Ma Querelle

Ma querelle, c'est aussi la querelle de tout le monde (pas tout le monde sur la terre, j'sais ben, j'pas épaisse).

Les affaires qu’on dit pas aux bébés.

Si je me croisais moi-même à 19 ans dans la rue genre tantôt, je pense que je me verrais même pas. Je me dirais même pas salut, aye c’est pas que je suis snob là, je saurais pas vraiment non plus que c’est moi à 19 ans, ça se peut même pas de se recroiser comme soi-même plus jeune en général dans la vie, faque ça sert à rien que j’imagine cette situation-là.

Ok, je recommence. Mettons la situation se peut, j’ai un souhait quand j’ai 19 ans à réaliser pis c’est de me rencontrer moi-même à 24 ans, là le génie capote y se peut pu, faut que y’appelle genre Robin et Stella pis qui leur bust leur cheval qui les aide à remonter dans le temps. Vue que Robin finalement c’est une fille, GIRL POWER, ça s’organise, j’ai mon voeu quand même poche de fille de 19 ans, me rencontrer à 24. Yash estik que j’étais romantique à 19 ans, le pire c’est que j’aurai pu, à 19 ans, dire à mes amis quelque chose comme : «Ouin! me recroiser à 24 ans, fucké hen! C’est ça que j’ai demandé. 25 ans c’est trop cliché, j’ai dit 24». En tout cas c’est ben sûr que tout le monde que je connais serait au courant, estik que j’avais une grande yeule à 19 ans. Bon enfin bref mettons que je m’invite à prendre un café, parce que c’est mon voeu, de prendre un café avec moi (j’en reviens pas encore que j’ai écrit ça).

Premièrement je pense que je me trouve trop stylish à 19 avec mes leggings en dessous de ma jupe, oui ça se peut. Faque là j’arrive à 24 vraiment plus stylish que jamais, je me fais dropper la gueule de 19 ans à terre parce que j’ai des skinny pis que dans ce temps-là c’est à peu près introuvable faque je capote d’en avoir enfin trouvé. Je me dis : «Le pire là-dedans, c’est que j’en ai plus qu’une paire, dans un an tu vas voir, tout le monde va en avoir, même ton ex qui écoute du métal». J’en reviens pas, j’ai aucun regret d’avoir choisi ce voeu-là. Tranquillement on se met à parler des vraies affaires, mais y’a des affaires que je peux juste pas me dire, je peux pas me dire «Va-t-en tout de suite, y’a une petite méchante qui va essayer de te faire de la grosse peine avec ses gros mensonges et tu vas être traumatisée de cette méchanceté gratuite-là, mais tu vas t’en sortir parce que tu as de bonnes amies. En revanche, t’sais elle là, ben elle va devenir ENCORE plus proche de toi, non je te le jure, oui je te le jure. Non t’as toujours pas de chum, ça aussi ça t’es traumatisée on dirait ma jeune, y’a rien qui va marcher pis sérieux lâche les gars parce que c’est tellement pas ça qui t’intéresse pour vrai dans la vie, mais non t’es pas lesbienne, tu le saurais, ben qu’est-ce que je veux dire, je veux dire que criss y’a pas rienk ça pis y’est temps que tu t’en rendes comptes, ben non inquiète-toi pas t’es pas une vieille frustrée t’es trouve encore cutes pis gentils pis attachants, ben non t’es pas une grosse saloppe qui couche avec n’importe qui, ben non il reviendra pas, ben non vous vous parlerez plus même si vous vous faites des promesses comme quoi qu’il faut pas que vous sortiez de la vie l’un de l’autre parce que vous êtes vraiment important l’un pour l’autre pis que tu l’as vraiment aimé, mais que ça a changé, mais c’est pas que tu le veux plus dans ta vie, ben non ça va bien tu penses jamais à lui, eee ouin l’autre par exemple c’est une autre affaire, mais je peux pas te dire c’est quoi l’affaire parce que sinon tu deviendras pas la moitié de ce que je suis rendue, pis ça m’intéresse pas de mettre de côté la moitié de moi-même. Non sérieux, je sais vraiment pas quand est-ce qu’on-tu-je va se mettre à rester en quelque part, j’imagine qu’on aime ça bouger. C’est cute, tu vas faire ton premier voyage cette année, s’il-te-plaît, va pas trop sur internet, come on, l’autre t’écrira pas plus parce que tu fais actualiser aux deux secondes. À part de ça, cours donc. T’aimes vraiment ça courir. Je te le jure, pas besoin d’être sportive pour te mettre des running shoes pis aller courir un peu dans la ville. Finalement je sais pas quoi te dire, sauf que regarde-toi, t’as presque la bague au doigt, après tout ça Vita ne désespère pas. Haha non ça c’est une blague, c’est une chanson qui va sortir dans à peu près 6 mois, est ben funny tes amis vont faire un faux vidéoclip là-dessus qui va avoir quand même gros des views sur youtube. Justin Bieber va devenir de plus en plus populaire, mais t’as jamais vraiment eu d’opinion sur lui, ça changera pas. Y’a des affaires qui changent, d’autres pas, je t’avertis tu vas toujours avoir de la difficulté à gérer l’enthousiasme des gens, mais je te le jure que tu vas le devenir de plus en plus toi-même. Pis ouin, juste te dire, c’est vrai qu’en vieillissant on se met à aimer pour vrai le changement des couleurs dans les arbres à l’automne, pis qu’on aime pour vrai être chez soi après une grosse journée. Juste te dire ma jeune que des vrais amis t’en as moins que tu penses, mais dans le sens qu’un moment donné tu te tannes de te pitcher partout. Pis arrête de dire jamais. Ahhhh estik que ça sert à rien de dire jamais. Tellement à rien de dire jamais. Pis de se projeter dans l’avenir, ça aussi estik que ça sert à rien. Arrange-toi juste pour toujours être entrain de faire quelque chose. Ce qui reste, c’est les choses que t’as faites. PAS :
«Faque là il m’a dit
Faque là je lui ai dit
Mais, à ce qui paraît»
ÇA. ÇA RESTE PAS. Aucune trace. Aucune aucune aucune trace dans mon présent d’un smiley par message texte.
Aye ouin, aussi, saches que maintenant, on voit quand la personne a lu le message sur Facebook, ouin je sais que c’est weird, moi too j’étais contre, mais on s’habitue. On s’habitue quand ON ÉCRIT PAS À UN GARS QU’ON L’AIME SUR MESSAGE FACEBOOK PIS QU’ON ATTEND PAS SA RÉPONSE QUI ARRIVERA JAMAIS. COMPRIS ???????????????????????????
Ouais des fois on déborde, ça nous magane pis notre entourage aussi, surtout moi à la longue faque fais attention s.t.p. On a eu notre première ride dans le front cet été, mais p-e qu’on l’aurait pas si on riait pas autant faque c’est chill avec moi.»
Je conclurais en disant : «T’sais, on est pas conne. On fait des affaires vraiment connes, mais on survie». Oh non, je peux pas dire ça, je me dirais que je survie pis que j’ai l’air de quand même ben feeler faque je penserais que je peux en faire plus. Ok, je dirais : «On a fait des affaires connes, on peut slaker». Ah ouash non, pas me faire la morale. Ok debord je me ferais juste comme une vraiment bonne joke genre parler en alexandrins tout le long, ouais! Me lever, pis partir dans la fumée!

Toi, ma chienne.

Je me dirais que je suis devenue une sorcière, je trouverais ça trop nice.

Tu suis.

 

Je suis le doute quand ton père te dit non. Je suis le snooze de ton réveil-matin. Je suis l’allée numéro huit de ton épicerie, je ne suis jamais seul et je sais que tu viens tous les mardis seulement pour lorgner mes rayons. Je suis la fenêtre du troisième étage de l’aile C. Hier tu es venue, même si le jour était mercredi. Une défaite, tu avais besoin d’une défaite plus que de moi. J’ai vu les plaques dans ton cou, pas ton sourire. Ce n’est pas nouveau, je préfère t’ignorer, c’est tout. Continue de battre les œufs, tu finiras peut-être par faire une omelette. Habituellement on se voit le jeudi quand tu as trop bu, je te le répète, nous n’étions que mercredi. Je suis ta fin de semaine, ton cellulaire, ton oreiller. Je suis les champs que tu as éclaboussés de tes premières menstruations. Et tu me chantes des chansons. Et tu chantes mal, mon poussin. Oui, tais-toi… Tu te demandes si j’ai déjà raconté tout cela. Tu n’oseras jamais me questionner sur ce que je dis de toi. Je ne parle pas de nous. Je suis ta crème pour le corps. Je suis le soleil, le dimanche et la pluie le mardi. Je suis le chat que tu flattes en pensant à deux filles qui s’embrassent. Je suis le chandail bleu que tu ne veux plus porter. Je ne serai jamais là pour toi. Tu continues de me dire bonne nuit, pauvre toi. Je ne t’ai jamais vue. Je n’ai jamais remarqué tes grains de beauté. Ainsi, je ne serai jamais désolation. Pleures-tu ? Non, s’il-te-plaît pas ça, souris-moi comme tu sais que j’aime. Ah merci. Je suis la satisfaction. Et tu recommences. Sache, petite fleur, a beau mentir qui viens en toi. Je te jure : le vendredi soir, je suis ton mal de tête. Je suis en formation. En gestation, en strangulation. J’ai jadis été l’aiguille qui t’a percé le nombril. Et la nappe sur laquelle tu échappais ton verre de lait. Petite insouciante. Ta mère avait raison. Assez parler d’elle, moi maintenant. Je suis l’angulosité et le genou. Le samedi matin, je suis l’heure à laquelle tu dois te réveiller. Ton pantalon, celui que tu affectionnais tant, c’est ma faute s’il est rendu trop étroit. Je suis Noël et les vacances qui vont avec. Surprise ! Non, je ne suis pas l’Église. Chut, arrête avec ces images. Ah non, c’était dans ma tête, toi tu ne parles jamais. Tu jouis.

 

Tu suis.

Beau vagin.

Photo : Christian Quezada

Chienne l’automne.

Pendant que tu es une chienne de novembre
Je suis une soie entre tes doigts.
Ton vernis sent la charogne
Je suis assise au fond, par terre
Tu cries tes histoires au plus offrant
Tu bois l’ambiance au goulot
tu la recraches en rond
Des pantins aveugles sourient
tu oses les regarder dans les yeux
Ils t’applaudissent en battant des paupières
Je rampe dans la lumière qui tombe

Chienne l'automne

Je vomis entre mes dents
Toi, ma chienne, tu ries.

Repeat.

Fallait pas faire de bruits sinon y’allaient savoir qu’on tait là
T’as roté mon gin, j’ai giné ton rot, pardon
Chute, chute, écoute-moi, chute flou
Mais j’ai faim cent bon sang de steak
Cuis-moi quelque chose, j’ai soif t’encore
Chute, chute, écoute-moi, chute weon
J’ai mis des pantoufles su mes pas, je sais plus trop quoi tu veux
Donne-moi deux minutes, que je me souvienne ton non
À moins que tu m’avais dit oui
C’est ça, c’t’au bout du couloir
J’attendais ta main qu’est pas venue dans mienne
Chute, chute, écoute-moi, chute plouque
Je me te le répèterai pas, cent fois deux font deux sans toi
Enfin t’es là, je t’emmène partout avec moi nulle part
Aller, la menotte dans la menotte, minoute moumoute

 Mourrais-tu déjà oublié

 mourrais-tu déjà oublié ?

The Phone – Le music hall

« Dad, I’ve finished my phone song ». Ça commençait par four four four four four four four, five five five….. J’avais inventė la même à son âge et j’étais aussi fière… Faut-il que je la mette en garde avec ce qui l’attend? Genre les alléats de la vie d’artiste musical de notes sur le téléphone … J’hėsite comme quand j’aide quelqu’un à faire de la drogue pour la première fois. Je veux pas lui voler le punch, mais j’aime mieux que ça vienne de moi que de qui que ce soit d’autre. Aussi je me demande toujours si la personne l’aurait fait quand même si j’avais pas été là et là je ne parle pas de la phone song. Au moins les gens avec moi sont en sécurité.

le fête de la grosse biatch

Maintenant que je l’ai dit il faut juste que je m’en convainque et que je me rassure aussi bien que je rassure les autres.

Luc, mon amour.

Salut ! j’espère que tu vas bien et que t’as pris une coupeule de bonnes puffs de ton Doux en fin de semaine pour être ben buzzée de lui jusqu’en fin de semaine prochaine. L’amour à distance je pense que si je l’avais vécu, ça ferait parti des trucs que je parlerais toujours un peu lentement à quelqu’un qui veut bien m’entendre. Je pense que j’aurais une opinion tranchée à ce sujet du genre de : «invivable, je te le dis, invivable» Moi quand j’avais 16 ans je voulais toujours aller chez mon petit chum, mais mes parents voulaient pas toujours alors des fois je me disais : Si j’avais droit à trois chances pour me téléporter n’importe où n’importe quand dans toute ma vie, je suis vraiment sûre qu’en ce moment j’en prendrais une. Trois fois c’est pas tant que ça là, fak des fois je me disais : ah non je la prendrais en fin de semaine prochaine que ses parents seront pas là… hihihi tu la pognes-tu? (Je me doute que oui parce que l’autre fois je t’ai dit que j’aimerais ça le recroiser dans le rue pis qu’il me passe le doigt.)

En fin de semaine, c’était cool en maudit, on a bien ri. Premièrement de CINTIA*(NOM FICTIF) qui est entrain de tomber en amour, mais pas vrm parce qu’elle se garde une petite gène et que c’est un peu impossible avec cette petite gène-là de vraiment faire le truc au complet genre la grosse affaire (rêves éveillés, présentation aux amis, excuse de défauts en public, etc). C’est possible, mais le sentiment est plus sneaky, il s’immisce malgré nous. Come on, sneaky love, just last the yearr….. 😉
Une affaire qui est belle, c’est qu’à un moment donné, quand elle nous parlait de Pierre-Luc, j’ai entendu toutes les petites voix intérieures des filles faire des harmonies, c’était touchant, ça faisait un peu comédie musicale sanglante. Nos voix intérieures sont trash(es) quand vient le temps de s’entendre sur la torture qu’on infligera mentalement à son Pierre-Luc* (NON PAS FICTIF JE VEUX QU’IL SACHE QU’ON SAIT SON NOM + PRESQUE OÙ IL HABITE ET QU’ON L’A À L’OEIL) si côliss il la traite comme UNE parmi LES pis pas comme LA. Estikk, mais c’était bon sérieux. La voix intérieure soprano d’Edwige*(NON PAS FICTIF SAUF LORSQU’IL EST UTILISÉ POUR DÉNOMMER UNE CERTAINE CHOUETTE FICTIVE) est fuckine cuty, elle a mis un trémolo dans ma voix intérieure à moi. T’sais des fois entre nous on s’appelle ma blonde, mais c’est pas pareil que quand quelqu’un le dit en le pensant, pis les deux on le sait, mais on s’appelle quand même ma blonde. C’est comme se faire dire que t’es bien habillée par ta mère au lieu d’un designer, c’est le fun pareil, mais différemment. En tout cas il l’a textée : Viens, je voudrais te présenter mes amis! Hey on a capoté toute la gang et on lui a dit d’y aller. Elle a dit «ah mais je peux pas vraiment», on a dit «tu te trouves des défaites», elle a dit, «non j’aime mieux rester avec vous», j’ai dit «come on, on a pour 2-3 ans de vidéos de souvenirs d’accumulés, start-toi donc une petite banque de données avec ton Pierre-Luc» (Oui, toi, Pierre-Luc!). Bon c’est sûr que moi je pense toujours que Luc à l’envers ben ça fait un mot quand même risible, mais t’sais peut-être que le nom de Luc il se le passe de père en fils et il faut pas rire des traditions il en reste plus beaucoup dans notre société occidentale moderne.

Finalement elle est allée et ils ont décidé de faire du Luc juste les deux ensemble dorénavant. Genre personne d’autre, parce que leur Luc est rendu exclusif à l’autre. Je suis vraiment emballée par le projet, mais j’ai envie de mettre son nom sur des murs un peu partout sur son chemin, juste pour qu’il sache que quelqu’un sait son nom, mettons écrire : Pierre-Luc, des amis c’est important, on ne les présente pas à n’importe qui.
Hey moi je me souviens là quand CINTIA venait écouter des films chez nous jusqu’à tard quand Benji est parti avec le toaster, elle disait : «Ok, si tu veux, on écoute un autre film.» Et là je disais : «Ben non, tu t’endors, ça paraît» et qu’elle répondait : «Ça me fait plaisir.» Moi là… j’abusais de sa gentillesse ok des fois j’en commençais un autre jusqu’à temps qu’elle dorme ok, mais l’affaire c’est qu’après ça elle avait fait la commotion cérébrale et j’étais allée chez elle avec des collations sucrées-salées parce que je sais qu’elle aime le mix. Ta pognes-tu, Pierre-Luc. Prends-en soin mon sale. Cette fille-là elle aime le sucré-salé, pas le goût amer dans yeule d’un gars qui choke parce que tout d’un coup y’a le goût d’aller dire comment y s’appelle à d’autres filles random vraiment pas aussi coules.

Luc, mon amour

Je te réécris plus tard, faut que j’aille dehors y fait beau je me sens mal (c’est vrai que je me sens mal, tu le sais j’ai l’anxiété facile devant le soleil).

Photo : Christian Quezada

Des doigts d’enfant.

Le grand sourire
Les hanches qui se démènent
Je venais te voir
les yeux mouillés d’alcool
Le grand sourire
Tes mains moites
On rentrait se coller et on se disait
si tout le monde s’aimait comme on s’aime ce soir
Le grand sourire
Ta main sur mes fesses
Tes chansons de band que je connais pas
Ta main sur ma cuisse
on s’en allait où je m’en foutais
tant que t’étais là
Le grand sourire
notre première nuit
Le grand sourire
toutes les autres d’après
T’es tellement droit
sûr de toi
Moi je suis toute croche
J’aime fumer
la boucane dans le grand sourire
Des doigts d’enfant sur le mégot
J’ai pensé que tu me trouvais laide
Je t’ai accusé
Je te regardais plus
Je te demandais la météo
Je te préparais à déjeuner
Le grand sourire a perdu son éclat
Ça va, ça vient.
Je t’accuse encore
De me trouver laide
d’être parti avec le toaster
J’haïs ça quand tu me regardes
mais encore plus quand tu baisses les yeux000006500004 - copie

sur moi.

Photo : Christian Quezada