce qu’à ce moment bien précis ou tu penserais me rappeler pour vérifier si oui ou non tu m’aimes, ben moi je serais rendue loin, tellement loin dans ma tête de tout ça, je t’aimerais déjà même pu.

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Ça sera tellement beau nous deux quand je te dédaignerai.

Photo: Lily Pinsonneault