Ma Querelle

Ma querelle, c'est aussi la querelle de tout le monde (pas tout le monde sur la terre, j'sais ben, j'pas épaisse).

Catégorie : honnnnnnnnnnnn

Je m’ennuie avec Lui.

À matin Il m’a dit quelque chose que les gens me disent toujours Il a dit :
«T’es fatigante.»

😮

Hey! Moi too je me trouve fatigante sérieux, si tu veux qu’on s’échange nos têtes deux tsites menutes je suis pas contre en plus t’as full de cheveux, moi j’en ai deux trois sur le top pis deux de chaque bord qui me servent de favoris. Il a ri quand il l’a dit (le mot qui commence par fati pis qui finit par gante) je pense qu’il voulait dire ça pour rire, pas genre hahaha check toé maudzite fatigante, mais un peu quand même, genre hihihihi mausuce t’es nunuuuune.

Y’a personne qui m’a jamais dit qu’on pouvait toujours vouloir être avec quelqu’un juste parce que quand on est avec cette personne-là, on pense moins. Pas dans le sens qu’on devient handicapé mental, ben non ça ce serait con, juste moins penser à des affaires laides ou quand je me mets à penser trop vite et que ça m’étourdit, ben ça arrive jamais quand je suis avec lui et même si ça m’arrive je lui dis pis il rit (encore) je pense qu’on se trouve très drôles. On se fait nos propres blagues ensemble et si jamais on vient qu’à citer la blague de quelqu’un d’autre pour se faire rire, on dit toujours la source, mais la plupart du temps je m’en doute parce qu’il est pas si drôle, fak quand je ris en haut de 8 sur 10, je me pose des questions, mais j’ai MÊME PAS BESOIN DE LUI DIRE, il comprend les questions que je me pose, il me checke, pis il sait que j’attends ses sources, l’honnêteté intellectuelle c’est une valeur qu’on partage. On en partage plein d’autres, mais surtout que ce matin on a dit que notre babe s’appelerait Jean Airoldi parce qu’on va l’haïr autant que le vrai dude, sérieux y’a pas grand monde avec qui on peut faire ça des jokes d’haïr notre babe-erreur-accident. Pis moi tout le monde autour de moi parle de tomber en amour, de frissonner, de se laisser aller dans l’abandon charnel de la chaire éternelle amen, de vouloir se pendre par amour, de s’arracher le poil des bras par amour, de crier au restaurant que la personne qui nous accompagne c’est la personne la plus merveilleuse au monde et on pleure tous les matins de non seulement se réveiller à ses côtés, mais que cette personne daigne nous accompagner au cinéma.

Au restaurant déjeuner quand j’étais plus jeune j’avais un chum pis on se cachait avec des menus pour déjeuner, on se créait notre intimité, je trouvais ça tellement cute je voulais que tout le monde nous regarde, toujours, mais en même temps on s’est dit je t’aime trop vite fak on se l’ai dit juste pendant comme 4 mois, ça vaut quoi ça vaut rien. Moi quand je dis que j’aime ça pas penser avec Lui, ben ça fait longtemps que je le sais qu’il a cet effet là sur moi, mais les gens autour de moi parlent de se faire tatouer le Grand Frisson tout le long de l’épine dorsale, parlent de s’écrire des chansons sans utiliser le mot cœur parce que c’est quétaine, mais quand même s’écrire des chansons qui parlent de l’un de l’autre, les gens parlent de fiançailles, de maison, de coeur brisé.
Moi, j’ai rien de ça.
Je me sens vide vide vide vide quand je suis avec Lui j’aime full ça ça fait vraiment changement, enfin se vider la tête pis jouir. Aussi quand on dort il ronfle même pas, je sais même pas quand il dort de quand il dort pas parce qui se met pas à respirer comme un perdu un coup endormi, j’adore ça, c’est con à dire, mais j’adore ça pas l’entendre, il m’aide à penser à rien. Des fois il jase un peu quand il dort, mais le lendemain je lui raconte ses monologues semi-skyzo de la nuit d’avant pis on rit (encore).

On m’avait pas avertie que ça pouvait être aussi ÇA, fak j’y crois pas vraiment que ça peut être ÇA. Ma mère appelle encore mon père MON BEAU ****. C’est-à-dire qu’elle met encore un beau qualificatif devant son prénom quand elle s’adresse à lui et quand y’est pas là, elle en parle comme d’un trésor. Moi je parle jamais de lui comme d’un TRÉSOR?! J’aime mieux dire qu’il est mon chien-chien. Je le flatte pis je l’embrasse, personne m’avait dit que ça pouvait être JUSTE
ÇA ?!
Dans les films, les filles s’en vont de ÇA pour aller avec John Travolta j’sais tu quelque chose d’autre en tout cas que ÇA, elles s’ennuient avec ÇA. Hey moi je m’ennuie en maudit mais ça fait tellement du biennnnnn, ça délit un peu les noeuds dans l’estomac pis lui là il donnerait sa vie estik pour s’endormir avec mes boobies dans ses mains (ouin des fois j’exage), en tout cas j’ai l’impression que j’ai juste ça à faire pis il dort bien, pis moi aussi je m’endors mieux j’ai rien à penser à part de lui dire : «Ok tu peux tenir les boobies, mais bouge pas trop, c’est pas une épaule, j’ai des sensations.»Pis là le lendemain je me réveille pis il est encore là et je suis pas déçue oh non, même que quand il se lève j’ai un peu un haut-le-cœur je voudrais qu’il se lève jamais je voudrais jamais qu’on ait aucune responsabilité, je voudrais qu’il y ait toujours une doudou qui nous relie, je voudrais qu’on soit toujours en-dessous du même drap, idéalement il ferait toujours environ 15 degrés dehors et y’aurait tout le temps ce petit courant d’air qui ferait qu’on aurait toujours un peu froid et il serait obligé de jamais se désabriller et là peut-être qu’on irait acheter des œufs, mais on garderait la doudou sur nous entre nous autour de nous qui nous relierait toujours bref.

C’est pas mon trésor, je le trouve niaiseux et sans-dessein et très innocent et très cave et stupido, mais aussi surtout olé-olé-Alehandro, cuty pie, sexy pie, tris tris tris zintelligent et funny (mais funny moins que moi, moi je suis genre 9/10). Je sais, c’est bizarre, mais pas autant que Lui mettons qui se ferait raser, ça ce serait bizarre pour vrai, mais on rirait je pense (encore).

Je m'ennuie avec lui

Tiens prends moi ok aller, fais-le, mais bouge pas trop j’ai des sensations au complet dans le coeur-corps quand t’es là, mais pas des sensations fortes, juste je me sens molle et dure en même temps.

Photo : Christian Quezada

Ma soeur artiste.

Salut ma sœur, je t’écris ce matin parce que je veux pas que tu crois que j’ai pas entendu ton appel à l’aide cette fin de semaine. C’est difficile pour moi d’être la grande sœur de mon idole. Cette nuit j’ai rêvé que je passais des entrevues pour être chef dans un restaurant, mais ça a pas rapport. J’ai aussi rêvé que je jouais dans une pièce genre de salle comme La Licorne je pense, bref en plein milieu tu me demandais d’«arrêter de vivre ma vie comme si on était dans une pièce de théâtre». Je m’excuse de t’avoir dit ça trop souvent quand on était petites. Shit, c’est pas ma faute, pendant que les autres enfants écoutaient des bonhommes la fin de semaine, toi t’écoutais des téléromans que pa pis man t’avaient enregistrés. Tu poussais la cassette avec ton gros orteil, pis tu faisais avancer les bouts moins bons, genre quand tu comprenais pas la blague (normal quand on se tappe le Bye bye 1995 à 8 ans), pis j’tavais pognée à faire rewind pour revoir quand les comédiens s’embrassaient.

Je sais pas encore par où commencer. J’ai pas de ligne directrice, mais tu le sais déjà. Maman disait qu’il n’y a qu’une de nous deux pour se retrouver dans le bordel de l’autre. Je te fais confiance.

C’est parfois très difficile de savoir comment te prendre parce que les rares fois où tu laisses entrevoir ta vulnérabilité, tu sembles rapidement le regretter et tu voudrais que tout soit oublié, à partir du moment où tu l’as dit. Tu fais comme si tu changeais d’idée sur tes émotions. Primo, c’est impossible pis deuzio faut pas faire ça (note ici l’utilisation de primo et deuxio, les mots de l’heure ma chouette, les modes reviennent aux dix ans).  Tka, moi je sais que c’est parce que tu ne veux pas qu’on s’inquiète pour toi. Encore plus, mettons. Je veux que tu saches qu’on est habitués à tes montagnes russes, on le sait quand il faut qu’on plonge avec toi et quand faut juste te regarder tourner en rond les bras dans les airs parce que tu t’emballes les cheveux gras un samedi matin parce que t’as trop bu de café. Pis c’est CORRECT. Je voudrais mourir plutôt que de ne plus jamais pouvoir assister à ces moments-là.

(T’auras remarqué que là j’essaie tout pour te rassurer, je suis même rendue à citer une auteure qui moi, m’avait fait beaucoup de bien à l’époque où j’aurais crissé ma vie là, pour aller voir ailleurs si j’y étais, 10 points pour l’effort, come on! je t’aime.)

«Éprouver ce sentiment que les autres sont toujours plus naturels que nous, qu’ils n’ont pas à travailler pour être eux-mêmes, comme s’il était toujours plus facile pour l’autre d’être lui-même que pour soi.»

Y’a rien d’évident dans le fait de savoir ce qu’on fait, où on va. À travers mes deux baccs en lettres qui me servent à rien jusqu’à présent, j’ai saisi deux notions au passage.

Primo (non je me tannerai pas de l’utiliser) : savoir que tout le monde est dans le même bateau aide pas pentoute à ce qu’on se sente bien et DEUXIO : s’enlever de la pression par rapport à l’avenir, c’est impossible. Même si tout le monde te dit : ben voyons ! T’AS JUSTE 24 ANS.  (Moi, je te l’accorde, t’es vieille, ou du moins t’as vieilli.  Je l’ai remarqué à Noël passé, t’as pas parlé de ton ex, j’ai vu ta volonté, je l’ai saluée mentalement, chapeau.) Ça doit être fatiguant être la soeur qui fait des blagues parce qu’elle fait du théâtre, je te l’accorde 100%.

C’est certainement pas le fait que pa pis man t’aime tellement qui fait chier, c’est le fait qu’ils t’aiment «peu importe quoi» qui doit rester dans le travers de la gorge. Désolée si j’ai pas fait rebondir cette phrase plus longtemps dans notre conversation de l’autre jour, c’est que je la comprends tellement, que je ne pouvais pas la commenter. Je peux toujours pas, mais juste te dire qu’ils t’aiment pas «peu importe quoi», genre OD, c’est nowé.

UNE AFFAIRE QUE J’AI APPRISE À L’UNIVERSITÉ : 
Ils réussissent à te faire croire que pour arriver à la reconnaissance, il faut passer par les institutions. FAUX. Tout ne doit pas être cadré, être beau, présentable, encore moins en art. Des fois, c’est plate tout le long. Des fois juste 15 minutes. C’est pour ça qu’il faut que tu continues de créer, pour faire des soirée pas plates.

Si ça se trouve, vivre de son art, c’est impossible. L’important, tant qu’à moi, c’est d’en faire. C’est nouveau la prétention qu’il faut faire que ça et perso, j’y crois de moins en moins. Je n’essaie pas de te dire que je ne crois pas en toi de manière détournée. Tout le contraire. Mais justement je CROIS en toi et ça veut dire peu importe où, peu importe comment. Ça veut dire que je crois en toi au complet. Tu as choisi un chemin qui n’est pas tout tracé, ça comporte son lot d’insécurités, mais d’injustices surtout. Là où tu dois faire attention, c’est que tu penses que tu fais partie de ceux qui doivent se remettre en question. Doucement, ma belle sœur. Bien sûr que oui tu dois te remettre en question. À chaque jour, même. Mais pas ton ESSENCE, sacrament, tes actions.

Tu n’es jamais heureuse plus d’une soirée, je le sais. Et même si tu crois que je suis en désaccord avec ça, perso, je trouve que c’est tant mieux, parce qu’au moins, t’as pas la prétention d’arriver en quelque part et de t’écraser dans ce qu’il y a de fait. L’enracinement, c’est ton pire ennemi. Tu te plains de ton inconfort perpétuel, mais tu te pitches dedans dès qu’il passe. Tu veux une job, mais plutôt mourir que d’avoir un quotidien. Tu haïs nos parents d’être prévisibles et eux, c’est toi qu’ils trouvent prévisible. C’est niaiseux que tu t’en fasses autant, mais c’est aussi vraiment beau. C’est normal que tu sois jamais bien, t’aimes rien au complet. Ceux qui aiment au complet connaissent rien au complet, je pense.
Je sais surtout que toi, tu ne tombes pas, tu rebondis.

Si ça ne marche pas dans les écoles de théâtre pour toi l’an prochain, c’est pas parce qu’il y a quelque chose de mieux ailleurs qui t’attend, désolée. Rien ne t’attend. Et ça, nulle part. T’es un gros bébé, qui va continuer de se former toute la vie. Pour les autres, tout se passait avant six ans, toi, tu recommences ta vie aux six mois. C’est dull hen, mais j’aime mieux ça qu’autre chose. Accepte être une artiste. Une vraie. Fais-toi un petit pack sac, pis pars avec ce que t’es, le reste va suivre. Il faut juste que tu aies toujours l’impression d’être là où tu dois être, sinon, pars.

SL372152

 
TOUT arrive pour rien, mais toi, tu pars de rien pis t’arrives à quelque chose.

Repeat.

Fallait pas faire de bruits sinon y’allaient savoir qu’on tait là
T’as roté mon gin, j’ai giné ton rot, pardon
Chute, chute, écoute-moi, chute flou
Mais j’ai faim cent bon sang de steak
Cuis-moi quelque chose, j’ai soif t’encore
Chute, chute, écoute-moi, chute weon
J’ai mis des pantoufles su mes pas, je sais plus trop quoi tu veux
Donne-moi deux minutes, que je me souvienne ton non
À moins que tu m’avais dit oui
C’est ça, c’t’au bout du couloir
J’attendais ta main qu’est pas venue dans mienne
Chute, chute, écoute-moi, chute plouque
Je me te le répèterai pas, cent fois deux font deux sans toi
Enfin t’es là, je t’emmène partout avec moi nulle part
Aller, la menotte dans la menotte, minoute moumoute

 Mourrais-tu déjà oublié

 mourrais-tu déjà oublié ?