On en prend pis on en laisse là on est pas caves.

Il y a plein de moments dans ma vie dont je me souviendrai toujours, mais je te jure des moments pas si cruciaux, juste des moments photogéniques j’imagine, je m’en souviens, même pas besoin d’instacrotte (j’ai rien contre instragram, mais si instacrotte pouvait être un mot populaire, je serais pas toute seule à être plus heureuse dans la vie en général je crois). Mon premier souvenir dont je me souviens très bien, sans instacrotte bien sûr parce que j’avais même pas internet sauf à la bibliothèque anyways j’savais pas écrire dans mon premier souvenir chhhuuutttt, c’est quand ma mère m’a montré à attacher mes shoes, j’avais pas vraiment d’expériences cinématographiques, mais c’est un souvenir digne d’un Dépé repêché par un très grand Réal (bon pour ceux qui n’ont pas mes connaissances à propos du 7e art, je parle ici d’un directeur photo et d’un réalisateur… le veux-tu mon savoir tiens je te le sacre dans la gorge, le 7e art, c’est le cinéma, frères Lumière nomsayin’? -you know what I am saying-).

Dans ce temps-là, je lisais Cendrillon non-stop sans savoir lire, juste en suivant les mots avec mon doigt pis en récitant ce que je me souvenais de ce que ma mère m’avait lu, un bon exemple de stratégie adaptative que l’on retrouve chez l’enfant (moi).

L’étape shoes dans ma vie, je m’en souviens, cela se passa après ma première journée de pré-maternelle, (j’avais dû chigner en revenant de l’école que quelqu’un savait le faire et pas moi, je suis toujours jalouse des connaissances des autres, ça a pas changé alors je me doute que ça doit être ça) il y avait du soleil dans la fenêtre encore, la chambre était jaune, on était assises sur son lit ben leur lit, parce que quand on est mariés c’est leur lit qu’on dit estik que c’est fucké pu jamais avoir son propre lit, j’aime mieux pas y penser genre avoir le même bord de lit

TOUTE
MA
VIE (oui oui je crois au mariage comme promesse éternelle de deux âmes qui s’unissent devant Dieu…), en tout cas, on était sur LE lit double de la maison pis elle m’a montré ça (boucle-tourne-rentre-tire). Je pensais que quelque chose allait se passer genre médaille de la grande fille de la semaine.

Hélas non, quand je suis sortie de la chambre, mes lacets tights tights, mon frère m’a juste donné une bine en me disant que lui, il savait le faire et ce, à trois ans. No médaille, juste un beau mensonge typique de grand frère pour te faire feeler cheap.

SACHES BIEN QUE TU SAURAS QUE le lendemain, je jugeais le monde qui savait pas comment faire pour lacer. «Hen! Tu sais pas lacer… a-e-yo-ye. Hen, ben là, je vais te montrer à lacer mon chouchou» j’étais très heureuse de transmettre mon savoir aux plus démunis de ma classe qui ne savaient toujours pas comment lacer.

Pour les autres qui avaient appris tout croche (boucle-boucle-nœud), ces âmes perdues ne voulaient rien entendre, mais je les laissais faire, ils allaient finir par apprendre par eux-mêmes que boucle-boucle-noeuf ça fait bébé. T’sais, on n’est pas toujours ouvert, frais, disposé, à se faire apprendre des trucs random pis c’est chill aussi.

Genre TOÉ qui dit : «ah! 🙂 (sourire complice avec qui avec personne parce que tu me fais un sourire complice pis on est pas des complices) tu verras bien… tu finiras par comprendre…» non mais tais-toi donc, à quatre ans je savais déjà comment faire (bine bine, kin toé).

2013-10-17 23.47.33

Arrête de me sacrer ta pseudo-sagesse dans le fond de la gorge, ça me fait lever le coeur.