Mon rêve d’olympiades.

Hey, j’espère que tu vas bien, j’espère toujours que tu vas bien, même si en tant que tel je fais pas grand chose pour que tu sois top shape, des fois j’te jure, je marche dans la rue et je me dis : «j’espère qu’elle va bien», mais c’est vrai qu’après y’a rien d’autre qui se passe. Tu veux de mes nouvelles, tu veux te détendre, pas réfléchir pendant kek menutes, prends ça biouty, de la belle quotidienneté, comme ça, t’auras pas hâte de revenir non seulement à cause du frette, mais aussi tu vas te dire ouin ouin ouin peut-être que je manque pas trop d’affaires à Montréal finalement.
L’autre nuit, j’ai rêvé à tout le monde que je connais, mais pour vrai, pas comme quand j’écris à **** pour lui dire que j’ai rêvé à lui comme ça ça nous fait un sujet de conversation. Non non. Un vrai rêve comme quand  lui et moi on était encore ensemble et que je lui contais toujours mes rêves le matin (sauf quand ça parlait de ****** (je mets des étoiles din coup que la Chine intercepte ce message et les retrouve tous les deux et leur envoie, je voudrais pas qu’ils découvrent mes subterfuges) en tout cas on dirait que je suis la fille avec le plus d’ex au monde dans ce début d’email-là, mais non, je rêve surtout beaucoup, ah pis non oui j’ai beaucoup d’ex, ton père c’est mon ex pis ton frère c’est mon nEXt haha trop fort yahou.

C’est vrai que ça doit être gossant habiter avec moi parce que quand je me réveille, ben pendant que tout le monde boit son café tranquille sans rien demander au monde entier, moi j’ai des gros buzzs de flashs back de mon rêve de la nuit d’avant pis j’interromps toujours le silence en disant : «Ahhhhh mais c’est À ÇA que j’ai rêvé cette nuit !» T’sais, je sais que personne attend vraiment de compte-rendu de mes rêves, j’pas épaisse, mais je m’en fous, je clanche sué résumés dès que quelqu’un lève la tête en ma direction, je prends pas ça pour un réflexe genre quelqu’un parle, je lève la tête OH NON, je prends ça pour de l’IN-TÉ-RÊT. Dans cet exemple de rêve-ci, le flash m’est revenu plus tard en journée, même principe qu’au déjeuner, sauf que c’était au souper, j’ai raconté mon rêve comme si c’était un sujet de conversation, mais je me sens pas trop mal parce qu’après ça on a parlé chacun notre tour de notre opinion concernant les services offerts par la STM. Moi, ils me satisfont, si tu veux savoir. Je pense que toi aussi, tu chialais jamais contre les transports en commun, t’es tellement compréhensive 🙂 .

Or donc, dans mon rêve de cette nuit-là (non tu vas pas y échapper, t’avais juste à pas partir, quand je te les contais live, je faisais des raccourcis parce que je voyais ta face se tanner, mais là c’est un message, je te vois pas, subis les conséquences). Y’avait pas mal de monde surtout c’était un concept genre olympiades secondaire 5 mais en plein centre-ville, des olympiades d’hiver, avec du monde en salopettes et tout (tout = foulard, gants, tuque). Dans ce que je me souviens de mon rêve, moi j’avais mis mes bretelles de chaque côté de mes hanches parce que ben peut-être que j’avais pas froid dans le moment que je me souviens de mon rêve, ça ou je me trouvais trop stylée, c’est aussi ben mon genre (tu me vois pas là ces temps-ci mais estik je rock le shit je porte genre des couleurs, j’ai presque totalement délaissé le beige). J’avais le cœur rempli d’amour dans mon rêve parce que y’avait tous mes quarante-deux mille exs réunis au même endroit, mes exs chums, mes exs blondes, mes exs de dans ma tête qui le savent pas qui sont mes exs, mes excellents souvenirs, mes exs colloques, mes extrêmement aimables amis, mes exemples de bon goûts vestimentaires (toi), ouais finalement c’était peut-être un rêve de mode olympienne, je suis pas sûre, mais surtout, je me souviens que y’avait aucune technologie dans mon rêve, le monde se parlait par le bouche à oreille ou genre des walkie talkie (ça c’est pas vrai, mais j’aurais aimé ça et c’est mon rêve fak je l’ajoute). En tout cas, personne contait son temps, c’était propre malgré qu’il y avait beaucoup de monde, y’avait du monde qui jouait de la musique, tout le monde chantait et disait des jokes fort pour faire rire tout le monde, toi t’étais première rangée, c’était le genre de jokes mettons je me mets un bout de banane molle sur le menton et je te dis : «quesser quiaaaaa ? pourquoi tu ries ?», il y avait aussi des descentes de crazycarpet et des compétitions de roi de la montagne. Mes olympiades de rêve, quoi ! (hihi)

Le wannabe climax de mon rêve prend place lorsque je suis assise sur le bord d’un tsi feu de foyer et que tout à coup, un gars que je connais très bien pis toi un peu moins mais tu le connais quand même t’sais nous sommes de bonnes amies je te le présente une fois pis après je t’en parle pendant 4 ans, classique. Je dirai pas son nom parce c’est un nom spécial dans mon cœur, mais juste pour dire le gars spécial était aux olympiades avec sa blonde fak ça donne une idée de pourquoi je dis pas son nom, je veux me tanner de dire son nom mais tu sais qui c’est parce que déjà avant que tu partes je te disais que j’avais hâte de pus dire son nom. En tout cas il vient se coucher sur moi (même principe que les deux autres noms plus haut là je voudrais pas que Monsieur Internet lui envoie ce e-mail là et qu’il se dise : «Ayoye, elle dit encore mon nom dans des e-mails», tu vois le genre alors je dis «il») il se couche sur moi, mais pas dans le sens de la mauvaise position, plutôt j’étais assise et lui est venu se mettre raide comme une barre sur moi, ses hanches sur mes genoux, le reste de son corps dépassait de chaque côté, comme quand Messmer fait tenir le monde raide comme une barre à ces spectacles, mais dans mon rêve ça se pouvait sans hypnose, il était droit comme une barre. J’étais contente qu’il vienne se coucher sur moi, même si c’était juste droit comme une barre parce que tout le reste de mon rêve c’était un peu trop calqué sur la réalité fak on se disait juste salut et on avait pas grand chose à se dire. La bonne idée que j’ai à ce moment-là dans mon rêve, c’est de faker (prononcé féyeké) que je suis médecin et de faker que je lui fais une opération. Je découpe sa chemise avec mon majeur et mon index, je lui fais des incisions avec mon pouce, je joins mes deux mains et je fais des pressions sur son torse pour le réanimer, je lui défonce le thorax pour que son cœur recommence à battre, ah oui, je lui fais quelques injections aussi en poussant mon pouce entre mon majeur et mon index vis à vis sa grosse veine de bras, genre de rêve qui se peut en médecine je pense, mais je me trouve vraiment bonne d’avoir inventé cette intervention chirurgicale-là sans études médicinales.

MAIS LÀ pendant qu’on rit plus fort que tout le monde qui rit déjà fort, ben tout le monde se retourne vers nous et je réalise tranquillement que sa blonde est déjà là à nous regarder et à avoir de la peine, je vois sa tête entre mes deux jambes, j’ai une vision bionique dans mes rêves, oui ça se peut. Je vois sa face de blonde triste de blonde qui se dit : «ouin y’ont déjà couché ensemble», c’est pas ça qu’elle se dit, mais je me sens mal pareil, parce que sa face est vraiment triste pis d’habitude c’est moi la face triste de la blonde qui se dit : «ouin y’ont déjà couché ensemble». Fak (celui-ci se lit comme il s’écrit) là je me lève d’un bond, il tombe à terre sûrement dans la vraie vie, mais là c’est un rêve il rebondit, je le regarde pas, je sais juste que je m’en vais mettre mon manteau, je m’en vais tout court. Je suis persuadée que tout le monde me déteste, que c’est fini, tous ces beaux efforts d’olympiades avec du monde qui comptent pas leurs heures, qui bénévolent pour une fois, qui ont pas les cheveux étirés ni de mascara pour une fois, je m’en vais de tout ça, parce que j’ai peur d’avoir tout gâché, au lieu d’aller m’expliquer, de dire : «Voyons, je le voyais comme un patient, je te le jure, notre relation était professionnelle», je lui dis rien à celle qui est triste et que son chum sera pas capable de consoler parce qu’estik qu’un gars ça console mal. Je m’en vais, bye bye les olympiades, maudite histoire d’opération fakée (féyeké) que j’assume pas.

Peut-être que tu te dis que mon rêve a pas rapport avec mon quotidien pis des nouvelles de moi, mais attends un peu, check moi bien aller, parce que là y’a un dénouement et une morale.

Rendue à la mi-chemin de mon départ, je réalise que je suis partie (y’était temps, mais écoute on n’a pas tous des bourses d’excellence à l’uni comme toi). Je me dis : «T’es pas tannée de te sentir de trop partout? T’as rien fait de mal, c’est ton idée les olympiades pis tout le monde est content, pourquoi tu t’es enfuie, maudite peureuse, c’est ton rêve le monde sans maquillage qui joue dans la neige, pourquoi tu l’as laissé à d’autre monde? Retourne là-bas pis dis-leur que t’aimes tout le monde, t’es juste à chier pour le dire et surtout pour le démontrer comme il faut». Je me suis répondu : «Yo t’es impolie». T’sais comment j’aime pas le monde impoli, j’en revenais pas de l’être moi-même envers moi-même.

Bref, je voulais que tu saches que pour la nouvelle année que nous ne commençons pas ensemble, je ferai beaucoup d’efforts. Je deviendrai une personne émotionnellement démonstrative, pour toi, pour moi, pour nous. Saches que dès ton retour, j’irai dormir chez toi pendant une semaine, collées-collées. Aussi, dès que tu seras atterrie, nous unirons nos efforts et nos connaissances culinaires pour créer un plat qui portera nos deux noms ensemble, nos deux noms ou bien les noms de nos passions communes ! moi : le soccer intérieur toi : le théâtre de l’époque de la Renaissance (les contraire s’attirent, c’est bien connu ou bien sucré-salé c’est comme tu veux).

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Je t’aime, bonne année même si t’es pas sur mon lit à faire des chandelles que tu m’obliges à noter sur 10.