Bon soir pour t’écrire.

Salut!
Je sais qu’on s’était dit qu’on s’écrirait pas pendant mon voyage, parce que ça rend le retour encore plus fou dans tête et que ça m’obligerait à parler à des inconnus dans les auberges, mais je l’ai déjà fait pas mal les premiers soirs et c’est surtout que ce soir je feel un peu tout croche et c’est à toi que j’ai envie d’écrire, personne d’autre. J’ai envie de t’écrire parce que je sais que je vais avoir une réponse. Censée, réfléchie, un peu gaga, mais je m’en fous de notre «gagaté» j’ai vraiment envie que tu commences ta réponse par mettons : «Salut mon tit moumine» ou bedon plus classique genre «Salut mon amour». Je pense à toi ce soir, dans mon petit lit de fortune, environ 7000 kms nous séparent, je m’en fous, je te sens toujours très près quand même. Je te parle souvent dans mon cœur, tu sauras, je pensais que ça se pouvait juste dans les films quand la mère meurt et que le père dit : «Parle-lui dans ton cœur», mais non, je te parle toujours dans mon cœur, ouais. J’ai envie de te parler de mon amour pour toi, parce que c’est ça je feel un peu tout croche et que j’aimerais ça en profiter parce que d’autres fois quand je feel moins tout croche je te reproche des yeux ta sentimentalité, je suis désolée, t’as choisi une orgueilleuse.

D’abord j’aimerais te dire que j’ai pas arrêté de dire à tous mes amis qu’une rencontre peut pas changer une vie, je te dis ça parce que la première fois que tu m’avais dit ça, j’avais ri de toi, je m’en excuse un peu ce soir, demain sûrement pas alors profites-en. J’aimerais te dire que même si je pense pas que notre rencontre aie changé ma vie, je pense en effet que j’ai su dès que je t’ai vu que c’était la fin de ma vie telle que je la connaissais. Un espèce de point tournant que j’aurais préféré m’expliquer par des actions que j’aurais moi-même posées, mais non nous deux, ça n’aura pas été causé par une de mes actions, on dirait que notre rencontre s’est même faite par inadvertance de ma part, je t’ai laissé m’atteindre sans m’en rendre compte et c’est vraiment plus tard que j’ai compris qu’il était trop tard.

Bon alors dès maintenant plongeons ensemble dans ce beau et mélancolique cliché de dire que tu es le package deal de ce que j’ai toujours voulu même si j’aime pas trop l’idée parce que ça implique que si un jour je veux autre chose tu correspondras peut-être plus à ces critères (si y’existent) et là j’aurais peur que toi-même tu aies des critères et qu’un jour je cesse d’y correspondre. J’ai quand même envie de te le dire, parce que ce soir, comme je dis, ça me tente de t’ouvrir mon cœur. J’écris mieux que je parle, je bégaie moins à l’écriture en tout cas alors je te le dis bien et beau;

Tu es un package deal de ce que j’ai toujours voulu. En fait, même dans ce temps-là où je savais pas réellement ce que je voulais, j’ai à tout le moins toujours su ce que je voulais pas et là toi t’es arrivé, le parfait contraire de ce que j’exècre et j’ai pu à ce moment-là, mettre une face, des mots, des moments, sur ce dont j’avais besoin.

Saches quand même que je suis terrorisée.

J’ai la chienne de tout l’amour que j’ai pour toi et de l’attachement qui est déjà bien installé. Des fois, je m’imagine tout finir ça maintenant avant que ça s’envenime je veux dire que tu deviennes presque moi, que je devienne presque toi et que je m’effondre encore si un jour ça finit nous deux. Sauf que j’adore ce qu’on vit à deux autant que la personne intègre que tu es, ça me complique l’abandon de nos projets.

Avant de te rencontrer, j’entendais d’autres parler, ils disaient «Ça a pas toujours été facile, mais on est encore ensemble». Je me disais «Si c’est pas facile, faut que ça finisse». Je me dis aujourd’hui «C’est pas facile, mais pour rien au monde je voudrais que ça finisse».
On se connaît beaucoup, beaucoup trop peut-être, on se devine parfois, mais ça me déplaît pas. Ta parole est impeccable et tes mains extrêmement réconfortante pour les blessures que je guéris avec toi. Je t’écris et j’ai le cœur gonflé qui cherche à imploser, je suis émue de tendresse, c’est sûrement ça qu’on appelle un pléonasme je sais pas. Je m’en fous de la redondance, tu peux très bien être l’élément redondant dans ma vie, ça me va.

Souvent j’ose pas parler d’amour au présent parce que je trouve qu’il y a aucune manière de l’aborder qui tombe pas dans la banalité. Pourtant, l’amour sain et sincère qu’on se porte, je le trouve banal en aucun point. Tu m’emmènes chaque jour à me redécouvrir en tant que personne de plus en plus capable, toujours en voie de s’accomplir, presque raisonnable maintenant, mais surtout de plus en plus fière.

La vérité c’est que j’ai fait des choses regrettables dans le passé, je me suis mise en danger dans ma tête souvent, mais j’arrive pas à regretter ces évènements s’ils ont créé les circonstances qui m’ont menée jusqu’à toi.

J’ai souvent parlé trop vite, élaboré des scénarios, cru à ces mêmes scénarios et pensé trop de fois que je détenais une vérité. C’est peut-être banal notre amour dans le fait que maintenant, avec toi, je ne cherche plus à prédire l’avenir.
Je veux le créer.
Avec toi.
Ce possible futur entre nous dans ce grand monde qui nous entoure.
Je pense qu’elle est là, notre différence.
On ne ressemble à rien d’autre et pourtant tout nous ressemble.
Je te fais confiance et j’apprends à me faire confiance en simultané.

Je suis sereine envers l’avenir et mes projets se multiplient dans ma tête. Tu juges pas et on dirait que tu sais déjà que c’est la dernière chose dont j’ai besoin. Tu m’apportes tellement que je pourrais t’aimer longtemps seulement pour ce que tu m’offres, mais surtout et avant tout, je sais que je t’aime, d’un amour grandissant, pour la personne entière que tu es.

Les yeux avec lesquels tu me regardes. Un regard respectueux que tu poses sur moi, mes idées, mon rôle. Tu m’emmènes par chacun de ces regards à regagner une confiance en ce que je suis et peux être, perdue depuis trop longtemps.

Si un jour l’oiseau blessé que je suis se décide à cesser de vouloir être aimé de tous les autres que toi sur cette terre et à n’aimer qu’une seule personne pour la peine, j’aimerais qu’il se décide à vivre avec toi ce grand moment d’amour et cet engagement florissant. Tu m’apprends à laisser place aux moments de bonheur. J’ai le cœur qui se débat d’être en paix. Tu sais avec toi je réalise qu’avoir quelqu’un sur le cœur, c’est pas difficile à porter.

Bon, je me couche, demain on part en excursion très tôt, prends ton temps si tu veux me répondre, je suis pas en hâte quand je pense à toi, on a la vie devant nous pour s’aimer.

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J’ai quand même hâte qu’on s’aime fort à mon retour alors oublie ce que je viens d’écrire je suis toujours en hâte quand je pense à toi.

Photo : Christian Quezada