Ma Querelle

Ma querelle, c'est aussi la querelle de tout le monde (pas tout le monde sur la terre, j'sais ben, j'pas épaisse).

Catégorie : De la petite lecture en mangeant

Une vraie histoire qui se peut avec une fin bizz comme je les aime.

J’ai vingt ans et j’ai le cœur brisé, je déménage dans un autre pays** pour quelques mois, c’était déjà prévu avant que j’ai le cœur brisé quand même, je suis impulsive, mais pas le genre impulsif déménagement, juste impulsif couper mes cheveux, mettons.

J’arrive là-bas, je fais une coupeule de chutes de pression, je suis pas bien, j’ai mal au cœur, il fait chaud en bitch même si c’est l’hiver là-bas (informations sur le pays mystère). Je suis avec une de mes amies qui catch pas trop mes malaises physiques, mais on en rit ensemble dans l’autobus quand c’est bondé, on se rassure entre nous, elle me dit que des fois les gens font de l’anxiété et que c’est sans doute mon cas, je ne me sens pas trop concernée, moi j’ai le cœur brisé. Brisaillé brisouillé, mon amour is gone with the wine et une poulette que je trouve même pas belle, eurk eurk, crachat crachat, ouch ça fait encore mal même si je dénigre la fille dans ma tête.

Nous allons à l’école, j’apprends la langue de cet autre pays**, les choses vont bien, ma famille d’accueil m’accepte, pas de nouvelles de mon babe qui s’en torche de mes expériences nouvelles et de moi qui se transforme à vue d’oeil, on dirait de moi une belle fleur ou mieux, un papillon, je me décris moi-même comme transfigurée quand je lui écris des e-mails qui deviennent des soliloques à force de non-réponse. Une certaine fin de semaine, on se rend dans une des plus grandes villes du monde**.

Ce qui devait arriver arriva, un samedi soir, dans une auberge de jeunesse d’une des plus grandes villes du monde**. Tout le monde s’attend pour aller dans un bar branché, je chill avec des animateurs de MTV, on est stand by parce que l’aubergiste fait l’amour sûrement vraiment tendrement au premier étage avec une sexy lady qui est venue le rejoindre derrière son comptoir quelques minutes plus tôt. Il nous a dit, dans la langue du pays* : «Attendez-moi une petite demi-heure». C’est ça qui est arrivé qui devait arriver, à ce moment-là, j’ai compris ce que personne m’avait dit avant que je parte en voyage pour la première fois de ma vie : «Tu es ailleurs et pourtant, tout est pareil, tu ne changes pas, les autres changent pas, mais tu fais des choix qui t’appartiennent, c’est ça la différence avec quand t’es obligé, chez vous» (c’est pas that’s it en ce qui a trait aux voyages, mais les voyages, c’est un autre texte). Alors je me lève d’avec le monde de MTV parce qu’à part me dire qu’ils sont des vedettes ils me racontent pas grand chose à part des histoires de caméraman. Je vais chiller avec ma chum de fille pis on fait de la claquette dans notre chambre, stand-by avant le bar branché.

Rendus au bar branché, on rencontre du monde charmant, je leur explique que je ne parle pas très bien la langue du pays, ils me demandent qu’est-ce que je parle, DABORD? Je leur dis que je parle français, ils en reviennent pas leurs yeux, je suis devenue une reine, le pays me charme, oh boy c’est ma soirée. Le temps que je me retourne, les filles avec qui je suis venue frenchent comme s’il n’y avait pas de lendemain, moi je suis frue, parce que je suis toujours frue quand j’ai envie d’être avec du monde que je connais et qu’eux préfèrent frencher comme s’il n’y avait pas de lendemain, ça change certainement pas parce que je suis dans cet autre pays**. Elles frenchent toutes sauf une, c’est important que je le dise parce que son chum est resté au Québec et s’il lit ça, il sera content de savoir qu’elle ne frenche pas car c’est la vérité. Je décide d’aller danser. Seule, entre les filles que je connais et leurs nouveaux chums et celle qui se fait supplier de se laisser frencher, mais qui dit : «Non non, mon chum je l’aime». Je les haïs tous anyway parce que moi j’ai le cœur brisé.

Un moment donné, JE ME REVIRE, je vois un tsi-gars l’air gentil gentil, il danse pas, il regarde même pas les filles, y’a l’air dans la lune dans un des plus beaux bars que j’ai vu de ma vie, le gars y’est dans la lune je me dis ben là, c’est mon best ou quoi. Je vais le voir, je lui demande dans sa langue** s’il veut danser avec moi, il me demande pardon, je lui répète, il me redemande pardon, j’ai envie de faire fuck off, mais je répète en anglais, il me dit : «Yes, of course». S’en suivent des moves tous plus awkwards les uns que les autres, le gars y feel pas là, je lui fait des beaux sourires, il bouge pas, il fait juste me regarder, il dit : «Ok je vais aller déposer mon foulard là-bas», je dis : «Ok», je le suis, entre temps il me pousse à terre sans faire exprès, je m’ouvre le genou, j’ai envie de dire : «Ben laisse faire», mais il s’excuse tellement, je le trouve gentil, il veut aller s’excuser dehors pour que je l’entende bien s’excuser, je suis un peu frue, je voulais danser, je lui explique que je veux danser, il bouge même pas, il me regarde je le regarde me regarder. Là mes sourires sont moins smatts mettons, les filles que je connais viennent me voir, elles me font des thumbs up, je leur crie : «POU MOI, J’AI POGNÉ ‘A SEULE TAPETTE DANS L’BÔR», elle rient, me font des thumbs up, retournent danser. Il me dit dans sa langue** : «Je comprends le français». Haha non c’est pas vrai, ça aurait été un bon punch, mais non, il me dit plutôt : «Excuse-moi, c’est que tu es vraiment trop belle». BEN VOYONS DONC TIT-MOGNON FALLAIT LE DIRE AVANT MÔMAN T’AIME DONC BEN TOUT À COUP.

Je lui dis : «Ok viens t’excuser dehors». Là, on parle toute la nuit, comme deux gros enfants un peu laids à mesure que le soleil se lève (les bars ferment pas dans ce pays-là), mais on s’en fout, mais vraiment, parce qu’on est ensemble et qu’on a l’impression qu’on tient quelque chose t’sais, les deux on a beaucoup étudié et on consomme beaucoup d’actualité et de littérature, on a perdu beaucoup de personnes dans notre vie, dans ce temps-là c’est plus difficile d’y croire tsé. Il me fait la grande demande d’amitié Facebook en direct de son iPhone, c’est ma première fois en direct, je le trouve vraiment hot d’avoir internet sur son téléphone, (c’était il y a cinq ans, quand même). Il trouve ça cute que j’aie des taches de rousseur, il trouve ça cute que je parle français, que j’aie des verres de contact, que je sache comment dire merci dans sa langue**, que j’ose sortir de mon pays d’origine, que je lui aie demandé de danser, que je comprenne ses jokes, que j’ose dire que je ne crois pas en Dieu. On se fait des promesses, on doit devenir écrivains tous les deux avec des pseudonymes, apprendre l’allemand, vivre à New-York. Le premier qui écrit un roman l’envoie à l’autre voici mon adresse postale, à bientôt. Il est sorti dans ce bar-là ce soir-là avec son ami qui a le cœur brisé, son ami au cœur brisé quand il nous a vus, il a pas eu le cœur moins brisé, mais il s’est dit que ça allait passer, il a jasé avec mon amie-qui-frenchait-pas et c’est ce qu’il lui a dit. Bye bye, mon beau, l’avenir a l’air cute avec toi.

On s’est pas réécrit, on s’est pas revus.

Un mois plus tard, je réécris à celui que je crois être mon âme-sœur parce que quand je rencontre quelqu’un (je dis quelqu’un, mais je veux dire gars, j’ai été élevée avec Disney de pogné dans gorge, come on), je crois toujours à l’âme-soeurité. Je lui dit que je reviens dans sa ville, une des plus grandes villes du monde** et que j’aimerais le revoir. Il me répond que lui aussi, je suis stressée. Je squatte chez une fille que je ne connais pas, avec mes chums de filles qui la connaissent, soirée de filles, yahou. L’hôtesse nous embarque dans son char et nous sort en ville, c’est le retour au bercail d’un de ses meilleurs amis d’enfance, elle lui apporte des québécoises en cadeau, j’ai l’impression de m’en aller assister à ma première fête de type bacchanales, je capote. Avant de partir, j’écris à Francisco, ouais c’est son nom, que je serai à tel restaurant, à telle heure, si jamais l’envie lui pogne de revenir me dire des compliments. Ce qu’il faut dire c’est que je suis quelqu’un de très sensible aux compliments de toutes sortes, même les accidentels.  Dans la voiture, je fais encore une petite chute de pression, ça m’était pas arrivé depuis longtemps, je dis que tout ce que je fais depuis mon retour dans cette ville me donne l’impression de me rapprocher de lui, pour me calmer on demande à notre commandante de bord si elle connaitrait pas Francisco, ouais c’est son nom, elle répond que non, mais son ami Daniel sera là avec ses amis du travail. Moi entre temps je sais que Francisco, ouais c’est son nom, vient d’aller chercher son collègue à l’aéroport. Retour au bercail + collègues de travail + même ville que la rencontre (11 millions quelques habitants, so what, j’ai un pressentiment dans le corps qui s’entête à rester). J’arrive au restaurant, il a vu mon message sur son iPhone avant que j’arrive, il savait que je m’en venais, j’ai failli perdre connaissance, on se dit salut comme si de rien était tout le monde rit (de nous). On ne s’assoit pas à côté parce que c’est l’enfer comme genre de situation, mais on se fait des sourires et on rit des mêmes blagues, un peu plus tard il dira à son ami qu’il m’aime bien et qu’il est content de me revoir. Son ami à mes côtés se lève et lui fait signe de venir à mes côtés. Je quitte le pays dans exactement 8 jours.

***

Des fois j’aimerais ça être quelqu’un d’autre que moi dans ma tête de moi avec mes expériences de moi, peut-être que j’aurais pas pris l’avion si j’avais été quelqu’un d’autre que moi, je le saurai jamais parce que j’ai pris l’avion. Y’a plein d’affaires qu’on saura jamais parce que je sacre mon camp tout le temps.

VLUU L100, M100  / Samsung L100, M100

On dirait que c’est ma passion les fins bizzs. Ok bye je m’en vais.

Notre rencontre ordinaire.

C’est pas tout le monde qui se laisse toucher dans la face ET je n’ai pas ou très peu d’intuition. Deux données hétéroclites? Non. Ce soir-là j’ai su que t’allais me laisser te toucher dans la face, c’était une intuition.

T’sais y’a des soirées tout est aligné on dirait, OR tu avais mis ta petite face et moi mes belles bottines alors c’est comme si on avait couru après, je sais pas trop, t’avais un drôle de chapeau, mais des fois je me dis que ça a même pas rapport, on se serait connus quand même, j’ai fini par te remarquer, t’as même pas fait de grands signes pis je me suis retournée vers toi, encore mon intuition je pense, c’est fucké j’y pense toujours.

Je t’ai même pas vu tout de suite quand on s’est mis à parler, j’en reviens pas que je t’ai pas vu, maintenant je te vois partout j’ai l’impression, dans le métro-boulot-dodo surtout. Le jour de notre rencontre t’avais ta petite face, j’ai remarqué ton très petit visage, ça tombe bien j’ai de très petites mains, j’ai tout de suite su que ça allaient fitter.

Le jour où on s’est rencontrés, j’y reviendrais cent mille à l’heure back and forth pendant quatre ans pis on dirait pas que je me tannerais, je te le dis c’est fou cette soirée-là je l’adore, elle est au sommet de mes récents souvenirs, j’y pense le plus souvent possible pour qu’elle se mette d’elle-même dans ma mémoire à long terme, j’essaie de penser à des petits trucs que j’aurais oublié, c’est fucké, j’ai fait plein de rencontres dans ma vie, avec genre Éric Lucas entre autres, mais même lui avec ses abs je le trouve pas autant sexy que toi avec tes crisses de grosses dents, c’est bizarre en avoir autant et être capable de bien sourire quand même, en tout cas.

Des fois je me dis encore que ça a servi à rien, notre rencontre, mais j’ai fini d’être fâchée, y’a tellement plein de situations qui arrivent pour rien genre quand tu sors de l’ascenseur et que la personne pense que tu vas à droite, donc elle se tasse à droite et finalement  (je te laisse deviner la suite) ben tu vois ça c’est une situation qui sert pas mal à rien, je sais pas encore si on s’est rencontrés pour rien faut que tu me laisses y penser deux minutes. C’est comme si je m’en allais à droite en sortant de l’ascenseur, mais que t’étais même pas devant à checker de quel bord j’allais, genre que je serais sortie d’un ascenseur au centre-ville et que j’aurais pris le bus jusqu’à chez vous pour aller devant toi faire op scuse op scuse (rire timide coudonc il va de quel côté) op scuse hihi, veux-tu aller prendre un café tant qu’à y être? Ça fait pas de sens, pas que je sois quelqu’un de sensé, mais ça je le catch que ça fait pas de sens.

J’ai pris ma décision. Je crois sincèrement que notre rencontre n’était pas sensée avoir lieu. Je soupçonne de plus en plus notre rencontre d’être un quiproquo. Un quiproquo qui remet sur la track en estique, par exemple. Qui redresse l’égo, qui dépogne le noeud dans le ventre, qui enlève un peu de rond dans les épaules. Un quiproquo qui fait du bien par où qui passe. On s’est pris pour ce qu’on était pas, on s’est pris pareil. Merci. Un quiproquo de plus pour moins d’ennui. Un quiproquo réussi, puis révolu. C’est correct. T’as été un estique de nice quiproquo à avoir.

Je me souviens tu me faisais des blagues concernant un porte-clé en forme de tête de mort que t’avais donné ton petit frère avant de mourir, ayoye que je savais pas si fallait que je ris. J’ai demandé à mes amis qui t’étais, ils savaient pas plus que moi, shit c’est quelque chose rencontrer quelqu’un qu’on a jamais vu en se tenant toujours avec le même monde, on pense au destin, c’est ben sûr, c’est niaiseux aussi.

C’est ben sûr qu’on s’est pas lâchés de toute la soirée, on a cru au destin, je viens de le dire. Une fois par quatre ans je me pose pas de question et là c’était ce genre de soirée-là, tu le savais pas, mais tu venais de gagner le jack pot, mon moment de plénitude, toute pou toi bé.

On parlait vite vite vite (-8888) pour apprendre à se connaître à la vitesse de l’éclair pour que ça fasse pas bizarre si on finissait ensemble. On voulait pouvoir dire le lendemain matin : «C’est comme si on s’était toujours connus», mais en le pensant vraiment. Je t’ai obligé à me chanter une chanson et tu m’as chanté ma chanson. J’ai dit : «Sweeeeetest thing» (dans ma tête, à voix haute j’aime pas ce que ça donne). Aye je te donnais des gros coups de yeux pleins d’eye-liner pis tu me renvoyais des uppercuts de mordages de lèvre pas possibles, de regards de haut en bas et de bas en haut et de rapprochements pas subtiles pentoute.

Si notre relation s’était résumée à notre rencontre, non seulement j’aurais vraiment des beaux yeux, des beaux cheveux et du beau linge (j’étais vraiment swell, je m’en rappelle), mais mes bottines seraient pas complètement scrappes parce que je les ai trop portées dans la pluie, le monsieur au magasin m’avait pourtant dit : «no rain for shoes», Ça, ce sont mes éléments d’apparence saine de notre rencontre.

Notre rencontre ordinaire.

 

Pour le reste, ben là c’est dull quand j’y pense. J’en reparlerai peut-être une autre fois, mais pas trop parce que je voudrais pas shipper ça dans ma mémoire à long terme.

Vive les boni-bonheur

Salut ça va? Bon on va passer ce boute-là y’est plate. Tu me demandes ce que je pense que ton dude, je vais te le dire honnêtement, ce que je pense de ton dude, je t’aime (je te le dis tout de suite au cas ou mon ton deviendrait sec et tranchant pendant la rédaction de mon message et que là tu te dirais : Coudonc a m’aime-tu pu?).

Le problème avec ce gars-là, je dirais, c’est qu’il s’attend toujours à ce qu’on lui remette un prix, genre voilà, bravo, tu te connais mieux, tu as bien fait ton travail sur toi-même, voici un boni-bonheur. Pourtant c’est niaiseux, y’a rien de tangible dans le fait de se sentir bien et je comprends mal pourquoi on serait obligé de toujours bien se sentir peu importe quoi mettons y’a des fois que ça vient de plus loin que le bout de notre nez, on se sent pas bien, la pression atmosphérique, whatever ça fait qu’on respire mal pis tout le reste dégringole, mais cette journée-là y’a pas grand boni-bonheur qui se passent de père en fils. Cette journée-là en valait pas la peine? Fuck off. Le boni-bonheur, c’est un genre de bien-être tangible, l’impossible à atteindre. La dernière fois où j’ai été heureuse mettons au complet sans qu’il y ait personne à côté de moi je parle, sans que personne soit là pour me regarder me sentir bien, j’ai même pas de preuve que je me sentais bien à ce moment-là, mais moi je le sais, ça compte pareil….. Ben y’avait personne pour me donner un boni-bonheur. 😦 Too bad. J’étais sur mon vélo, je revenais de travailler, ça a duré environ 32 minutes. Sérieux je pense que ça a valu la peine. Ça faisait longtemps que j’avais pas eu ce 32 minutes-là, même genre un petit 5-10 par ci par là c’est plutôt rare, je pense que 32 minutes au complet ca datait du temps où ma gardienne me laissait regarder KM/H après Histoires de filles. Après mon 32 minutes de ride de vélo, je suis arrivée chez moi et j’avais juste des Raisins Brand à manger, j’étais toute seule, personne avec qui aller dépenser mes boni-bonheur accumulés pendant ma ride de vélo… non c’est pas comme ça que ça fonctionne, sauf qu’on dirait que ton petit cabochon pense que oui. Sorry, moi j’aime tellement ça être avec toi, j’ai de la difficulté à pas l’insulter quand je pense que lui essaie toujours de peser le pour et le contre d’être avec toi.

C’est que des fois on se réveille un jour en plein après-midi pis on sait plus trop où on est, on sait plus trop ce qu’on fait, on sait plus trop qui qui est là. Ça, c’est rushant. On l’a un peu senti venir la veille en se couchant, mais on espérait que le lendemain ce serait mieux, mais finalement non, ayoye, fait chier. On est là pis on s’amuse (euphémisme en crisse) à matcher toutes les personnes qu’on connait par deux pis on se rend compte qu’on est le odd number t’sais. On essaie de boire beaucoup de café pour se pomper le courage, mais c’est une journée où nos yeux s’ouvriront peut-être même pas au complet avant 9-10 heures le soir. Ça arrive mon bébé, ça arrive, arrête de chigner, lève ton cul, va prendre une marche, on est des animaux, pas dans le sens «Je suis une tigresse ROAR», dans le sens lève ton cul va prendre une marche, je viens de le dire y’a rien à ajouter.

Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il est gentil, ton dude, sauf que faudrait qu’il arrête de penser que y’a juste lui qui ressent des petits bad trips récurrents quand il pense à l’avenir ou au passé, ou whatever, des petites palpitations même juste quand quelqu’un checke nos shoes trop longtemps. Ça arrive pis c’est correct, c’est juste qu’il faudrait qu’on recommence à avoir huit ans, mais sans cesse. Quand j’avais huit ans j’aimais un gars qui s’appelait Rémy, j’ai eu un toutou pour ma fête, j’y ai donné son nom, jamais jamais jamais jamais je me suis dit que j’étais malade mentale à cause de ça. Quand j’avais huit ans, j’aimais danser, je mettais de la musique et je dansais, jamais je me suis dit que quelqu’un pouvait me voir pis que ce serait bizarre. Quand j’avais huit ans je m’enfermais dans la chambre de mes parents pour me parler dans le miroir et je faisais semblant de m’interviewer moi-même à la télé au sujet ma récente découverte; le patatico (c’était une patate crue épluchée que j’avais dans les mains). Ma mère m’entendait, elle continuait de couper ses patates. Quand j’avais fini de manger ma patate crue, je retournais en demander un autre bout à ma mère, elle m’en donnait un autre, je retournais m’interviewer (ouin…). Quand j’étais contente, je sautais partout, quand j’étais triste, ben je pleurais, quand j’étais semi-triste, ma mère me disait va te coucher, t’es fatiguée, quand j’étais semi-heureuse, ben j’allais cogner chez mon ami pour dire des jokes avec lui pour être un peu mieux. Des fois on courait chacun notre tour sur le tapis roulant de son père, pis on se disait qu’on venait de perdre 300 calories à deux pis là on s’obstinait sur quisser qui avait couru le plus longtemps. Ça m’occupait, ça faisait du bien. Personne me donnait de boni-bonheur et j’en n’attendais pas.

C’EST QUAND QU’ON S’EST MIS À ATTENDRE DES BONI-BONHEURS ???????????????? Je le comprends ton dude, mais ça me fait chier de le comprendre. Quand je te parle dans ma tête, j’appelle ton dude le MOJITO, genre de drink à menthe sucrée qui se prend pour un autre pis qui est rempli d’eau à moitié. Ben non c’est niaiseux je l’haïs même pas pour vrai, j’aime full ça les mojitos, mais ça me SAOULE. Ok non j’arrête, je sais que tu l’aimes pour vrai, genre le vrai amour qu’on débattra pas ici parce que ça pendrait quatre ans, le temps qui faudrait pour que t’arrêtes de l’aimer pour vrai pis que s’installe le confort calme et sécuritaire, ayoye j’en reviens pas même quand j’essaie, j’arrête pas d’être méchante. Je le connais même pas Mosquito pis tant mieux si tu dis que y’est smatte, mais j’ai souvent envie d’y dire : «Hey dude ramasse tes crottes ensemble (traduction libre) pis laisse-le reste du monde tranquilos.» Mais ce serait super bizarre que je lui écrive parce que quand même faudrait pas que quelqu’un lui remette sous le nez qu’il est pas pire entrain de faire des affaires pas fines même si tu t’acharnes à me dire que c’est un gentil t’sais. Ok j’arrête.

Or; ce que je te conseille, c’est ceci :

Fais-toi imprimer une shit load de boni-bonheur qui pourraient ressembler au  croquis que je viens de te faire ci-bas. Lorsque Mojito fait quelque chose de gentil, donne-lui un boni-bonheur et prends-toi-en un que tu garderas dans ton journal intime ou peu importe. Quand il est méchant, prends-lui-en un, mais ne le garde pas, ça voudrait dire que lorsqu’il est méchant, tu accumules toi-même les boni-bonheur, ce qui n’est pas vrai. BRÛLE LES BONI-BONHEUR QUE TU LUI RETIRES EN CAS DE MÉCHANCETÉ. Ennnnsuiteeee, quand les boni-bonheur sont écoulés, vous verrez que vous avez tous les deux le même nombre de boni-bonheur et qu’ensemble, vous en avez vraiment vraiment beaucoup et que vous en auriez eu encore plus à deux s’il avait pas fallu que tu brûles ceux que tu as brûlés parce qu’il était méchant. Il va peut-être finir par comprendre.

Capture d’écran 2015-12-22 à 09.47.51

Ayoye c’est tellement bon, bouge pas je vais chez le notaire m’épouser.

Les affaires qu’on dit pas aux bébés.

Si je me croisais moi-même à 19 ans dans la rue genre tantôt, je pense que je me verrais même pas. Je me dirais même pas salut, aye c’est pas que je suis snob là, je saurais pas vraiment non plus que c’est moi à 19 ans, ça se peut même pas de se recroiser comme soi-même plus jeune en général dans la vie, faque ça sert à rien que j’imagine cette situation-là.

Ok, je recommence. Mettons la situation se peut, j’ai un souhait quand j’ai 19 ans à réaliser pis c’est de me rencontrer moi-même à 24 ans, là le génie capote y se peut pu, faut que y’appelle genre Robin et Stella pis qui leur bust leur cheval qui les aide à remonter dans le temps. Vue que Robin finalement c’est une fille, GIRL POWER, ça s’organise, j’ai mon voeu quand même poche de fille de 19 ans, me rencontrer à 24. Yash estik que j’étais romantique à 19 ans, le pire c’est que j’aurai pu, à 19 ans, dire à mes amis quelque chose comme : «Ouin! me recroiser à 24 ans, fucké hen! C’est ça que j’ai demandé. 25 ans c’est trop cliché, j’ai dit 24». En tout cas c’est ben sûr que tout le monde que je connais serait au courant, estik que j’avais une grande yeule à 19 ans. Bon enfin bref mettons que je m’invite à prendre un café, parce que c’est mon voeu, de prendre un café avec moi (j’en reviens pas encore que j’ai écrit ça).

Premièrement je pense que je me trouve trop stylish à 19 avec mes leggings en dessous de ma jupe, oui ça se peut. Faque là j’arrive à 24 vraiment plus stylish que jamais, je me fais dropper la gueule de 19 ans à terre parce que j’ai des skinny pis que dans ce temps-là c’est à peu près introuvable faque je capote d’en avoir enfin trouvé. Je me dis : «Le pire là-dedans, c’est que j’en ai plus qu’une paire, dans un an tu vas voir, tout le monde va en avoir, même ton ex qui écoute du métal». J’en reviens pas, j’ai aucun regret d’avoir choisi ce voeu-là. Tranquillement on se met à parler des vraies affaires, mais y’a des affaires que je peux juste pas me dire, je peux pas me dire «Va-t-en tout de suite, y’a une petite méchante qui va essayer de te faire de la grosse peine avec ses gros mensonges et tu vas être traumatisée de cette méchanceté gratuite-là, mais tu vas t’en sortir parce que tu as de bonnes amies. En revanche, t’sais elle là, ben elle va devenir ENCORE plus proche de toi, non je te le jure, oui je te le jure. Non t’as toujours pas de chum, ça aussi ça t’es traumatisée on dirait ma jeune, y’a rien qui va marcher pis sérieux lâche les gars parce que c’est tellement pas ça qui t’intéresse pour vrai dans la vie, mais non t’es pas lesbienne, tu le saurais, ben qu’est-ce que je veux dire, je veux dire que criss y’a pas rienk ça pis y’est temps que tu t’en rendes comptes, ben non inquiète-toi pas t’es pas une vieille frustrée t’es trouve encore cutes pis gentils pis attachants, ben non t’es pas une grosse saloppe qui couche avec n’importe qui, ben non il reviendra pas, ben non vous vous parlerez plus même si vous vous faites des promesses comme quoi qu’il faut pas que vous sortiez de la vie l’un de l’autre parce que vous êtes vraiment important l’un pour l’autre pis que tu l’as vraiment aimé, mais que ça a changé, mais c’est pas que tu le veux plus dans ta vie, ben non ça va bien tu penses jamais à lui, eee ouin l’autre par exemple c’est une autre affaire, mais je peux pas te dire c’est quoi l’affaire parce que sinon tu deviendras pas la moitié de ce que je suis rendue, pis ça m’intéresse pas de mettre de côté la moitié de moi-même. Non sérieux, je sais vraiment pas quand est-ce qu’on-tu-je va se mettre à rester en quelque part, j’imagine qu’on aime ça bouger. C’est cute, tu vas faire ton premier voyage cette année, s’il-te-plaît, va pas trop sur internet, come on, l’autre t’écrira pas plus parce que tu fais actualiser aux deux secondes. À part de ça, cours donc. T’aimes vraiment ça courir. Je te le jure, pas besoin d’être sportive pour te mettre des running shoes pis aller courir un peu dans la ville. Finalement je sais pas quoi te dire, sauf que regarde-toi, t’as presque la bague au doigt, après tout ça Vita ne désespère pas. Haha non ça c’est une blague, c’est une chanson qui va sortir dans à peu près 6 mois, est ben funny tes amis vont faire un faux vidéoclip là-dessus qui va avoir quand même gros des views sur youtube. Justin Bieber va devenir de plus en plus populaire, mais t’as jamais vraiment eu d’opinion sur lui, ça changera pas. Y’a des affaires qui changent, d’autres pas, je t’avertis tu vas toujours avoir de la difficulté à gérer l’enthousiasme des gens, mais je te le jure que tu vas le devenir de plus en plus toi-même. Pis ouin, juste te dire, c’est vrai qu’en vieillissant on se met à aimer pour vrai le changement des couleurs dans les arbres à l’automne, pis qu’on aime pour vrai être chez soi après une grosse journée. Juste te dire ma jeune que des vrais amis t’en as moins que tu penses, mais dans le sens qu’un moment donné tu te tannes de te pitcher partout. Pis arrête de dire jamais. Ahhhh estik que ça sert à rien de dire jamais. Tellement à rien de dire jamais. Pis de se projeter dans l’avenir, ça aussi estik que ça sert à rien. Arrange-toi juste pour toujours être entrain de faire quelque chose. Ce qui reste, c’est les choses que t’as faites. PAS :
«Faque là il m’a dit
Faque là je lui ai dit
Mais, à ce qui paraît»
ÇA. ÇA RESTE PAS. Aucune trace. Aucune aucune aucune trace dans mon présent d’un smiley par message texte.
Aye ouin, aussi, saches que maintenant, on voit quand la personne a lu le message sur Facebook, ouin je sais que c’est weird, moi too j’étais contre, mais on s’habitue. On s’habitue quand ON ÉCRIT PAS À UN GARS QU’ON L’AIME SUR MESSAGE FACEBOOK PIS QU’ON ATTEND PAS SA RÉPONSE QUI ARRIVERA JAMAIS. COMPRIS ???????????????????????????
Ouais des fois on déborde, ça nous magane pis notre entourage aussi, surtout moi à la longue faque fais attention s.t.p. On a eu notre première ride dans le front cet été, mais p-e qu’on l’aurait pas si on riait pas autant faque c’est chill avec moi.»
Je conclurais en disant : «T’sais, on est pas conne. On fait des affaires vraiment connes, mais on survie». Oh non, je peux pas dire ça, je me dirais que je survie pis que j’ai l’air de quand même ben feeler faque je penserais que je peux en faire plus. Ok, je dirais : «On a fait des affaires connes, on peut slaker». Ah ouash non, pas me faire la morale. Ok debord je me ferais juste comme une vraiment bonne joke genre parler en alexandrins tout le long, ouais! Me lever, pis partir dans la fumée!

Toi, ma chienne.

Je me dirais que je suis devenue une sorcière, je trouverais ça trop nice.