Ma Querelle

Ma querelle, c'est aussi la querelle de tout le monde (pas tout le monde sur la terre, j'sais ben, j'pas épaisse).

Catégorie : De la petite lecture en mangeant

Vieillir loin.

Salut! Je suis dans l’avion, Rio de Janeiro c’est fini. Pour encore quatre ans, si je me fie à nos envies de toujours revenir. On a convaincu nos amis Gustavo pis Fernanda de venir nous visiter à Montréal, ça a pas été ben ben compliqué, juste de leur dire qu’on a des systèmes de chauffage ça les a convaincus. Gustavo parle beaucoup encore, il est très intelligent, je sais pas si j’avais jamais su qu’il était économiste ou ben si je préférais me rappeler autre chose de sa personnalité. Quand on s’est dit bye on était tous tristes de se quitter, c’est poche aimer autant du monde que tu peux pas avoir proche. Sans doute que ça fait que je les aime plus aussi je sais pas trop, des fois je comprends même pas ce qu’ils disent pis je les aime quand même, peut-être que j’aime l’image que je m’en fais, le beau couple de gentils cariocas qui ont les valeurs à la bonne place.

C’est drôle parce que quand je les ai rencontrés, ils m’avaient pas marquée particulièrement, en fait je pensais toujours au gars que j’avais rencontré à Sao Paulo, celui-là même avec qui j’avais commencé à croire au destin. On s’était rencontrés deux fois par hasard dans une des plus grandes villes du monde, je me disais que rien arrive pour rien. Aujourd’hui je sais que j’avais aussi rencontré deux fois deux filles ben simples de Gatineau pendant le même voyage, deux fois elle aussi, pis que ça m’avait pas fait croire au destin. Je pense que quand on croit juste au destin qui fait notre affaire c’est un peu bébé pis pas vrai pentoute.

Si tu voulais savoir, j’ai pas revu le gars de Sao Paulo. Je lui avais écrit pour le revoir, il m’avait dit qu’on trouverait ben le moyen de sortir prendre un verre, il ma réécrit le jour de mon départ qu’il était vraiment désolé de pas avoir pu m’écrire plus tôt. Venant d’un dude qui travaille pour Google, j’ai ben compris que ça y tentait juste pas tant. Tout le monde y est allé de sa propre hypothèse, moi j’en ai une aussi, elle s’intitule : « Salut, je suis un gars qui va avoir trente ans qui est en relation avec une cute fille de mon âge pis j’ai pas envie de mettre ma vie sur pause pour aller me saouler avec une fille que je connais pas et devoir expliquer à ma cute fille de mon âge que c’est le destin pis qu’elle peut rien y changer si j’ai envie d’aller me saouler avec mon destin ».

Fernanda a fait de la lasagne pis on est ben contentes d’en manger, fuck le riz pis les beans han comme on dit. Depuis notre dernière visite, ils ont eu un bébé, un vraiment beau bébé. On joue avec le bébé, ça me fait du bien de mettre mon voyage sur pause deux petites minutes le temps de me faire apprivoiser par un bébé magnifique qui demande rien d’autre que des beaux sourires pis qu’on l’aide à apprendre à marcher. On avait apporté de la bière, mais Fernanda peut pas en boire parce que son bébé mange ses seins pour déjeuner dîner souper. C’est correct, on continue de parler. On parle de nous pas mal, je parle mal de moi parce que je sais pas par où commencer, quelques classiques malaises signés moi-même, des fois je pogne le fix sur rien parce que j’essaie de réaliser que je mange de la lasagne chez mes amis à Rio. Notre autre  amie Karen arrive entre temps avec son chum, autre classique malaise quand je leur demande si y’habitent ensemble, j’avais mal vu les dernières photos sur Facebook, son nouveau chum est plus foncé, c’est pus le même que les dernières fois. On parle de nos amis communs au Canada, ils s’informent à savoir s’ils vont se marier, on dit nonnnnnn c’est pas comme ça que ça fonctionne, ils comprennent, on comprend que Karen déménagera pas pentoute tout de suite avec son nouveau chum.

Le temps est compté tout le temps est compté quand t’as des amis qui habitent à Rio tu sauras, faut que tu comptes tes menutes passées avec eux parce que c’est des menutes que tu prends aux quatre ans quand tes chanceux ou ben aux dix ans ou ben une fois dans ta vie. La preuve, Claudie s’est acheté un Redbull en y allant : « Je les vois pas souvent, je veux maximiser mon temps ». J’ai compris même si je m’en suis pas acheté un, c’est juste que je trippe pas Redbull.

Gustavo arrive de travailler, y’embrasse ses bébés, sa belle blonde, son beau fils, son amie Karen, son chum bronzé pis ses amies blanches comme la neige qu’on a trop eue cette année. Y’est tellement content, on le voit avoir les yeux mouillés, mais on dit rien ni une ni l’autre. Nous on a eu toute la journée pour se dire comment on avait hâte, lui il travaillait. Il nous dit qu’il est vraiment content d’arriver chez lui ce soir-là parce qu’il adore la lasagne. Première joke de la soirée, en passant merci de comprendre que je suis juste pas tant capable d’en faire en portugais, mais que ça veut pas dire que je comprends pas les tiennes buddy.

Il range les jeux de bébé dès qu’il arrive au salon, un peu nerveusement, il met de la musique sur la télé. « On va faire semblant qu’on est encore capables de recevoir des gens ». Gustavo et Fernanda ont rencontré Claudie ben sua brosse à Bonito dans une auberge de jeunesse, ils les ont invitées elle pis une autre fille à rester chez eux. Ils se sont saoulés pendant quelques jours, les filles sont reparties. J’ai hérité de cette amitié post-brosse-là l’année d’après quand j’ai étudié au Brésil. Je suis ben contente. Vive la bière.

C’est quand même stressant de savoir si on a encore des amis dans un autre pays même si on peut pas boire de bière parce que notre bébé mange nos seins pour souper. On s’en est bien tiré. Gustavo avait chaud dans le front, c’est normal faut parler vite quand les minutes sont comptées je l’ai dit tantôt. « Alors, qu’est-ce qui s’est passé à Montréal? » On lui raconte pas mal de trucs, on s’informe gros moi pis ma chum de fille. C’est important. La première fois que j’ai voyagé pis que quelqu’un m’a demandé la capitale du Canada pis que j’ai pas su quoi répondre, je me suis donné le goût de me renvoyer moi-même dans mon propre pays en apprendre un peu sur mes shits avant d’aller faire ma fraîche dans d’autres pays. Avec un beau petit coup de pied dans le han bon. On ose finalement leur demander :
– Alors, qu’est-ce vous pensez de la coupe du monde au Brésil?
– Ils nous ont pas consulté, c’est dommage. Le Brésil est une démocratie et les gens en sont de plus en plus conscients, c’est une bonne chose, mais il y a encore du travail à faire. Moi, je suis plus qu’un vieux communiste à la retraite, je travaille dans un gros bureau, du mauvais côté de la force.
– Je vais manifester pour toi, Gustavo, j’ai étudié en littérature et je n’ai pas d’enfants.

Il sourit. Ça joue rough pour le copain-bronzé-avocat de Karen, mais on est chez Gustavo et Fernanda, tout est permis.

– Vous allez voir les filles, voyager quand on vieillit, c’est pas la même chose, on n’est plus aussi facilement émerveillés, c’est une bonne chose que vous vous promeniez beaucoup. Dès qu’on les a rencontrées à l’auberge ces deux-là, on savait qu’il fallait en prendre soin. On a toujours aimé les enfants, c’est comme si elles étaient les nôtres. On espère que d’autres feront la même chose pour nos enfants un jour.

Ah, donc il y a peut-être un destin et il n’aurait rien à voir avec Francisco.

– Détrompez-vous, c’est bon de vieillir. C’est seulement qu’on apprécie plus la sécurité, d’etre confortable, etc. Still we are backpackers, Fernanda est encore la première à sauter dans un lac situé sur le sommet d’une montagne au Mozambique.

J’ai pas peur de vieillir dans le sens avoir des rides. J’ai peur de recevoir un jour chez moi le fils de Gustavo pis Fernanda, pis pleurer quand je vais le voir, pis avoir juste envie de lui dire : « Je t’ai connu grand comme ça ». Je me souviens quand le monde me disait ça quand j’étais jeune, je m’en torchais comme c’était pas permis. Mais un jour ça va être moi cette madame-là gossante. C’est ça que j’hais dans le fait de vieillir. Ça pis le fait qu’après que Fernanda pis Gustavo soient enfin venus à Montréal, je sais pas quand je les reverrai, je partagerai peut-être plus de soupers avec eux, peut-être juste des souvenirs. Ça me rend folle, je pensais jamais à ça avant. Je vieillis pis c’est bizarre de m’en rendre compte à Rio de Janeiro.

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Je pense à mon nouvel appart à Montréal, mes coussins, mes rideaux, mon poêle, pis je les trouve confortables. Je pense à toi aussi, je suis pas habituée que quelqu’un m’attende, je suis heureuse que tu m’attendes, mais still, chu une backpackeuse je pense.

Mes beaux cheveux blond soleil couchant.

Estique que ça vend la nosta. Tout est fait en fonction qu’on soit nostalgique, on est tellement nostalgique qu’on dirait que c’est pour ça qu’on est né. Normal estique, on est né avec une caméra din mains pour se faire dire : Va te mettre devant ce beau building-là, on va prendre une photo, din coup que te souvenir que t’es allé ça suffit pas, din coup que tu te crois pas que t’es allé là tant que tu te vois pas sur la photo. Tant qu’à, prends donc ton bol de céréales en photo! Din coup que tu te crois pas toi-même dans quatre ans que t’as mangé ce beau bol de belles céréales-là, ce matin-là, avec cette cuillère-là. Prends-lé en photo ton beau bol couleuré, faut que tu sois ben ben certain de t’en souvenir. Din coup tu te dis : «Ben eeee non pense pas avoir déjà mangé ça». BEN LÀ T’AURAS LA PREUVE que t’as déjà mangé ça, pis ça, c’est quand même nice, parce que comme ça t’es pas pogné à tout regoûter deux pis trois pis quatre fois dans ta vie. Faudrait pas passer notre précieux temps à goûter pis regoûter des trucs quand même y’a ben des limites à la perte de temps!

Vive les kodaks sur les cells! Vive les filtres sur instacrotte, vive la fille qui a pris 1029 selfies d’elle-même au parc avec son chum qui voulait juste manger sa cuisse de poulet tranquille. Vive elle tellement into the selfie qu’elle a pas vu qu’on était six à la regarder à la table d’à côté. Vive elle qui s’est défait les cheveux, refait les cheveux, pris une photo avec la paille dans la bouche, la paille à côté de la bouche, avec une bouchée de poulet dans la bouche, sans bouchée de poulet dans la bouche. Une bouchée, une photo, une autre bouchée, une autre photo. Selon le DSM-V, la selfie c’est une maladie mentale. Chu d’accord. Vive cette fille-là qui sait sans doute même pas que dire : «Une selfie de soi-même», c’est un pléonasme. Fuck la monotonie alimentaire, vive les coupes de fruits pleines de hashtags, vive les bouchées de poulet mémorables, fuck les souvenirs dans la tête! Des souvenirs dans tête c’est comme lire un livre au lieu d’écouter un film, ça s’équivaut pas, les souvenirs dans la tête c’est un livre pour les pauvres qui peuvent pas se payer le cinéma. Les souvenirs dans la tête c’est quand tu veux pas vraiment te rappeler, sinon faut se faire soi-même son propre livre mental, ça gosse, quelle perte de temps! Fuck les pertes de temps.

J’ai vu des affaires. J’ai vu que le monde de 13 ans se prend en photo. Plusieurs fois par jour, j’ai vu que le monde de 13 ans se prend en photo. Ce monde-là crée des souvenirs tout le temps au lieu de réellement grandir dans une rencontre autour d’un McFleury ou bedon il chante, oui, sauf que c’est pour montrer la plupart du temps. On entre dans l’air de la démonstration du souvenir au lieu de l’émotion du souvenir. Une photo, c’est une demande d’amitié. Quand t’as une photo avec quelqu’un, ça devient ton ami. Après ça, il vient chez vous prendre d’autres photos avec toi pour montrer à vos amis communs que vous êtes amis. C’est ça que j’ai catché. Il faudrait leur dire à eux pis à nous aussi quand même qu’un souvenir c’est personnel. On l’oublie. Pas le souvenir estique, non, ça, on l’oublie pas, on en a quarante copies, ce qu’on oublie, c’est la sentimentalité du souvenir, ou pire! on l’invente. Avec un filtre soleil couchant.

J’ai déjà dit à ma collègue : «C’est niaiseux ce que je vais dire, mais j’aimerais ça être moins photogénique». C’est ben sûr qu’elle savait pas trop quoi en penser. Si je voulais me la jouer troisième degré je dirais que j’ai trop d’amis (une photo=demande d’amitié), mais c’est pas ça je feel pas troisième degré le premier me touche assez déjà. L’affaire c’est que, des fois je me dis que si j’avais une seule photo de moi par année mettons, genre devant ce qu’a l’air mon habitation, avec ce qui me sert de vêtements et avec les gens qui partagent mon quotidien, mettons un maximum de 5 personnes (l’exercice d’imagination ici est quand même hot), je serais quand même capable de me représenter pas pire mon année 1998 mettons, avec les souvenirs qui me servent encore, ceux-là qui m’ont fait grandir. C’t’en masse. Parce que là comme c’est là j’ai 2000 photos de moi sur lesquelles je look ben trop. Je regarde ça pis j’me trouve pas pire deg en ce moment, je regarde des photos de soupers de la semaine passée avec un filtre en soleil couchant dans mes beaux cheveux blonds bébé et je me dis que ce mardi-là j’étais à mon top de beauté, que je pourrai jamais égaler ça dans ma vie, que ma vie de beauté est finie. Je suis super triste quand je réalise à quoi je ressemble en ce moment dans mon miroir de salle de bain avec ma lumière qui flashe un peu sur mes cheveux blond pipi.

Avant même Facecrotte pis les affaires d’Internet de filtres pis de poses dans les champs avec des doigts en forme de cœur sur des bedaines prêtes à exploser pis de petites filles avec des broches pis des shorts de la même longueur que leur estime d’elles-mêmes (des shorts shorts, t’a pognes tu), même avant le kodak numérique, bref quand j’avais 14 ans, une de mes amies me forçait des fois à regarder avec elle des photos d’elle à 12-13 ans, de voyages avec ses parents. Elle me faisait remarquer comment sa peau avait l’air douce, comment ses hanches étaient pas toutes déformées, comment sa couleur de cheveux était bien réussie. Je sais pas pourquoi on faisait ça, en fait je le sais, elle aimait toujours mieux l’image d’elle dans le passé, en vacances, sul bord d’un lac, pas de hanches, c’était l’idéal atteint et à réatteindre. Elle dans le passé, c’était son elle préféré. Normal. La photo est prise, est finie, est là, pis tu peux jamais la recommencer, tu peux pas la changer, elle parle pas, tu lui fait dire ce que tu veux. L’affaire qu’on oublie, c’est qu’une photo, c’est une partie de la réalité, c’est jamais la réalité dans son ensemble. Même une vidéo. En tout cas j’espère pour moi parce que crime que ma voix gosse sur une vidéo. Un souvenir c’est pas fait pour être comparé, c’est fait pour être remémoré. C’est pas en compétition ni avec d’autres souvenirs, ni avec le présent. Le passé va toujours complètement torcher le présent en termes de popularité anyway, sauf si t’as souffert de bullying pis que tu t’en es sorti, mais c’est pas de ça que je parle.

Le passé c’est une image qu’on se fait avec des éléments qui nous arrangent pour l’avenir. J’pense.

Il y a eu plusieurs étapes à la construction de la nostalgie dans nos vies et un peu tout est responsable de ça, dont nous-mêmes, entre autres, (mais t’sais c’est surtout les autres là les coupables pas tellement moi parce que moi je suis responsable de pas tellement d’affaires là je subis surtout t’sais, les changements climatiques surtout ayoye je fais full pitié j’ai full chaud ☹).

Je nous trouve déjà fatigués, jeunes adeptes et fidèles abonnés de la nostalgie, paresseux du moment présent, vantards d’affaires normales. Je trouve plusieurs choses dommage qui se répondent toutes entre elles. Je trouve dommage que lorsqu’on jardine, on prenne notre jardin en photo pour le montrer au monde entier, je trouve ça très dommage. Je trouve ça très dommage de laisser des traces sur le web de notre mochaccino, je trouve ça très dommage. Je trouve aussi très dommage que le dimanche, on se TAG IN à une game de baseball, je trouve ça très dommage.
C’est triste de se faire greffer un cell dans la main gauche alors qu’on a encore besoin de nos deux mains pour tellement de trucs. Dire bonjour, entres autres.

Maintenant

Maintenant

Ben oui deux mains pour dire bonjour, d’une main tu tiens ton cell pis de l’autre tu fais coucou à ton ami sur FaceTime.

Les langues personnelles.

J’ai toujours l’impression que ce que je fais, j’étais censée le faire, en fait je dis j’ai «toujours» l’impression mais c’est surtout quand y fait full soleil dehors à peu près à ce temps-ci de l’année je me dis que je suis pas née pour rien, je me dis que y’avait une raison à mes parents, y’avait une raison à mes grands-parents, y’avait une raison au débarquement de Normandie (ouash quesser je dis là).

Me dire que je fais exactement ce que je suis censée être entrain de faire, ça m’arrive souvent aussi quand je suis avec mon ami Daniel. Daniel il parle pas ENCORE beaucoup français, mais on déjeune entre amis au restaurant et il dit : «Je peux chanter», je dis «Ok, then, chante, Daniel», il dit qu’il veut rapper finalement, je dis «Ok, rappe, Daniel, it is fine with me», Mag fait des beats sur la table, d’autres font des bruits de pet contrôlés dans leurs mains pour que ça fasse comme du beatbox, Daniel droppe the lines, il rappe, il dit : «Bonjour moi mon nom c’est Daniel, je souis avec mes amis, je mange le œuf Binidictine, je souis heureux maintenant que je souis avec vous, mes amis» on répond «Daniel, Daniel, Daniel, Héééé Hooooo Héééé Hooooo».

Je pense toujours trop loin genre je vais aux toilettes publiques et je me rends compte que les séchoirs pour les mains sont actionnés par un œil magique vis-à-vis la main gauche et je m’inquiète pour ceux qui ont juste une main droite. Ouais. Mais quand Daniel rappe à propos du fait qu’il est heureux avec les quelques mots qu’il connaît en français, moi je suis conquise de bonheur aussi, je pense pas plus loin que ça, on se voit une fois tous les quatre ans, mais on s’en fout on est amis, pis ses amis sont aussi mes amis, ainsi de suite. On s’est connus par hasard, les deux on était loin de la maison, on s’est dit bye en se disant à une prochaine fois, la prochaine fois est arrivée, il a invité ses amis chez nous, j’ai invité les miens, on a chanté, on a dansé, plus tard dans la soirée, il y avait un divan dans la rue, ils ont grimpé dessus en disant qu’ils faisaient du couchsurfing. C’est dans ce temps-là que je me dis que je suis exactement au bon moment au bon endroit avec les bonnes personnes t’sais.  Après ça, on se promène en voiture à six dans le coffre cinq sur la banquette arrière, y’a trois conducteurs qui s’obstinent pour le trajet y’a quatre copilotes, ça donne :

–       Where the fuckk are you going?!!!
–       Why are you so rude?? Say you’re sorry.
–       I am sorry. But there are also another thing I’ve always wanted to say in English.
–       Then say it.
–       Taxi, follow that car!

–       I like your bag.
–       Thank you. Look at the branding it says « Do Thebag »
–       I don’t understand it. What does it mean? Is it a joke?
–       I don’t know, I don’t think so.

–       I don’t know how to say it in English.
–       Then say it in German.
–       You speak German?
–       Nop, I don’t, I was only wondering if I could try to understand some words.
–       Ah!

–       Yeah but, how do you make it look poetic on scene if it is only about training and muscles, and sweating?
–       That’s was exactly what my thesis was about.
–       Oh! Interesting.

–       At some point of my life, I was some kind of a hippie.
–       Don’t say that! To me you were always super nice!
–       You don’t know what hippie means, don’t you?
–       Kinda.

–       Vous vous êtes couchés à quelle heure hier?
–       J’sais pas genre 5-6 heures.
–       Fuck, tu dois être magané.
–       Ouin on a jasé full longtemps dans le salon. On a jasé à défaut de frencher.
–       J’trouvais ça full long, je me demandais si t’allais venir te coucher un jour. J’pensais que…
–       Nah man, rien pentoute. Fuck y’est beau. Un moment donné je l’écoutais pu parler pentoute.
–       Peut-être demain, y’a l’air d’un gars sérieux.

–       What are you guys taking about?
–       Nothing!

Après ça c’est fini pour un petit temps, on recommence nos vies les uns sans les autres, sans parler anglais tout le temps, juste en parlant anglais de temps en temps à un client anglophone pis on a des frissons de guilty pleasure à parler anglais parce qu’on se dit qu’on est bon de parler anglais pis sérieux je pense qu’on devrait se sentir bon de se faire comprendre tout court dans n’importe quelle langue. C’est un exploit de parler à un an y’a pas de raisons pour que ça cesse les félicitations de parler, même en français ou en espagnol même si c’est juste un peu grâce à quelques cours pris par-ci par-là on dit tous qu’on sait parler espagnol pis quelqu’un nous dit : «Parle espagnol! :-D» et là c’est compliqué, mais ça peut fonctionner. Ça fonctionne en fait.

Des fois aussi t’entends du portugais dans l’autobus pis ton cœur s’emballe parce que dans ce que tu considères comme une autre vie tu parlais portugais, t’as envie de te retourner, de te vanter, tu voudrais dire : «Je parle portugais aussi eee je veux dire falo Portugues tambem!», mais tu dis rien, tu checkes ton cell, tu baisses le son de ta musique pour tout écouter ce qui se disent en portugais, t’es content de comprendre, mais tu fais rien comme un petit cabochon-niaiseux. Tu gardes ta langue apprise dans un petit tiroir dans ta tête, ben ben ben cachée, tu voudrais pas abimer ta langue étrangère, tes souvenirs, tu voudrais pas qu’on rit de tes re-premiers pas, tu voudrais pas déshonorer ta langue apprise, tu l’entretiens pas mais tu te dis que tu l’as en cas, pour les grandes occasions. Quand la grande occasion arrive t’es gêné de sortir ta langue apprise faque ta langue apprise elle meurt dans ton cerveau, c’est comme ça que les langues mortes se créent. Si y’a ben de quoi de pas personnel, c’est ben les langues apprises, mais ça devient quelque chose d’hyper intime qu’on veut garder pour soit à un certain point. Niaiseux qu’on est.

 

L’important, je l’ai compris en français dans ma tête. Après ça je l’ai dit à Daniel en anglais, j’ai dit : «The important thing, Daniel, is that we understand each other, so we can agree on : Which park will we go to play this afternoon?». Y’était d’accord, on s’est tappé dans la main. Y’a dit : «Je suis heureux avec mes amis, maintenant». J’ai pas ri de lui, j’ai dit : «Ok Daniel, on va parler français tout l’après-midi, tu vas te pratiquer». Y’a dit : «Ok! Cool! During dinner we’ll practice your Spanish».

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J’étais stressée, mais je me disais que c’était la bonne chose à faire ce soir-là.

Les partys où y’a des tentes.

Salut,
on s’est rencontré le cinq juin du printemps passé. Je me souviens de la date pour plusieurs raisons, pas juste parce que j’t’intense en général sur les dates (j’ai frenché pour la première fois un 14 mars pis fait un concours de lypsinc à 11 ans le 2 juin). Je m’en souviens pour plusieurs raisons, la première c’est que c’était le lancement de d’un vidz auquel j’avais participé, aussi parce que c’était la veille de ma fête et que d’habitude si on a de la suite dans les idées, on se saoule pas comme un cochon la veille de notre fête t’sais. La dernière raison est ben simple, si je m’en souvenais pas y’aurait pas de texte icitte à matin.

La semaine d’avant (NOTRE RENCONTRE) y’avait eu mes trente quatre partys de départ parce que j’avais fini l’école faque au lieu de fêter genre la fin de quelque chose on fêtait des nouveaux départs, ce que je trouve pas être une mauvaise idée personnellement et le contraire serait bizarre parce qu’il s’agit ici de mon idée, quoique j’ai pas toujours des bonnes idées, je l’avoue. Sauf me faire un top de sport avec une paire de petites culottes quand j’avais six ans sérieux ça, meilleure idée ever, j’attends toujours mon prix nobel. Slik slik slik, trois coups de ciseaux t’as ton top de sport. Inbox pour infos.

L’autre fois, j’ai parlé à une de mes amies au téléphone, elle a appelé sur le téléphone chez mes parents, ça te donne une idée depuis combien de temps on se connaît. Elle m’a appelée d’un numéro que je connaissais pas en plus je soupçonne qu’elle aie mis toutes les chances de son bord pour que je réponde, j’adore quand je connais pas le numéro qui m’appelle, même si c’est tout le temps juste mettons ma cousine qui a changé de numéro.

Quand je parlais au téléphone avec cette amie-là l’autre fois, j’ai fait référence à cette soirée-là de notre rencontre pis j’aurais pensé qu’elle m’aurait dit OUI AH OUI VRAIMENT BELLE CETTE SOIRÉE-LÀ, mais non elle a dit plutôt OH BOY, ÇA FAIT UN BOUTE, FAQUE? Ben moi j’aurais pensé qu’elle aurait plus embarqué t’sais, mais non elle s’en foutait semi. Avec le temps j’ai réalisé qu’on parle pu des partys qui ont lieu, on s’en fout même un peu. Le lendemain de party, on se regarde être défait (pour la version non-censurée lire le prochain mot : décrissé) pis on se dit que ça arrivera pus et on se prescrit soi-même une journée de repos bien méritée, y’a rien de fou qui arrive sauf la déshydratation folle. On fait quand même des tsits partys par citte par là espèce de culture du carnaval j’imagine en tka en secondaire quatre quand y’avait un party au mois de mai par exemple, compte sur moi qu’on en parlait encore à la rentrée l’année d’après voyons donc surtout si y’avait des tentes au party :-o. Ayyeeee on en parlait matin midi soir pendant deux semaines en attendant que les photos finissent de se faire développer, pis on en reparlait encore matin midi soir pendant deux autres semaines le temps que les photos aient circulées le matin le midi et le soir dans la cafétéria pis qu’une fille pas rapport m’aie demandé si elle pouvait prendre la photo d’un de mes amis avec qui elle avait dormi dans une des tentes du party. Si eux autres finissaient par sortir ensemble, cré-moi qu’on lâchait pas de leur rappeler le party qui avait servi à les unir pis la fille chez qui était le party se sentait un peu valorisée de ça. Le cinq juin dernier, c’était pas un party je l’avoue la preuve t’avais pas bu, mais c’était un peu un party parce que moi oui et j’ai encore envie d’en parler tu sauras même si y’avait pas de tentes impliquées.

Dans ce temps-là du cinq juin dernier, je finissais de me faire à l’idée que je m’étais fait des idées au sujet d’un BOYYYY, je lui avais attribué des caractéristiques qu’il ne possédait pas faque t’sais dans ce temps-là queuques semaines après quand tu sors prendre une pinte relaxe, souvent c’est trois-quatre hen parce que t’as besoin d’être ben fatigué quand tu vas te coucher! Beooonnn ceux qui ne comprennent pas ce que je veux dire me lancent la première bière hihihihi (ce que je veux dire : T’ES TRISS). BREF ce cinq juin en fin de soirée, j’étais avec mes best buds de longue date genre ceux qui m’appelleraient sur le téléphone fixe de mes parents.

Cher beau pétard, notre rencontre s’est tellement mal déroulée, je faisais une petite pièce de théâtre à mes amis qui riaient ben fort, on était dehors, y’était même pas 21 :00 je pense faque on avaient encore le droit de trouver ça drôle de façon démesurée. Mes amis en redemandaient, je sais pas si c’était pour me faire plaisir. C’était un genre de one woman show en même temps qu’un happening. T’es arrivé en plein milieu de ma pièce faque c’est sûr que j’allais te demander de me donner la réplique, mais tu feelais pas trop UDA cette fois-là pis pour faire une histoire courte, le lendemain matin je me suis dit que j’aimerais ça idéalement jamais te recroiser.

J’ai eu le temps d’oublier notre rencontre, avant qu’on se revoit. La première fois qu’on s’est revu, on s’est présenté en bonne et due forme, c’était plus poli et moins précipité, t’avais moins envie de me dire tayeule.

J’ai confié récemment, l’autre fois au téléphone à mon amie qui m’avait appelée sur le téléphone fixe de mes parents, mon terrible secret. C’est-à-dire que quand je suis chez nous, toute seule, je te prête des caractéristiques. Oui, je t’en invente. Je regarde ton profil Facebook et je me visualise comment t’es en général dans la vie parce que je te connais pas pis c’est ça qu’on fait quand on pense à quelqu’un qu’on connaît pas, on lui invente des caractéristiques, on se le décrit dans notre tête, on s’imagine comment on pense qu’il est pis ça nous plaît la plupart du temps parce que l’inverse, genre prêter des défauts à quelqu’un, je pense qu’il faut justement le connaître en tabarnouche pis pu être capable d’y trouver des qualités faque c’est comme une coche au-dessus, on lui trouve tous les défauts et beaucoup de responsabilités qui viennent avec. Moi tka la crise du verglas j’ai ma petite idée c’est de la faute de qui. Bref, en ce qui concerne qualifier ou disqualifier quelqu’un, l’imagination est quand même bonne là-dedans, elle fonctionne très bien dans un cas comme dans l’autre.

L’affaire c’est que, le judicieux conseil de ma très bonne amie a été ceci : «Neknomine-toi chez vous, toute seule, pis appelle.»

(…)

Bien que j’aie trouvé qu’il s’agisse-là du meilleur conseil côté actualité-web-2014, c’est sûr que je le ferai pas. Quand on veut cruiser, en 2016, on s’invite à souper ou on s’offre une demie d’md*? C’est embêtant parce que de la md*, j’pas trop down avec l’idée pis je pense que t’es comme plus cool que moi. Juste te dire là, vendredi soir passé j’ai mangé deux steamés all dressed pour souper.  Pis t’sais, je dis cruiser, mais je veux surtout investiguer. Je voudrais me dire que j’ai eu raison, je pense. Faudrait idéalement que je confirme mon pressentiment avant de le qualifier de pressentiment parce que sinon c’est compliqué pour moi de lui attribuer le feeling de pressentiment si y passe rien après, tu comprends? On pourrait faire une activité. Sauf que. En même temps. Je serais sûrement ben trop stressée de t’inviter chez nous parce que dans l’élaboration que j’ai fait de ta personnalité dans ma tête, t’es vraiment plus nice que moi. C’est même à se demander si je t’ai pas juste donné toutes les qualités que j’aurais aimé avoir. Sûrement que si tu me disais bonsoir en arrivant chez nous je me dirais genre ouais il dit bonsoir pis pas salut parce qu’il aide les grands-mères à traverser la rue pis c’est comme une déformation professionnelle il dit bonsoir parce que ça fait plus poli, ESTI POURQUOI JE DIS SALUT JE SUIS DONC BEN IMMATURE? Mon amie m’a demandé : «Si y’avait pas tous les faudrait pas, qu’est-ce que tu ferais de différent?» J’ai fait semblant que je savais pas, mais j’avais une bonne petite idée derrière la tête. Ce serait tellement plus simple de juste t’inviter à aller faire du camping  pis checker à la fin de notre petite vacance si on a bien supporté l’humidité ensemble. Après ça peut-être que la gurd du terrain de camping de sentirait valorisée de ketchose… j’parle pour parler là han.

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C’est très épuisant de trouver tous ces amis Facebook plus nice que soit. Welcome in 2016.

*De la md, c’est une abréviation de MDMA. Qu’est-ce que c’est? «Ben c’est comme de l’extasy, mais en plus pur, c’est vraiment juste la racine vraiment pure de l’extasy, pas coupée avec autre chose là vraiment juste le bon bon buzz.» C’est pour ça que ça coûte cinq piastres la pilule à la station Berri…

La peine de René-Charles.

Des fois, j’oublie que les histoires qui me sont arrivées me sont arrivées. J’ai l’impression qu’elles sont arrivées à du monde que je connais, qui me les ont racontées, que je les aie bien écoutées, tellement bien que je peux les sortir en exemple si quelqu’un me parle de quelque chose qui correspond, mais j’ai pas l’impression d’avoir été là, ou sinon juste quelque chose de flou comme un rêve. Je rêve tellement en même temps c’est sûrement normal qu’un moment donné j’arrive plus à faire le tri. Je sais pas si les souvenirs s’usent ou se polissent à force, mais moi y’a rien dans mes vies que je mettrais sur mes tablettes comme des bibelots, y’a rien que je trouve esthétique là-dedans, si les souvenirs se polissent, c’est pas pour en faire des bibelots, ça c’est sûr et s’ils s’usent, ben je suis pas intéressée, aussi ben me souvenir comme du monde, tant qu’à me souvenir malgré moi.

Je me demande comment ça fonctionne rendu à quatre-vingt-deux ans mettons, parce que quatre-vingt-deux ans c’est pas mal ce qu’en ce moment je considère comme vieux parce que là mon père approche soixante, pis ça c’est mon ancien-considéré-comme-vieux. Je me demande aussi si on finit par soi-même se trouver vieux ou ben si on se trouve toujours des défaites; je suis pas vieille, je teins même pas mes cheveux, je suis pas vieille, ma mère est plus vieille que moi, je suis pas vieille parce que j’t’encore capable de dire bonjour pis bye, j’pas vieille j’t’encore capable d’hocher la tête, j’pas vieille j’cligne des yeux…
J’ai l’impression que mes vies commencent à s’accumuler malgré moi en quelque part où je suis pas. C’est correct aussi, je suis pas trop down à l’idée de les trainer encore longtemps. Y’a rien que je voudrais moins que de revenir en arrière. J’ai l’impression d’avoir eu déjà genre huit vies à date. C’est quand même vraiment fatiguant. Des fois, je me demande pourquoi je suis toujours fatiguée, je le sais ben pourquoi au fond, j’pas épaisse, mais faut que je m’essouffle, sinon j’ai peur d’oublier de respirer. Je cours à gauche pis à droite je remplis mon pack-sac d’air qui pèse autant que de la roche.

Moi, mes bobos ont beaucoup voyagé, ils m’ont portée de l’école à la ville, oh oui. J’ai regardé par la fenêtre d’un autobus pendant des longueurs de pays avec mes bobos partout dans mon ipod, j’ai fumé mes bobos dans un parc avec mes amis qui me demandaient qu’est-ce que t’as je disais j’ai rien, faque ils savaient que les bobos étaient là, toujours là, revenus pour combien de temps on sait jamais. Mes bobos je les ai apportés chez le médecin qui regardait même pas au-dessus de ses lunettes, la tête penchée, il croyait pas à mes bobos je les ai pourtant vomis dans un party où je connaissais personne, j’ai taggué mes bobos sur les murs, je les ai barbouillés sur un cul, je les ai bavés sur un chest, droppés dans l’oreille sourde de trop de monde, je les ai écris soigneusement dans une carte d’anniversaire, mes bobos. Je voudrais arrêter d’empiler, je voudrais alléger mon bagage, retourner les sourires de bonté quand la fille me donne mon change à la pharmacie tu comprends. Tout trainer ça, ça devient lourd. Y’a rien que je referais, rien, je vois pas pourquoi je continue à trainer ça.

Je me souviens, quand j’ai rencontré Audrée, elle devait tellement se demander où c’est que je m’en allais avec mon suit de cross country dans les cours de psycho au Cégep. C’EST UNE MÉTAPHORE. J’avais de la peine, j’aimais quelqu’un qui m’aimait pas, FAQUE j’en parlais à Audrée dans les pauses le matin, le midi, le soir avant qu’on s’en aille chacune chez nous. On était pas encore amies de fin de semaine que j’y parlais de mon cœur qui souffrait, j’y faisais des petits récitals de mes poèmes, pas compliqué comme set up, l’important c’était les poèmes, le drame. Elle, a fumait son Honeytime aux pêches pis elle en redemandait pas, mais je continuais. J’y montrais des photos de mon amour encore sans qu’elle ait besoin de le demander, je «prenais les devants» comme on dit. On en parle des fois maintenant en riant, elle me dit que j’suis passée à ça que des fois elle me trouve bizarre, mais le reste du temps j’étais posée, moins obsédée, faque elle m’a donné une chance, ou trois milles, elle les a pas contées. Je suis du genre bébé-gâté, mais c’est moi qui s’est inventé ce statut-là, j’ai jamais été gâtée pourrie pour vrai. Sauf mettons en ce qui a trait au fait qu’Audrée a jamais arrêté de me parler.  Maintenant, elle est juste ben au courant que je suis bizarre, mais elle l’est autant que moi, à sa façon. Audrée; c’est mon amie-fille-relaxe qui devait tellement rien comprendre à mes histoires d’acharnements émotionnels. Si je croyais à une théorie fondée sur le genre, je dirais qu’Audrée c’est mon amie-gars, mais ce serait pas vrai, parce que sinon je serais sans doute tombée en amour avec elle avec tsé. On finit par se connaître.

C’est surtout les plus beaux moments de mes vies dont j’ai pus besoin, mais j’assume hen, je toucherais pas non plus aux plus laids, pour jouer fair-play. Si j’y retournais dans ces moments-là, ça les gâcherait, je pense, parce que j’irais avec mon cœur d’aujourd’hui, ma tête de maintenant, faque mon amour qui m’aimait pas, ben j’arrêterais juste d’y parler, je me dirais ben tu m’aimes pas, m’en va trouver quelqu’un qui m’aime, pis je braillerais mettons deux-trois mois au lieu de deux ans. Hey si tout le monde que j’ai aimé m’avait aimée comme je l’ai aimé, à l’heure qu’il est je serais sûrement au métro Beaudry à me regarder dans le miroir, à me dire des qualités en chantant «Un nouveau monde» la chanson d’Aladin, je serais ma seule amie, la meilleure, mais still la seule.

Les meilleurs moments ben y’a ma rencontre avec Audrée par exemple, en psycho, premier cours de Cégep, lundi matin, huit heures; fallait remplir les cases et écrire ce qu’on répondrait si quelqu’un nous accusait de quelque chose. J’avais regardé sur sa copie. À Que répondriez-vous si quelqu’un vous accusait de mentir? Audrée avait écrit : MENTEUR! À bien y penser, je l’ai aimée tout de suite finalement, même si est pas un gars.

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Aye pauvre René-Charles hen quand sa blonde va décider qu’a l’aime pu. Je lui souhaite de survivre, honnêtement. Sinon, ben j’habite proche du métro Beaudry, j’irai y porter des biscuits, kekchose.

http://www.youtube.com/watch?v=23R80FZEC28

Manquer de souffle, rien d’autre.

Salut beauté, tu me demandes de te donner des petits tips pour ton premier voyage que tu vas faire bientôt, je sais que peut-être tu attends une liste, genre des points, des places, des to do et des not to do, surtout que j’ai déjà visité les endroits que tu t’en vas entreprendre (ouais, tu t’en vas entreprendre un endroit très chère amie). Fuck, tu te mets la barre haute partir tout ce temps pour un premier voyage, je vais essayer de résumer les grandes lignes d’un départ, pou toe, pass chtm.

Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, tu étais de ceux qui me reprochaient de fuir la réalité en partant partout à travers le monde, visiter des places qu’on s’en côlisse un peu, juste pour pas être où je devais être avec ceux qui m’aiment le plus pour aller chiller un peu avec des inconnus dans des endroits dont je ne t’ai jamais vraiment reparlé. Je ne t’ai jamais tenu rancune de ces propos et c’est pas aujourd’hui que ça se produira, bien au contraire, j’ai hâte que tu vois ces endroits dont je ne t’ai jamais parlé et que tu comprennes que raconter un voyage, ça ne se fait pas vraiment. Anyway, si t’es céli, la moitié du monde veut juste savoir si t’as frenché, pis tu trouves ça insipide de parler de french si t’as vraiment vécu ton voyage parce que tu te dis que frencher tu peux le faire dans ton lit chez vous sans même ouvrir les yeux, mais une affaire qui est drôle c’est que ta mère, elle, veut vraiment savoir tout tout tout ce que tu as fait, pis toi au moment où elle te dit : «Dis-moi tout tout tout!» tu penses juste au gars que t’as frenché, mais c’est jamais un french un voyage, c’est juste que c’est notre mère pis le principe du french nous revient toujours dans tête de temps en temps. En tout cas, saches que les voyages sont tout pis vraiment rien en même temps, un genre de paradoxe mère-french, les sentiments qu’ils évoquent sont toujours en toi, dans des petits endroits bien aux antipodes de ton esprit, mais malgré toi, y’a des petits fils qui les relient dans ton ventre.  Des fois tu penses qu’un voyage est fini et finalement tu en vois des traces dans ton quotidien (je parle pas d’un porte-clé de la tour Eiffel), tu te dis Wow j’ai fait ça, pis tu te dis que c’est niaiseux parce que là-bas tu t’habillais comme une crème pour les mains, genre utile pis tant mieux si ça fit t’avais pas remarqué, mais ici tu brailles parce que ta tsite robe fit pas avec tes nouvelles tsites bottes, tu vois le genre.

On part Envoyage de plusieurs manières, mais pas toujours pour les bonnes raisons et tu n’avais pas tort lorsque tu m’accusais de ne pas voyager pour ces raisons (les bonnes) parce qu’il n’y en a pas vraiment de ces raisons (les bonnes), mais y’en a des milliers d’autres (les mauvaises).

En premier lieu, ce que j’aurais aimé qu’on me dise, avant de partir avec mon petit (gros) pat-sac c’est que voyager, ça forme la jeunesse, mais le service à la clientèle aussi. En gros, il n’y a pas de solution miracle et si tu n’es pas capable de sortir de ta tête en prenant une marche à Montréal, ça ne se passera pas sur le bord d’un ravin à 2000 km d’ici. Sauf que ne pas être bien en quelque part ne veut pas nécessairement dire être bien nulle part, c’est paradoxal hen, mais c’est ça voyager (mère-french). Des fois, t’as le cœur qui veut exploser, ta cage thoracique te suffit pas, t’as pas assez de poumons pour prendre des puffs de tout ce qui t’entoure, tu te dis que c’est le fun de vivre, que ceux qui cherchent pas à partir Envoyage sont des sans-desseins niaiseux et pas instruits. Le lendemain, tu auras le souffle stand by en sacramento parce que ton neveu a fait ses premiers pas sans toi et aussi parce que ta grand-mère est rentrée à l’hôpital, même si est pas malade est juste tombée tu te trouves égoïste de pas être là pour l’aider à se lever de son divan, après ça tu vas skyper avec tes bests qui dînent ensemble des patates frites avec des fraises parce qu’ils ont brossé la veille dans votre bar préf, pis vas falloir que tu te parles vraiment fort dans ta tête pour pas revenir drette là là pendant que les frites sont encore chaudes.

On manque toujours des affaires; des projets, des bus, des coïts, des occasions, de souffle on manque de temps surtout tout le temps tout le temps on le manque et après ça on se convainc d’encore plus d’affaires qu’on est sûrs d’avoir manquées, qui fallait vraiment pas qu’on manque, qu’on est attardé mental d’avoir manquées, on se sac’ un sac de sucre sur le dos pis on le casse en notre absence parce qu’on se manque à soi-même souvent, on ne se suffit pas.

Pars, s’il-te-plaît, va-t’en, va ailleurs, vois autre chose, pitié. On oublie trop qu’on est pas tout seul, on oublie d’aller voir ailleurs si on y est. Le monde est grand, c’est fucké grand à quel point ah le beau cliché, mais je te jure c’est ça. C’est bon pour l’estime d’être petit de temps en temps, mais on se sent grand en bitch par d’autres bouts, mère-french je te dis. Quand j’ai tourné en rond pendant 2 heures à Biennes pour trouver mon estik d’auberge de jeunesse quand il pleuvait assez pour me tremper le t-shirt en dessous de mon imper et que le gars m’a vendu une carte de la ville 10  fucking francs suisses, j’ai failli brailler, mais quand j’suis arrivée à l’auberge pis qu’un australien dans la salle commune a levé la tête de son journal pis qu’il m’a demandé : «Is it raining outside?» J’ai catché que j’étais arrivée en quelque part. Juste te dire que j’ai pas ce feeling-là quand j’arrive à l’école.  J’ai répondu : «No, I just had a shower» pis je venais de me faire un nouvel ami, comme à la maternelle là, ben oui, un beau gros jardin d’enfants le monde je te dis, on a bu du vin pis on a parlé de nos pays pis de nos projets pis de nous-mêmes un peu, mais pas trop c’est personnel, on s’est donné des tips pour la suite pis du courage pour l’entreprendre. Deux jours après on s’est tappé dans la main on s’est dit : «Salut buddy, bonne continuité», mais en le pensant vraiment c’était même pas le jour de l’an t’sais. Tu remplis ton pat-sac à mesure que t’avances, mais y’est de plus en plus léger tu catches?

Le monde est smatt avec toi pis il t’attend pas, mais quand t’arrives, y’est content que tu sois là. Là oui je parle de montagnes pis de rivières pis d’arbres géants pis de ponts les plus longs du monde pis de rues qui descendent comme la plus haute glissade de Val-Cartier, de terre rouge oui est pas brune partout, c’est l’écologie. Le monde humain, lui, il change pas. Il t’attend pas, il t’attendra jamais, t’es vraiment un cheveu sur la soupe ok, mais tu peux faire en sortes que quand tu pars, il se convainque facilement que tu lui manques. Lis autant que tu peux, lis les boites de céréales là-bas aussi, lis les journaux, lis les pancartes, apporte-toi un dictionnaire, pose des questions, prends des notes, hey criss prends des notes sinon je te tue, après ça, fais des comparaisons. Fais pas l’épaisse, dis-toi que deux québécois c’est pas la population québécoise et dis-toi la même chose des allemands que tu rencontreras. Y’a toujours des petites mamies en quelque part qui vont t’aider pour ton chemin et des enfants qui veulent t’aider à te faire comprendre. C’est correct, c’est hot.

J’ai fêté ma fête de 22 ans avec des sexagénaires qui s’en contre-torchaient que ce soit ma fête, ma fête, ma fête!!!! Y’étaient passés trois fois par là eux autres, j’avais rien que ça dans la tête j’étais triste d’être toute seule pour ma fête ma fête. J’étais loin, mais pas toute seule pentoute, sauf que j’essayais de reproduire ailleurs tout ce que j’avais toujours connu chez nous. En vain, tu comprends bien.

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Je les ai eus quand même, mes 22 ans, en doutais-tu?

On en prend pis on en laisse là on est pas caves.

Il y a plein de moments dans ma vie dont je me souviendrai toujours, mais je te jure des moments pas si cruciaux, juste des moments photogéniques j’imagine, je m’en souviens, même pas besoin d’instacrotte (j’ai rien contre instragram, mais si instacrotte pouvait être un mot populaire, je serais pas toute seule à être plus heureuse dans la vie en général je crois). Mon premier souvenir dont je me souviens très bien, sans instacrotte bien sûr parce que j’avais même pas internet sauf à la bibliothèque anyways j’savais pas écrire dans mon premier souvenir chhhuuutttt, c’est quand ma mère m’a montré à attacher mes shoes, j’avais pas vraiment d’expériences cinématographiques, mais c’est un souvenir digne d’un Dépé repêché par un très grand Réal (bon pour ceux qui n’ont pas mes connaissances à propos du 7e art, je parle ici d’un directeur photo et d’un réalisateur… le veux-tu mon savoir tiens je te le sacre dans la gorge, le 7e art, c’est le cinéma, frères Lumière nomsayin’? -you know what I am saying-).

Dans ce temps-là, je lisais Cendrillon non-stop sans savoir lire, juste en suivant les mots avec mon doigt pis en récitant ce que je me souvenais de ce que ma mère m’avait lu, un bon exemple de stratégie adaptative que l’on retrouve chez l’enfant (moi).

L’étape shoes dans ma vie, je m’en souviens, cela se passa après ma première journée de pré-maternelle, (j’avais dû chigner en revenant de l’école que quelqu’un savait le faire et pas moi, je suis toujours jalouse des connaissances des autres, ça a pas changé alors je me doute que ça doit être ça) il y avait du soleil dans la fenêtre encore, la chambre était jaune, on était assises sur son lit ben leur lit, parce que quand on est mariés c’est leur lit qu’on dit estik que c’est fucké pu jamais avoir son propre lit, j’aime mieux pas y penser genre avoir le même bord de lit

TOUTE
MA
VIE (oui oui je crois au mariage comme promesse éternelle de deux âmes qui s’unissent devant Dieu…), en tout cas, on était sur LE lit double de la maison pis elle m’a montré ça (boucle-tourne-rentre-tire). Je pensais que quelque chose allait se passer genre médaille de la grande fille de la semaine.

Hélas non, quand je suis sortie de la chambre, mes lacets tights tights, mon frère m’a juste donné une bine en me disant que lui, il savait le faire et ce, à trois ans. No médaille, juste un beau mensonge typique de grand frère pour te faire feeler cheap.

SACHES BIEN QUE TU SAURAS QUE le lendemain, je jugeais le monde qui savait pas comment faire pour lacer. «Hen! Tu sais pas lacer… a-e-yo-ye. Hen, ben là, je vais te montrer à lacer mon chouchou» j’étais très heureuse de transmettre mon savoir aux plus démunis de ma classe qui ne savaient toujours pas comment lacer.

Pour les autres qui avaient appris tout croche (boucle-boucle-nœud), ces âmes perdues ne voulaient rien entendre, mais je les laissais faire, ils allaient finir par apprendre par eux-mêmes que boucle-boucle-noeuf ça fait bébé. T’sais, on n’est pas toujours ouvert, frais, disposé, à se faire apprendre des trucs random pis c’est chill aussi.

Genre TOÉ qui dit : «ah! 🙂 (sourire complice avec qui avec personne parce que tu me fais un sourire complice pis on est pas des complices) tu verras bien… tu finiras par comprendre…» non mais tais-toi donc, à quatre ans je savais déjà comment faire (bine bine, kin toé).

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Arrête de me sacrer ta pseudo-sagesse dans le fond de la gorge, ça me fait lever le coeur.

Des nouvelles de l’ouest d’un autre pays.

Salut ma belle Myriamour, merci de me donner des tes nouvelles. Des olympiades d’hiver! Nice job de rêve ma fille, tu fais ben ça, j’ai eu l’impression d’être dans ta cuisine à m’étirer la jambe sur le comptoir pendant que tu me contais ça (dis pas à ma mère que je mets ma jambe sur ton comptoir please). En ce qui concerne ma propre quotidienneté, j’avais l’impression que rien se passait (quotidien style), mais tantôt on a skypé un peu avec Sammy pis j’ai réalisé qu’il se passe des trucs, c’est peut-être aussi parce que Fred dit 50 mots pour dire des affaires qui peuvent être dites en 3 mots par moi, mais qu’est-ce que tu veux, c’est de même qu’on décroche un diplôme, c’est pas pour rien qu’elle s’en va à la maîtrise. Alors je vais faire comme si j’étais Fred, c’est pratique et ça commence déjà bien regarde déjà tout ça d’écrit.

Il se passe des choses, mais va pas croire que LES CHOSES SE PASSENT 😉 il se passe par exemple que c’était le départ de Jules lundi alors on est allés où on travaille et Morgane était saoule alors elle avait oublié que Max lui a dit cinq fois que c’était fini entre eux. Ben pas fini genre «salut Mor, ça va? Bonne soirée, j’veux pu te parler, t’es laide, beurk beurk», mais fini genre «salut bébé ça te tente tu qu’on jouisse à soir? Idéalement en même temps en écoutant de la musique trash parce que les deux on aime ça jouir et la musique trash, mais la musique trash c’est surtout pour que ça enterre les bruits qu’on va faire tout le temps qu’on va travailler pour jouir idéalement en même temps». Elle était déçue parce qu’elle avait parlé de lui à tout le monde dans un party en étant vraiment saoule en disant que c’était l’homme de sa vie parce qu’elle croyait aux âmes sœurs depuis qu’elle l’avait rencontré. Je me dis que c’est ben tanpis, elle avait juste à fermer sa gougoune t’sais, elle a couru après son humiliation que je me dis, je la juge pas moi je cours toujours après le trouble, ça s’équivaut. T’es tu un peu d’accord? On dirait je pense que oui.

Aussi moi je travaille tous les jours à 7heures alors c’est sur qu’il se passe moins de choses quand à minuit on lit Madame Bovary dans son lit, je suis jamais à la recherche du grand frisson de soirée comme si je travaillais juste à 14heures le lendemain genre COME ONNN JE TRAVAILLE JUSTE À 14 :00 (prononcé deuzeures) DEMAIN PAS LE CHOIX DE FAIRE DE QUOI. Anyway Bovary a me fait réfléchir là t’sais, un bon classique de la littérature hen, l’adultère pis toute ayoye hen. Bon.

Hier Fred m’a dit que j’y ai jasé ça quand elle est arrivée à maison, je la crois sur parole parce que moi je m’en rappelle plus, ça faisait déjà 30 minutes que je dormais et je sais aussi qu’elle avait fumé un joint de pot avec Jon fak t’sais dans le fond j’ai pas du manquer grand chose parce que ça devait pas voler haut cette conversation-là, la buzzsleepy pis la buzzweedy. Moi là quand quelqu’un dit «j’ai pas fait grand’ drogues dans ma vie, j’ai juste fait du pot» ben je le crois sur parole, j’ai même pas envie de m’obstiner parce que faire du pot, ben c’est comme se mettre du mush dans le nez, faire deux cokes pis manger de l’héro. Parlant de joint de pot, je reviens plus tôt que prévu finalement parce que j’ai accepté un stage en enseignement dans un CÉGEP. Je dis ça comme si je faisais une faveur au CÉGEP, c’est pas comme si j’avais gagné quelque chose non plus, c’est pas du hasard, mais c’est qu’à mon travail j’ai dit «yeah I have to leave, I accepted an internship in a school back in Montréal» je sais même pas si ça se dit, mais me semble j’ai déjà entendu ça, mon niveau d’anglais est rendu pas pire high level, je dis des phrases de chansons sans leurs mélodies, le monde s’en rend pas ou peu compte pis je vois dans sa face qu’il me trouve de plus en plus meilleure. Sauf une fois une fille m’a dit : «I understand everything, good job!» et j’ai répondu «all the things she said». Ça a pété le beat de mon ascension vers le monde anglophone, mais le lendemain ça avait l’air correct. «Everything little thing is gonna be alright» que je me suis dit.

Fak c’est là le 20 août je suis back avec idéalement un bon petit montant de pognon qui fera que j’aurai pu à travailler pour le reste de mes jours, mais dans la réalité à peine de quoi survivre quelques semaines je pense. On pourrait courir ensemble si tu veux, courir le dimanche ça se fait bien on se sent mieux le lundi pis anyway on se sent toujours un peu mal de sortir le dimanche. Là je parle pour moi bien entendu, mais je t’inclus parce que j’y crois, à notre course, toi je pense pas que le mot dimanche t’empêche de sortir, parce que la preuve je sais qu’un moment donné Entrée Interdite t’avait même pas empêchée d’entrer, t’as toujours été plus game que moi, moi je me souviens quand j’étais jeune un moment donné on avait pilé dans un jardin le soir chez une madame pis j’avais peur qu’elle me retrouve avec le footprint de mes shoes fak.

Jon est encore trapu, vraiment smarty, il a encore ses beaux cheveux de prince et je commence à assimiler qu’il est parfois de mauvaise humeur et que dans ce temps-là il y a rien à faire, faut pas m’en vouloir j’avais jamais vraiment catché, j’ai de la difficulté à comprendre que y’a du monde que deux trois jokes bien placées ça suffit pas à les défâcher, c’est vedge je comprends plein d’affaires genre la théorie bourdieusienne sur l’autonomisation du champ littéraire et je suis capable de l’appliquer dans mon quotidien, mais y’a plein d’autres choses que je catche pas genre Jon qui est pas chatouilleux mettons, mais qu’il se force même pas pour rire un peu. En tout cas, il a l’air heureux dans la mesure où on peut l’être et là-dedans je m’inclus évidemment parce que qui est-ce qui est heureux de façon démesurée je me le demande bien. Il aime lire, apprendre, s’obstiner avec Fred sur qui a dit quoi et qui a pas vraiment dit ce qu’il voulait dire mais que finalement il se rappelle qu’elle a dit ça il y a deux ans dans un demi souffle alors ça comptait pareil parce qu’elle avait l’air de le penser vraiment alors c’est un argument poids dans la conversation. Des fois je m’en vais de la conversation parce que j’ai peur qu’ils se retournent vers moi en disant «toi? T’en penses quoi?» Ouash dans ce temps-là hen comment on se sent.

J’avais une amie à ma job pis elle a trouvé le moyen de crisser son camp. Ça me fait penser à la mère d’un gars que j’ai aimé elle m’avait dit un soir à table «t’en as beaucoup d’amis toi, moi j’en avais juste une pis elle a trouvé le moyen de mourir». C’est pas vraiment comparable, mais t’sais Annie était vraiment smatt pis je travaille des fois onze heures d’affilées depuis qu’elle est partie fak t’sais moi too je fais un peu pitié. Bon donne-moi des nouvelles, je t’aimebrasse bien fort.

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Aussi Annie un moment donné m’avait dit «I don’t really date guys» j’avais répondu «it is such a crying, crying, crying shame».

Mon rêve d’olympiades.

Hey, j’espère que tu vas bien, j’espère toujours que tu vas bien, même si en tant que tel je fais pas grand chose pour que tu sois top shape, des fois j’te jure, je marche dans la rue et je me dis : «j’espère qu’elle va bien», mais c’est vrai qu’après y’a rien d’autre qui se passe. Tu veux de mes nouvelles, tu veux te détendre, pas réfléchir pendant kek menutes, prends ça biouty, de la belle quotidienneté, comme ça, t’auras pas hâte de revenir non seulement à cause du frette, mais aussi tu vas te dire ouin ouin ouin peut-être que je manque pas trop d’affaires à Montréal finalement.
L’autre nuit, j’ai rêvé à tout le monde que je connais, mais pour vrai, pas comme quand j’écris à **** pour lui dire que j’ai rêvé à lui comme ça ça nous fait un sujet de conversation. Non non. Un vrai rêve comme quand  lui et moi on était encore ensemble et que je lui contais toujours mes rêves le matin (sauf quand ça parlait de ****** (je mets des étoiles din coup que la Chine intercepte ce message et les retrouve tous les deux et leur envoie, je voudrais pas qu’ils découvrent mes subterfuges) en tout cas on dirait que je suis la fille avec le plus d’ex au monde dans ce début d’email-là, mais non, je rêve surtout beaucoup, ah pis non oui j’ai beaucoup d’ex, ton père c’est mon ex pis ton frère c’est mon nEXt haha trop fort yahou.

C’est vrai que ça doit être gossant habiter avec moi parce que quand je me réveille, ben pendant que tout le monde boit son café tranquille sans rien demander au monde entier, moi j’ai des gros buzzs de flashs back de mon rêve de la nuit d’avant pis j’interromps toujours le silence en disant : «Ahhhhh mais c’est À ÇA que j’ai rêvé cette nuit !» T’sais, je sais que personne attend vraiment de compte-rendu de mes rêves, j’pas épaisse, mais je m’en fous, je clanche sué résumés dès que quelqu’un lève la tête en ma direction, je prends pas ça pour un réflexe genre quelqu’un parle, je lève la tête OH NON, je prends ça pour de l’IN-TÉ-RÊT. Dans cet exemple de rêve-ci, le flash m’est revenu plus tard en journée, même principe qu’au déjeuner, sauf que c’était au souper, j’ai raconté mon rêve comme si c’était un sujet de conversation, mais je me sens pas trop mal parce qu’après ça on a parlé chacun notre tour de notre opinion concernant les services offerts par la STM. Moi, ils me satisfont, si tu veux savoir. Je pense que toi aussi, tu chialais jamais contre les transports en commun, t’es tellement compréhensive 🙂 .

Or donc, dans mon rêve de cette nuit-là (non tu vas pas y échapper, t’avais juste à pas partir, quand je te les contais live, je faisais des raccourcis parce que je voyais ta face se tanner, mais là c’est un message, je te vois pas, subis les conséquences). Y’avait pas mal de monde surtout c’était un concept genre olympiades secondaire 5 mais en plein centre-ville, des olympiades d’hiver, avec du monde en salopettes et tout (tout = foulard, gants, tuque). Dans ce que je me souviens de mon rêve, moi j’avais mis mes bretelles de chaque côté de mes hanches parce que ben peut-être que j’avais pas froid dans le moment que je me souviens de mon rêve, ça ou je me trouvais trop stylée, c’est aussi ben mon genre (tu me vois pas là ces temps-ci mais estik je rock le shit je porte genre des couleurs, j’ai presque totalement délaissé le beige). J’avais le cœur rempli d’amour dans mon rêve parce que y’avait tous mes quarante-deux mille exs réunis au même endroit, mes exs chums, mes exs blondes, mes exs de dans ma tête qui le savent pas qui sont mes exs, mes excellents souvenirs, mes exs colloques, mes extrêmement aimables amis, mes exemples de bon goûts vestimentaires (toi), ouais finalement c’était peut-être un rêve de mode olympienne, je suis pas sûre, mais surtout, je me souviens que y’avait aucune technologie dans mon rêve, le monde se parlait par le bouche à oreille ou genre des walkie talkie (ça c’est pas vrai, mais j’aurais aimé ça et c’est mon rêve fak je l’ajoute). En tout cas, personne contait son temps, c’était propre malgré qu’il y avait beaucoup de monde, y’avait du monde qui jouait de la musique, tout le monde chantait et disait des jokes fort pour faire rire tout le monde, toi t’étais première rangée, c’était le genre de jokes mettons je me mets un bout de banane molle sur le menton et je te dis : «quesser quiaaaaa ? pourquoi tu ries ?», il y avait aussi des descentes de crazycarpet et des compétitions de roi de la montagne. Mes olympiades de rêve, quoi ! (hihi)

Le wannabe climax de mon rêve prend place lorsque je suis assise sur le bord d’un tsi feu de foyer et que tout à coup, un gars que je connais très bien pis toi un peu moins mais tu le connais quand même t’sais nous sommes de bonnes amies je te le présente une fois pis après je t’en parle pendant 4 ans, classique. Je dirai pas son nom parce c’est un nom spécial dans mon cœur, mais juste pour dire le gars spécial était aux olympiades avec sa blonde fak ça donne une idée de pourquoi je dis pas son nom, je veux me tanner de dire son nom mais tu sais qui c’est parce que déjà avant que tu partes je te disais que j’avais hâte de pus dire son nom. En tout cas il vient se coucher sur moi (même principe que les deux autres noms plus haut là je voudrais pas que Monsieur Internet lui envoie ce e-mail là et qu’il se dise : «Ayoye, elle dit encore mon nom dans des e-mails», tu vois le genre alors je dis «il») il se couche sur moi, mais pas dans le sens de la mauvaise position, plutôt j’étais assise et lui est venu se mettre raide comme une barre sur moi, ses hanches sur mes genoux, le reste de son corps dépassait de chaque côté, comme quand Messmer fait tenir le monde raide comme une barre à ces spectacles, mais dans mon rêve ça se pouvait sans hypnose, il était droit comme une barre. J’étais contente qu’il vienne se coucher sur moi, même si c’était juste droit comme une barre parce que tout le reste de mon rêve c’était un peu trop calqué sur la réalité fak on se disait juste salut et on avait pas grand chose à se dire. La bonne idée que j’ai à ce moment-là dans mon rêve, c’est de faker (prononcé féyeké) que je suis médecin et de faker que je lui fais une opération. Je découpe sa chemise avec mon majeur et mon index, je lui fais des incisions avec mon pouce, je joins mes deux mains et je fais des pressions sur son torse pour le réanimer, je lui défonce le thorax pour que son cœur recommence à battre, ah oui, je lui fais quelques injections aussi en poussant mon pouce entre mon majeur et mon index vis à vis sa grosse veine de bras, genre de rêve qui se peut en médecine je pense, mais je me trouve vraiment bonne d’avoir inventé cette intervention chirurgicale-là sans études médicinales.

MAIS LÀ pendant qu’on rit plus fort que tout le monde qui rit déjà fort, ben tout le monde se retourne vers nous et je réalise tranquillement que sa blonde est déjà là à nous regarder et à avoir de la peine, je vois sa tête entre mes deux jambes, j’ai une vision bionique dans mes rêves, oui ça se peut. Je vois sa face de blonde triste de blonde qui se dit : «ouin y’ont déjà couché ensemble», c’est pas ça qu’elle se dit, mais je me sens mal pareil, parce que sa face est vraiment triste pis d’habitude c’est moi la face triste de la blonde qui se dit : «ouin y’ont déjà couché ensemble». Fak (celui-ci se lit comme il s’écrit) là je me lève d’un bond, il tombe à terre sûrement dans la vraie vie, mais là c’est un rêve il rebondit, je le regarde pas, je sais juste que je m’en vais mettre mon manteau, je m’en vais tout court. Je suis persuadée que tout le monde me déteste, que c’est fini, tous ces beaux efforts d’olympiades avec du monde qui comptent pas leurs heures, qui bénévolent pour une fois, qui ont pas les cheveux étirés ni de mascara pour une fois, je m’en vais de tout ça, parce que j’ai peur d’avoir tout gâché, au lieu d’aller m’expliquer, de dire : «Voyons, je le voyais comme un patient, je te le jure, notre relation était professionnelle», je lui dis rien à celle qui est triste et que son chum sera pas capable de consoler parce qu’estik qu’un gars ça console mal. Je m’en vais, bye bye les olympiades, maudite histoire d’opération fakée (féyeké) que j’assume pas.

Peut-être que tu te dis que mon rêve a pas rapport avec mon quotidien pis des nouvelles de moi, mais attends un peu, check moi bien aller, parce que là y’a un dénouement et une morale.

Rendue à la mi-chemin de mon départ, je réalise que je suis partie (y’était temps, mais écoute on n’a pas tous des bourses d’excellence à l’uni comme toi). Je me dis : «T’es pas tannée de te sentir de trop partout? T’as rien fait de mal, c’est ton idée les olympiades pis tout le monde est content, pourquoi tu t’es enfuie, maudite peureuse, c’est ton rêve le monde sans maquillage qui joue dans la neige, pourquoi tu l’as laissé à d’autre monde? Retourne là-bas pis dis-leur que t’aimes tout le monde, t’es juste à chier pour le dire et surtout pour le démontrer comme il faut». Je me suis répondu : «Yo t’es impolie». T’sais comment j’aime pas le monde impoli, j’en revenais pas de l’être moi-même envers moi-même.

Bref, je voulais que tu saches que pour la nouvelle année que nous ne commençons pas ensemble, je ferai beaucoup d’efforts. Je deviendrai une personne émotionnellement démonstrative, pour toi, pour moi, pour nous. Saches que dès ton retour, j’irai dormir chez toi pendant une semaine, collées-collées. Aussi, dès que tu seras atterrie, nous unirons nos efforts et nos connaissances culinaires pour créer un plat qui portera nos deux noms ensemble, nos deux noms ou bien les noms de nos passions communes ! moi : le soccer intérieur toi : le théâtre de l’époque de la Renaissance (les contraire s’attirent, c’est bien connu ou bien sucré-salé c’est comme tu veux).

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Je t’aime, bonne année même si t’es pas sur mon lit à faire des chandelles que tu m’obliges à noter sur 10.

Le merveilleux monde de l’improvisation.

L’histoire avec 29 fins. La trentième vaut vraiment la peine.

ÎLE ET AILE se sont rencontrés à une soirée d’impro tout ce qu’il y a de plus ordinaire comme soirée d’impro.  Ça, ça veut dire, trois-katt bonnes impros (une border sentimentale, deux-trois vraiment drôles pis ton joueur préféré t’a pas déçu dans une impro où il jouait un prof de corde à danser).

À la fin du match, quelques blagues qui devraient pas être ries le sont parce que le match prend place dans un bar ousser que les café Baileys font effet (haha qui qui prend ça à une game d’impro lève la main, je le marie). En tout cas, Île et Aile restent après la partie parce qu’on est entre Noël et le jour de l’an et que sérieux le 27 décembre, fuck y’a pas grand chose à faire (c’est une ligue de garage, pas dans un Ciigep), ils prévoient peut-être frencher chacun de leur bord, mais ça si c’est le cas, je suis pas au courant. Aile, c’est ma bonne amie, pis Île ben on l’haït déjà parce qu’il a reçu l’étoile du match et on l’a vu dans une seule impro drôleslashbonne max, on se dit que c’est sans doute le favori du public et nous ben on trippe pas mainstream-impro.

La soirée dérape un peu parce que toute l’équipe reste finalement et le public aussi Oh Boy les cafés Baileys rentrent au poste, on a même pris des shooters de Sour Puss tant qu’à y être (ça c’est peut-être vrai). Le monde d’impro ça fait toujours des concours de c’est qui le plus drôle, même quand le match est terminé. Quand ils dansent : jokes, quand ils vont fumer : jokes pour le reste du monde sur la terrasse, quand ils sont dans le taxi : joke pour le chauffeur, quand ils se cruisent : si tu réponds à mes jokes, on se rappelle demain. Ils font les pires grimaces que t’auras jamais vues, mais sont vraiment polis quand tu les présentes à tes parents. Des affaires de même d’improvisateurs.

Bref Île fait de l’impro, pas Aile, mais Aile répond aux jokes ENWEYE S’EN ‘A PO PEUW, quand elle boit elle parle fort, quand elle rit, elle se pitche fort la tête par en arrière et/ou fort par en avant, elle se «fond dans la masse improvisatrice» comme on dit toujours (quand on boit des cafés Baileys).

Lorsqu’une des amies de Aile se pousse vers deux heures du matin avec le meilleur ami de Île pour aller mieux s’entendre parler de l’ensemble des évènements ayant menés à la révolution bolchévique de 1917 tranquilles, Île et Aile se ramassent pas tous seuls pentoute parce que la soirée est pas terminée, mais utilisent ce prétexte-là pour se dire salut sans se le dire vraiment. «Ouin qu’est-ce que tu penses qu’ils s’en vont faire?» qu’elle lui demande. COQUINE. Île se fait pas chier, ni une ni quatrecinq, il essaie l’embrasser. Elle se recule, mais pas trop quand même y’est cute. «Je sais même pas ton nom», qu’Aile dit, «Comment tu aimerais que je m’appelle?» qu’Île répond. Elle met même pas un petit lol dans ses yeux et décide qu’il s’appelle Éric, kin toé. La nuit qui vient, ils se lanceront les phrases suivantes dans l’ordre comme dans le désordre :

«Tu embrasses vraiment bien pour un gars»,
«Je veux bien aller dormir chez vous, mais je dois partir tôt demain, je travaille»,
«Si tu veux pas rester, trouve-moi pas des défaites»,
«Mets ton manteau, ça me turn on les manteaux d’hiver»,
«T’es tu plus café ou jus d’orange»,
«Je m’imaginerais jamais finir avec quelqu’un qui soit plus jus d’orange»,
«Je suis très mêlé ces temps-ci, tu me pognes pas dans un bon moment»,
«Regarde donc ça, je viens de vérifier mon horaire, je travaille pas demain finalement»,
«Encore»,
«Plus fort»,
«Boumachikawakachikawakachikaboum»,
«Hen, Hen»,
«Oh yeah»,
«Fuck on est bien»,
«Je te jure oui il était pas plus gros que ma main quand mes parents l’ont acheté, on l’a nommé Mano»,
«Je sais pas comment réagir à ce que tu viens de dire»,
«Ça paraît»,
«Shit oui, comme ça, oui»,
«Bye, bonne journée».

Première fin.

Après cette nuit-là ordinaire pour du monde d’impro, c’est là que le fun arrive vraiment parce que là, le match est fini, mais la game commence (OHHHHH SHIIITTT trop bon). Île et Aile se recroisent pas tout de suite à l’école (ça viendra plus tard, là c’est les vacances de Noël je l’ai dit tantôt). Île capote pas tant à l’idée de revoir sa Lady Marmelade, mais il dit pas non, mais il dit pas oui, Île joue la carte du Guide Touristique, ça, ça veut dire : «Ce soir, bien sûr que non je ne peux pas te voir, mais il y a une superbe expo au Musée de la civilisation! Je te suggère fortement d’y aller avec tes colloques». Aile ne veut pas aller au Musée de la civilisation avec ses colloques, alors, elle relance des invitations à qui mieux mieux. Île reste sur ses positions de pas trippeux sur Aile, mais tente une autre carte, celle du : LonelyCocooningGoodGuy, ça, ça veut dire : «Ah je fais pas grand chose ce soir, probablement écouter 19-2 sur tou.tv, c’est mon émission favorite, je te la conseille fortement!»

C’est pas qu’Aile est pas vite vite, ça fait juste un bail qu’est céli, elle a envie d’encore dire boumachicawakachikawakachikaboum, that’s it (trop pas that’s it, mais c’est ce qu’elle dit).

En toué cas, Île disparaît dans la brume, jusqu’à la rentrée en janvier et là PLAN SÉQUENCE DE 15 MINUTES SUR UNE TUERIE À L’ÉCOLE… non, désolée Île, tu peux pas jouer dans ton téléroman favori, y’a pas de casting pour le LonelyCocooningGoodGuy là-dedans. À la rentrée, ils se croisent à l’école, elle dit salut vite vite parce qu’elle a pas envie de plaquer dans le cou, GoodGuyFinishedWithCocooning vient lui dire plus que salut parce que c’est GoodGuy. Après ça, elle revient chez elle et parle de la rencontre fortuite à ses colloques qui oublient de lui dire  que ça change absolument rien à l’histoire qu’ils se soient revus et qu’il lui ait parlé «genre 5-10 minutes», alors elle décide de lui réécrire le vendredi suivant (maudite technologie). Aile lui donne son numéro de téléphone en indiquant qu’elle aimerait bien qu’il l’utilise (haha non je pense qu’elle a compté sur lui pour lire entre les lignes, GoodGuyReadingBetweenTheLines).

BEN SURPRISE GÉNÉRALE, il l’a UTILISÉ (le #)!

Ils se rejoignent en quelque part avec leurs amis respectifs; Aile en a deux, Île en a un, Aile a peut-être l’impression d’avoir gagné, ça aurait été mon cas tka………………….  ……… ……………. ………………………

Les choses se passent pas pentoute. Cela pour trois raisons principales :

  1. Aile a bu pour se détendre, Île la size trop pas…
  2. Leurs amis respectifs se semi-pognent sur ce qu’est le théâtre de nos jours…
  3. Sa petite sœur est venue le rejoindre en fin de soirée, elle aussi avait bu, mais c’est elle qu’il a ramenée à maison.

Somme toute une belle soirée (c’est ce qu’elle dit).

Après ça, ils se revoient à une autre soirée d’impro, elle rit fort dans la salle quand GoodGuy se trompe sur la date de la chute du mur de Berlin pour qu’il l’entende… se pousse sans dire bye à GoodGuy, parce qu’elle veut se faire courir après…

Île la retexte pour lui demander pourquoi elle est partie sans lui dire bye…

Aile répond pas parce qu’elle veut se faire courir après …

Île écrit sur son wall l’explication à son erreur de mur de chute de whatever…

(Oui oui, boring de même, mais n’abdiquons pas! Vive l’acharnement!)

Aile répond à son post…

Ils se revoient à l’école….

Aile le réinvite à utiliser son numéro…

Île le réutilise…

Ils prévoient une date pour boire du vin dans un lit…

C’EST LÀ que la TRENTIÈME FIN ARRIVE OH OUI. Aile n’assume plus de le revoir seul à seule à seuls. Aile organise un party chez elle pour pas avoir à affronter le seul à seule à seuls.

Aile, le rendez-vous approchant, l’avertit.

Île répond : «On va laisser faire, j’essaie d’arrêter de fumer».

(!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!)

Cela dit, Aile n’abandonne pas complètement (rendu là, je vous l’accorde, ça vaut pas tant le boumachikaboum), elle délaisse complètement son orgueil vers 2 :00 (AM) lorsqu’elle lui texte, en ultime tentative: «Booty Call» (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!). Y’a ben des estiks de limite au monde de l’improvisation que je me dis, mais Aile ne pense pas ça à ce moment précis de sa vie, en fait, je doute qu’elle songeasse à quoi que ce soitasse. Message auquel il n’y a, heureusement, finalement, agréablement, jamais eu de réponse.

Le merveilleux monde de l'improvisation

Si tu lis ça GoodGuy, je veux que tu saches que je sais que tu n’as pas arrêté de fumer.

Photo : Christian Quezada