Ma Querelle

Ma querelle, c'est aussi la querelle de tout le monde (pas tout le monde sur la terre, j'sais ben, j'pas épaisse).

Catégorie : Tremolo

Ma petite tiède.

Ton bras sur mon chest tantôt, je l’ai regardé longtemps. Je l’ai regardé longtemps ton bras sur mon chest parce que tout ce que je voyais, c’était ce petit bras mou, sur mon chest. Je voyais rien d’autre que ton bras sur mon chest et je sentais rien d’autre qu’un petit bras mou tiède sur mon chest. Y’avait rien qui reliait ce petit bras mou tiède sur mon chest à quelque chose de plus grand. Ton bras faisait aucun effet dans mon chest, ça aurait pu être un 2 par 4 qui soit déposé là, sur mon chest, j’aurais senti aucune différence.

Tout en toi est tiède pour moi, mais pas tiède semi chaud, je dirais tiède semi froid. Ta présence est tiède, t’es molle, tu m’embrasses raide, tu fais des ronds avec ta langue, mais genre juste des ronds tout le temps et je les trouve bizarres celles qui embrassent comme ça, toi incluse évidemment. Tu penses que je te trouve cute, quand tu vas aux toilettes tu fais des petits pas que tu penses que je trouve cutes, tu changes ta voix pour me parler, tu mets de la crème pis du sucre dans ton café, ayoye prends-toi un vanille française tant qu’à y être, pitié, t’es pas obligée d’en boire du café.

Tu me racontes des histoires de ton enfance, tu me racontes ton voyage en France en 2005 avec ton école de danse, tu me racontes quand t’es stressée, tu me racontes ta mère pis ton père pis ta sœur, tu me racontes ton voisin qui écoute Hotel California 21 fois par jour, j’ai même pas besoin de parler, limite d’écouter, on est assis sur ton divan, tu me parles de ta journée à l’école, j’aime ça, je fixe ton pied sur ma cuisse et je peux me dire tranquille dans ma tête que ton pied sur ma cuisse ça pourrait être une galette de riz je serais sûrement plus content parce que j’aime les galettes de riz.

Ton appart est quand même laid, pas dans le sens crade, ce serait déjà plus intéressant, je veux dire quand même laid y’est bien rangé et ton lit est au milieu de ta chambre sur une base de lit quand même laide que t’as dû acheter chez Ikea à Boucherville avec tes parents qui voulaient bien t’installer dans ton premier appart, tes tasses fittent avec tes assiettes pis t’es colocs gloussent quand j’arrive, sont laids d’être énervés que je vienne faire l’amour avec toi, ils savent sûrement beaucoup d’affaires sur moi, des infos disponibles sur mon compte Facebook, pas des infos que je t’ai données de vive voix, j’aime pas tant ça te parler, ta bouche est laide quand tu souries parce que je te dis quelque chose de personnel.

Là c’est le matin et tu commences à bouger parce que tu te réveilles tranquillement, j’attends que tu te réveilles pour te donner un bec sur le front pas sur la bouche, après tu vas me poser des questions en t’étirant, je vais te répondre que je n’ai pas faim, tu vas te retourner de l’autre côté encore à moitié endormie, je vais profiter un peu de la douceur de ton dos entre tes deux omoplates, sauf qu’il n’y a rien de spécial là-dedans, toutes les filles sont douces entre les deux omoplates, t’aimes ça quand je mets ma face là, c’est pour ça que dès que tu te réveilles tu te retournes pour me laisser mettre ma face là, je t’en suis reconnaissant.

Après avoir mis ma face entre tes omoplates, je vais m’en aller chez nous gosser dans mes affaires sans toi, c’est samedi, mais je te dis que je suis occupé quand même. Je vais te laisser me rappeler, parce que c’est l’hiver qui s’en vient et j’aime mieux être avec quelqu’un de tiède comme toi que tout seul pendant l’hiver, si tu joues l’indépendante, je vais te rappeler, ça me dérange pas, je suis pas stressé, c’est l’hiver et tu es tiède, c’est tout ce que je sais, aussi ton coloc fait de la photo, j’aime ça en parler avec lui ça m’aide à pas trop me concentrer sur toute la crème que tu crisses dans ton café sucré.

 Ma petite tiède

Je pense que je t’aime pas, mais tu vas trouver ça grave si je t’en parle, alors je t’en parle pas.

Photo : Christian Quezada

Plus grande que moi sur les épaules de mon père.

Aujourd’hui je suis triss-pour-vrai, peut-être que demain je serai triss-pour-autre-chose, mais étant donné qu’aujourd’hui j’suis triss-pour-vrai, c’est certain qu’en ce moment je crois pas que ça va passer.

La différence avec d’habitude c’est que d’habitude je peux aller jouer avec mes bébelles électroniques dans mon lit un peu pis pas penser en écoutant de la musique ou des niaiseries, je ris ou je ris pas pendant un certain temps et là ça finit par passer parce que je veux arrêter d’être triss dès que l’occasion se présente, je veux pas être triss-pour-vrai, ça fait trop mal.

MAIS AUJOURD’HUI. J’ai froid, je veux pas faire de bruit parce que tout le monde dort autour de moi ou vit en quelque part où je suis pas, je sortirai pas d’ici certain et je veux pas réveiller ceux qui sont proches parce qu’estik que j’ai pas envie d’les entendre, je peux pas aller prendre une marche parce que je viens de le dire j’ai froid coudonc je me répète mais je le pense encore fak ça compte, j’ai faim, mais sérieux pas tant que ça, c’est sûr que je mangerai pas, je dis j’ai faim un peu comme on dit «salut ça va» quand on croise quelqu’un. J’ai soif de j’sais-pas-quoi, pas soif genre «je boirais une piiiscciiiinne môôôôôôman» non j’ai soif dans le sens que y’a rien qui va me plaire, comme un lendemain de veille d’après j’sais pas mettons 4 jours consécutifs de brosses-bières + 34 clops par soir, kin toé. Ça m’est jamais vraiment arrivé, mais ma soif ressemble à celle-là, bonne chance pour trouver de quoi qui va m’plaire.

Là, étant donné qu’aujourd’hui ben j’suis triss-pour-vrai toute la journée je vais être un peu déçue de chaque petit sourire que je vais faire parce que dans ma tête, ben je suis triss pis c’est ça l’important, moi aussi j’ai le droit d’être triss, c’est important de vivre sa trisstess. Quand les autres sont triss je suis là pour eux je jongle un peu avec leurs situations, je vais les regarder faire des devoirs, je vais être la présence qu’ils ont pas, je vais être leur doudou pendant quelques heures, je vais fumer avec eux, même si je fume même pu, ben là fuck RIGHT HERE RIGHT NOW, MY TURN qu’ils me le prouvent que j’ai pas recommencé à fumer pour eux pour rien. Aujourd’hui j’suis CléopâtreslashCésar et je veux qu’on me nourrisse aux raisins dans une grappe en haut de ma bouche sans que je bouge, ou presque pas, à peine pour pas me faire des plaies de lit, juste bouger un peu pour me tourner de bord dans mon grand lit pour m’étirer un peu comme si j’étais un gros chat sinon pas bouger du tout merci parce que criss j’suis triss pis me semble ça m’arrive pas souvent. Please y’a tu quelqu’un qui va bien vouloir m’aider à être triss au complet genre pas me faire une joke pour détendre mon atmosphère de trisstess non j’ai besoin d’un coup de poing dans’ face pour que ça paraisse que je suis triss-pour-vrai pis que c’est pas un fake-triste ni un prétexte-triss, je suis triss au complet, je veux l’être toute la journée, c’est mon tour, j’ai le droit.  Oui un coup de poing s’il-vous-plaît, je veux tomber en pleine face à terre fort et que quelqu’un me prenne dans ses bras et que j’ai rien d’autre à faire que de chigner vraiment fort pendant qu’il m’essuie la face pleine de sang de ma trisstess qui me coule au grand jour sur le visage. Les passants s’arrêteraient pour se dire dans leurs têtes «ah cette personne a le regard tellement triste, c’est poignant» et j’entendrais leurs pensées parce que je suis CléopâtreslashCésar et je leur répondrais «ce sang-là dans ma face, c’est même pas la pointe de ma trisstess, ma trisstess descend tellement profond dans mon ventre qu’elle mange mon foie messieurs dames, elle se rebelle même contre mes reins, j’suis rendue jaune (pas-serein), mais je le sens pas je te le jure, parce que comment changer le mal de place quand on a mal au cœur-corps au complet?»

Plus grande que moi sur les épaules de mon père.

Aujourd’hui je suis triss-pour-vrai, messieurs dames, tenez-le vous pour dit, votez pour ma trisstess, elle est vraie, elle est grande, plus grande que moi-même, plus grande que moi-même sur les épaules de mon père, plus grande qu’une girafe au zoo. Croyez-la, aidez-moi à l’entretenir, elle a des chances de se hisser aux sommets, je vous le dit, si je pouvais la dessiner personne en reviendrait, elle est plus grosse que ta liste de contacts, plus hideuse que le monde qui font du bullying, plus sneaky qu’un rhume en juillet, plus ordinaire que ça, tu meurs.

Photo : Christian Quezada

J’aime les croquants au miel.

 

Pour relire J’aime les bagels. :
https://ma-querelle.net/2013/10/29/jaime-les-bagels/

Salut mon amour, aujourd’hui, je te parle dans ma tête pour la première fois depuis très longtemps, un peu comme je faisais quand on était ensemble avant d’aller te rejoindre quand je pensais à quelque chose de drôle et que je me disais ah faut trop que lui conte ça! ah faut pas que j’oublie de lui dire ça, pis je marchais plus vite pour pas perdre mon idée ou des fois même je l’écrivais dans mon cell, dans mon bloc-note, je te jure, je te l’ai jamais dit et c’est une des seules choses que je ne t’ai jamais dites, mais je te le jure, c’est vrai. Sauf que là, je m’en vais pas te rejoindre, je m’en vais rejoindre Anna, celle qui te remplace dans mon lit pis à la table de la cuisine quand je mange mes croquants au miel le matin avec mon café. Anna mange mes céréales, je les partage avec elle, aussi, elle te remplace dans mes dessins des fois, même si je pense que les faces que je dessine sur son corps sont souvent un mélange de la tienne pis de la sienne, je sais pas trop, c’est bizarre elle me dit toujours qu’elle ne se reconnaît pas dans mes dessins, moi je sais que c’est elle pourtant, c’est peut-être comme quand on rêve. Fais-tu encore des cauchemars ? Je suis désolé de ne plus être là pour te jaser la nuit quand tu en fais, dans un sens je dis ça, mais je te rassurais plus par habitude que par véritable envie. Bref c’est pour ça que je te parle dans ma tête aujourd’hui et pas par écrit, parce que je pense que j’ai envie d’être un peu méchant avec toi, mais ça a pas rapport, je te jure t’as rien fait.

Je te parle aujourd’hui avec une voix qui est comme mes dessins, un heureux mélange de ce que je connais, dans ce cas-ci, c’est un mélange de ta voix fatigante et de la mienne. Sérieux jusqu’à tout récemment,  toi et moi, c’est réellement tout ce que je connaissais, c’est pas normal mon amour, même si j’aimais ça nous connaître autant. Chaque fois que je pense à toi, je me punis avec une pensée pour Anna. Elle est pas meilleure que toi, c’est juste différent, elle me connaît, mais différemment, j’ai le choix de lui mentir ou pas, elle sait pas encore tous mes tics, elle m’associe à certaines choses dans son quotidien auxquelles toi tu m’associais jamais et je sais pas si c’est mieux, comme je te dis, mais c’est différent et ça fait tellement de bien. L’autre jour, ma mère a vu ta mère à l’épicerie et elles ont parlé, je me demande combien de temps ça prendra pour que ma mère et celle d’Anna se rencontrent, je suis pas pressé, c’est pas de leurs affaires ce qui se passe entre Anna et moi, ça m’a dérangé que nos mères se parlent à l’épicerie, mais je sais pas pourquoi. Avec Anna des fois elle me dit : «Laisse faire ça, je vais le faire, c’est moi la fille.» Je sais que ça t’écoeure parce qu’ensemble on riait des tâches genrées, mais des fois ça me fait du bien qu’elle soit complètement inconnue à ce qu’on se disait, un moment donné, je lui dirai peut-être que ça m’écoeure quand elle dit ça, mais je veux pas lui faire de peine, peut-être que je lui dirai jamais. C’est ça, je pense, l’affaire avec Anna, c’est que j’ai peur de la casser, je la trouve fragile, toi et moi on aurait pu se faire la violence conjugale avec les yeux tous les jours de notre vie dans les derniers temps, tu fais partie de moi et je fais partie de toi et cette partie-là de moi elle est toujours là, mais dès que j’y pense j’essaie d’avoir une pensée pour Anna, je te dis elle est comme un bibelot, je sais que ça sert à rien d’être avec quelqu’un de cassable, mais elle au moins, pour le moment, elle m’aime au complet et je peux lui mentir.  Ouash je t’imagine avec un petit sourire en ce moment, tu te dis : «Il lui ment, moi il me mentait pas». C’est trop pas ça que j’ai dit, tu vois ça m’écoeure de penser à toi dans moi autant. J’ai le choix de lui mentir et je choisis de pas le faire, toi, tu avais tellement raison que le feeling était comme un millier d’épingles qui me rentreraient dans le coccyx en même temps pis que quelqu’un pèserait vraiment fort pour que je les sente du mieux possible pis mettons d’autre monde me tiendrait les bras et les jambes pendant ce temps-là. C’est exactement cet effet-là que t’avais sur moi quand t’avais raison. Quand Anna a raison, je suis fier d’elle. Je suis fier d’être à ses côtés, je la félicite.

Quand on fait l’amour, oui j’en suis rendu là, une chance que tu m’entends pas, mon amour, une chance que j’ai mes écouteurs, une chance que t’entends pas notre voix dans ma tête. Quand on fait l’amour, Anna et moi, au début j’avais l’impression que je jouais un genre de personnage, j’exagère, je veux pas dire personnage, surtout que j’imagine ta face si t’avais entendu que j’ai dit le mot personnage t’aurais  été tellement fière de te dire qu’avec toi j’en jouais pas, ferme-la, Ah fuck les épingles reviennent. Quand je fais l’amour avec Anna, je fais plein de choses que j’aurais pu faire avec toi, mais que je faisais pas parce qu’on avait une certaine manière de faire l’amour et que ça aurait été bizarre de faire l’amour comme ça avec toi, pas que j’aimais pas faire l’amour avec toi, au contraire, c’est encore à ça que je pense quand je suis tout seul, sauf que faire l’amour avec Anna c’est une des meilleurs choses qui me soient arrivées pour mon estime de moi-même. Elle me regarde d’une façon dont tu m’as jamais regardé, elle me trouve tellement beau et pas parce qu’elle trouve que je suis devenu beau depuis que j’ai enlevé mes broches en secondaire 4, elle me trouve homme et sexy et fort et rough and tough et tout le kit qui va avec le fait qu’elle en a jamais assez de moi, je sais ça fait juste 3 mois, mais c’est ça que je te dis quand je te parle de mon estime. ELLE ME TROUVE FANTASTIQUE, SAIS-TU COMBIEN DE TEMPS ÇA FAISAIT QUE J’AVAIS PAS EU L’IMPRESSION D’ÊTRE FANTASTIQUE, MON AMOUR? Oui tu me disais merci quand je faisais la vaisselle, oui tu me disais merci quand je te faisais jouir, oui tu me disais merci quand je changeais le sac de poubelle ou quand je t’installais vraiment confo dans le lit avant de m’installer moi-même quand on écoutait un film, mais tu me trouvais pas fantastique, mon amour. Avoue-le.

Je suis allé souper chez Fred l’autre fois avec Anna, Myriam était là et ça paraissait qu’elle était mal à l’aise, mais c’est juste parce que je la connais que je le sais, t’inquiète pas, elle m’a rien dit, je sais que t’es encore très proche d’eux, ça me dérange pas, elle m’a raconté comment t’étais saoule la semaine d’avant, je te trouve encore vraiment drôle, ça a dérangé Anna, mais je m’en foutais, c’était la première fois que j’avais l’impression que t’étais si près depuis les trois derniers mois. Myriam m’a parlé de toi, mais c’est pas parce que j’ai pris de tes nouvelles, c’est important que je te le dise, parce que des fois j’imagine qu’on revient ensemble genre dans cinq ans, mais je peux pas te le dire, parce que j’ai pas vraiment envie de retourner chez nous. Je trouve ça laid chez nous dans mes souvenirs, en même temps que je suis vraiment triste que ce soit d’autres personnes qui habitent là parce que ça veut dire que je peux jamais revenir, mais pour de bon, parce que notre maison est morte, je me demande si les nouveaux nourrissent Belzébuth, je devrais aller leur porter de la bouffe pour qu’ils n’arrêtent pas de le nourrir, mais je le ferai pas, je veux pas voir leur salon. Je sais aussi qu’Anna, c’est pas la bonne et qu’elle sera pas la dernière, je sais aussi que je veux encore appeler mon enfant Louis, mais si je l’appelle Louis avec Anna c’est weird parce qu’elle est pas toi.

000006420008 - copie

J’ai eu une entrevue pour une nouvelle job et je me suis coiffé tout seul, mais j’étais cute pareil, j’ai eu l’emploi. T’aurais été fière de moi. Je m’arrange toujours pour que tu sois fière de moi, même si tu me trouveras jamais fantastique.

Photo : Christian Quezada

J’aime les bagels.

Salut mon amour, je voulais te dire (inquiète-toi pas je te le dirai pas, j’ai compris qu’on doit pu se parler, alors je t’écris, ça coûte rien pis tu verras jamais ça) que ce matin, t’as pas été la première chose à laquelle j’ai pensé. C’est difficile parce que ça me rend tellement triste de ne plus penser à toi, je te sens partir et je devrais être contente de relever la tête, mais je sais pas si j’aime pas mieux au fond quand je garde la tête baissée en direction de ma poitrine parce que c’est là qu’on est nous deux encore ensemble, juste là, dans ma poitrine, ensemble.

Alors je t’avouerai que t’as été la deuxième chose à laquelle j’ai pensé pour me déculpabiliser d’avoir pendant une fraction de seconde imaginé que c’était fini pour de bon. Deuxième, ouais, mais crime ça fait du bien, deuxième c’est déjà pu la première. Quand t’es parti, des fois je mangeais un bagel le matin pis je le finissais pas parce que je sais que t’aimes pas les bagels pis je me disais que ben si tu débarquais pour me dire salut on pourrait pas le partager, fak je me levais, pis je mangeais des céréales pour me bourrer parce que c’était ta sorte pis je l’ai achetée vraiment longtemps encore après que tu sois parti d’un coup que tu revenais à la maison et que tu voyais qu’il y en avait encore et que tu te sentais cute et que tu serais content de ça pis je te regarderais avec des yeux de : «je t’ai jamais oublié», pis tu le saurais parce que j’achète encore des croquants au miel, même si j’aime mieux les bagels. C’est con estik que c’est con, mais j’aime mieux me finir aux céréales que de mettons compter mes calories, dans le genre obsession y’en a des meilleures que d’autres. C’est sûr que pendant un temps ça a été très rassurant pour moi d’écouter juste ta musique sur mon Ipod d’un coup qu’on se croiserait dans la rue pis que tu prendrais un de mes écouteurs pour voir ce que j’écoute t’sais, personne fait jamais ça, mais au moins quand je pensais à cette situation-là en marchant dans la rue j’étais un bon 15 minutes à juste nous imaginer nous croiser, ça m’occupait l’esprit. C’est sûr que ça m’a fait du bien de changer de maison, pu être dans le salon qu’on s’est frenchés pis pu être dans la chambre où je t’ai coiffé avant mettons une entrevue pour une job ou une autre fois je pense qu’on faisait juste recevoir des amis chez nous mais t’avais envie de te sentir cute fak je t’avais coiffé, pis c’était cool c’est le genre d’affaires qu’on faisait ensemble, mais aujourd’hui je me dis que je pourrais le faire avec n’importe qui d’autre, mais non je m’excuse je le pense pas.

C’est difficile de te sentir partir de moi, mon amour. C’est juste tellement difficile de me dire que ta mère me fera pu à manger, jamais jamais, pis t’sais ton frère aussi je l’aimais beaucoup, mais lui aussi c’est un deuil, tu pars avec une partie de ma vie, mais c’est pas ton frère le problème, je m’excuse. Ma mère a vu ta mère à l’épicerie l’autre fois et ta mère a dit à ma mère que t’avais trouvé ça dur, ma mère m’a dit que ça avait l’air d’un concours entre les deux pour savoir lequel de leur enfant avait le plus souffert parce que les deux trouvent qu’on a souffert pas mal chacun de notre bord, estik que c’est dur de pas t’appeler quand je sais que tu as souffert de ton bord pis moi du mien. Ta mère a dit à ma mère qu’elle avait vu mes photos Facebook pis que j’avais perdu du poids, ma mère a répondu que c’était parce que maintenant j’habite toute seule, pis que j’ai moins d’appétit, moi je sais que c’est parce que ta mère beurre ses croutons en crime, même si sont dans une salade, ça fait la différence. On s’en fout dans le fond c’est tellement pas ta mère le problème.

T’sais des fois je me disais qu’on allait revenir ensemble là. Classique. Genre élaborer des plans pour te recroiser par «hasard» pis faire semblant d’être encore plus tipsy que je le suis pis comme dire : «Come on, juste ce soir». La vérité, c’est que tipsy ou pas ça reste pareil, je me réveille le matin pis je me recroqueville sur un bord de lit abandonné. C’est pas le matin le problème, je m’excuse. La seule raison pourquoi je te garde sur mon Facebook, c’est que tout ton maudit profil est public fak je me dis que tant qu’à voir le tien j’aime aussi ben que tu vois le mien. Pas évident laisser quelqu’un en ce moment. Merci de pas trop mettre du monde que je connais pas sur tes photos Instagram, je sais pas si tu fais exprès, mais ça m’aide pour le moment.

Tranquillement, le monde nous associe pu un à l’autre et ça fait tellement mal, j’aimais ça qu’on me demande où t’étais, quand est-ce que t’arrivais, tes plans pour la fin de semaine. J’aimais ça répondre sur ton cell pis que le monde trouve ça normal que ce soit moi qui réponde, j’aimais ça avoir le choix d’aller te rejoindre dans la douche ou pas. En fin de semaine, je suis allée chez nos amis pis t’étais pas là. Je me disais que tu allais sûrement arriver plus tard, mais t’es pas arrivé. Longue soirée à checker la porte s’ouvrir pis se fermer sur du monde que je m’en criss pendant que mon amour est ailleurs à faire j’sais pas quoi avec j’sais pas qui. La seule affaire qui m’a rassurée, c’est quand une fille nowhere m’a demandé où t’étais, ça a aidé ma soirée. Réalises-tu? Apprendre à quelqu’un qu’on est plus ensemble a fait que j’ai mieux dormi. J’ai chigné à l’intérieur, chigné en crime, Myriam m’a pris la main parce qu’elle comprenait, mais je veux pas qu’elle comprenne. Les gens qui comprennent me disent que ça va passer, yo je suis pas intéressée.

J’ai hâte de pu imaginer nos conversations dans ma tête.

J’ai hâte de redécouvrir ce que moi j’aime, parce qu’en ce moment j’en ai aucune estik d’idée pis ça m’aide pas pentoute. Duh y’a des affaires évidentes là, genre «j’aime la musique» mais mettons  juste que de cuisiner pour toi ça m’empêchait de me demander ce que moi j’avais envie de manger. Je me retrouve dans un estik de néant de possibilités de bouffe, on s’en fout c’est pas la bouffe le problème, pourquoi je parle toujours de bouffe, je change de sujet, je veux pas être méchante, je suis désolée si on se recroise et que je le deviens, je sais que tu es bien avec elle et qu’elle a l’air gentille, je t’attends encore, même si j’aurais aimé être la première à me trouver quelqu’un d’autre, c’est égoïste, je te souhaite pas tellement d’être heureux avec elle. J’aurais aimé que ta vie s’arrête à moi, ça y’est, je l’ai dit. Ces temps-ci y’a la moitié des gens que je croise à qui je dis des affaires semi-méchantes à propos de toi, j’ai même fait semblant une fois que tu avais eu ta nouvelle blonde pendant qu’on était encore ensemble, je sais c’est niaiseux, mais on dirait que c’est comme ça que je me sens, j’ai pas pu tenir longtemps j’ai ajouté plus tard dans la conversation : «ah mais non, on s’est mal comprises, il m’a pas trompée là, non non c’est vraiment un gars correct», je suis désolée, tu le sais que j’dis n’importe quoi des fois, je gère mal  c’est juste que pour les prochains temps je pourrai pu m’expliquer à toi alors garde en tête que je te veux pas de mal, pis même si je vais trop loin appelle-moi pas parce que sûrement qu’un moment donné ça pourrait devenir que je fais exprès d’être méchante juste pour que tu m’appelles, appelle-moi jamais. J’ai arrêté d’en parler à ma job, je pense que c’est bon signe, je choisis ceux à qui je dis que je suis triste maintenant, je le dis pus n’importe quand à n’importe qui qui veut bien m’entendre, mettons même ma mère des fois je lui dis que ça va mieux. Je raconte souvent des affaires qu’on faisait ensemble pis ça rend le monde mal à l’aise, mais je fais des jokes après. Je pense que je suis sur une bonne voie de guérison, ce matin c’est ça tu étais la deuxième chose à laquelle j’ai pensé peut-être que demain on s’enligne vers la troisième, je sais pas en même temps c’est vrai que y’a pas mettons «les 10 premières choses auxquelles je pense le matin», mais savoir que le café t’a détrôné me rassure en maudit, j’aime vraiment le café. Autant que je t’aime toi, mettons. T’es encore mon amour, mon amour. Un jour je vais arrêter d’avoir autant besoin de toi autant que j’ai besoin de café. Pis un jour tout ce qui me restera de toi dans ma vie c’est des maudites bonnes jokes de bébés morts ou des affaires comme ça, c’est correct, on a le droit d’être heureux un sans l’autre. Ça va être le fun, je veux pas dire ça, mais je le pense. J’aime les bagels. J’aime les bagels, regarde je le dis, j’aime les bagels.

IMG_0470

On l’a fait, au complet, cette histoire d’amour-là, ensemble. Tu étais très bon. Tu vas me manquer dans ma poitrine. Aujourd’hui il fait beau, comme toi.

 

Pour lire J’aime les croquants au miel :
https://ma-querelle.net/2013/11/07/jaime-les-croquants-au-miel/

Chienne l’automne.

Pendant que tu es une chienne de novembre
Je suis une soie entre tes doigts.
Ton vernis sent la charogne
Je suis assise au fond, par terre
Tu cries tes histoires au plus offrant
Tu bois l’ambiance au goulot
tu la recraches en rond
Des pantins aveugles sourient
tu oses les regarder dans les yeux
Ils t’applaudissent en battant des paupières
Je rampe dans la lumière qui tombe

Chienne l'automne

Je vomis entre mes dents
Toi, ma chienne, tu ries.

Des doigts d’enfant.

Le grand sourire
Les hanches qui se démènent
Je venais te voir
les yeux mouillés d’alcool
Le grand sourire
Tes mains moites
On rentrait se coller et on se disait
si tout le monde s’aimait comme on s’aime ce soir
Le grand sourire
Ta main sur mes fesses
Tes chansons de band que je connais pas
Ta main sur ma cuisse
on s’en allait où je m’en foutais
tant que t’étais là
Le grand sourire
notre première nuit
Le grand sourire
toutes les autres d’après
T’es tellement droit
sûr de toi
Moi je suis toute croche
J’aime fumer
la boucane dans le grand sourire
Des doigts d’enfant sur le mégot
J’ai pensé que tu me trouvais laide
Je t’ai accusé
Je te regardais plus
Je te demandais la météo
Je te préparais à déjeuner
Le grand sourire a perdu son éclat
Ça va, ça vient.
Je t’accuse encore
De me trouver laide
d’être parti avec le toaster
J’haïs ça quand tu me regardes
mais encore plus quand tu baisses les yeux000006500004 - copie

sur moi.

Photo : Christian Quezada

Marlon, je t'aime

Je me suis permis de te remplacer par un film dans lequel joue Marlon Brando je suis le tramway t’es sans doute le désir Le monde est vide comme le micro-onde C’est pas normal du bacon prêt en cinq secondes Marlon, je t’aime. Photo : Christian Quezada

La fête de la grosse biatch.

Je sais pas si j’ai froid ou ben si je suis juste en tabarnac. Qu’est-ce tu veux je suis une littéraire moi.

C’est quand la dernière fois ou t’a fumé une clop en pleine nuit?

La dernière fois c’était au mois d’octobre l’an passé. Je pensais que j’avais passé cette étape-là. Que les clops la nuit c’était fini mais quess tu veux j’prévois mes départs pis après ça je les braille toute seule la nuit. Y’a mon coloc gai qui m’a demandée en mariage, mais qu’est-ce tu veux j’ai dit oui, il me connaît quand je me lève le matin pis plusieurs jours d’affilés même tous les jours par bouts quand y se chicane avec son chum… tka tka tka… il veut quand même se marier avec moi. Ça m’a bien fait un petit velours, même si j’avais un peu mal au cœur de lui dire oui parce qu’on consumera jamais notre amour. Ouais je pense que j’ai un peu froid finalement, ça pis un peu avec du tabarnac dedans.

Cette nuit, qu’est-ce qui t’a réveillée?

Je fais même pas de cauchemars pis j’ai des sueurs nocturnes faut que je règle ça la clop en pleine nuit j’ai vu sur un forum que c’est une des causes. Non je vais pas souvent sur des forums là… mettons juste que c’pas tant bon pour les filles comme moi t’sais. Tka mes «sueurs noct’» comme je les appelle pas tant amicalement, c’est juste qu’à c’t’heure ça me fait trembler parce que je me réveille humide. Pis j’ai vraiment froid, mettons je grelote, mais si je m’abrille j’ai trop chaud t’sais. En tant que tel on s’en fout, c’est juste un inconfort de plus, maladies de riches, t’sais j’t’au courant. C’pas que je me considère comme riche non plus là, mais tka je vais pas commencer à justifier tout ce que j’apporte comme bullshit on est pas sortis d’ici. Tka c’est surtout que c’est mon lit qui endure tout il là… il mérite rien de ça. Mon lit pis moi on a rien demandé à personne, les gens passent ça va ça vient ça va ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient, ça vient… Maman sait plus trop ou donner de la tête, elle veut être une mère de son temps pour sa fille un peu bizarre, elle m’aime quand même c’est ça l’important pour moi, même si j’ai l’impression qu’à tout moment ça peut arrêter fak j’essaie d’être une fille de son temps à elle, mais fuck y’a rien que je réussis moins à faire. Même dans mes bonnes passes là où je fais du sport, je m’alimente bien pis que j’fume moins, pis moins d’alcool itou ça aide à mon moral pis t’sais aux angoisses, mais en tout cas, même dans ces passes-là y’a comme rien à faire, j’rencontre quelqu’un dans rue pis y me dit : crime toi on dirait que tu vieillis pas! Pis je réponds : hey heureusement! Pis j’ai le cœur plein qui cherche à déborder parce que c’est un beau compliment que je peux pas retourner parce qu’hosti ses bas fittent avec sa chemise pis je me souviens de photos qu’on a pris ensemble v’là genre dix ans pis ses bas fittaient pas… y’en portait pas pis c’était surtout son sourire qui allait rejoindre des oreilles c’est ça qu’on remarquait. Là on dirait que les lobes d’oreille pis la longue face sont les deux choses qui arrêtent jamais de pousser pour le monde qui écoute trop la télé.  Heureusement que je vieillis pas, je suis désolée, monsieur, mais mes parents sont meilleurs que moi pour faire semblant. C’est pas des hypocrites, sont juste meilleurs que toi pis moi ensemble pour faire ce que les gens attendent d’eux. Je veux jamais être bonne pour faire ce que les gens attendent de moi.

Qu’est-ce que les gens attendent de toi, tu penses?

J’ai tout fouarré maman, mais je t’aime quand même. Toi aussi papa, des fois j’aurais aimé vous donner ce que vous auriez voulu que je vous donne, t’sais je m’en rends compte que ça fit pas trop. Pis là j’ai fini de parler de bas là tu peux le prendre en note je parle pu de fittage de bas je suis rendue à parler de moi qui fitte pas, moi au complet, qui dérange qui gratte, mais qui pue pas. Mon-coloc-qui-veut-me-marier dit que je suis inodore. Quand j’avais 16 ans, mon premier amour m’avait dit la même chose. J’avais pleuré parce que moi une draft de ce gars-là pis j’étais faite à l’os. Je me souviens encore de ce qu’il sentait. Même si je l’ai jamais ressenti une seule autre fois de toute ma vie. On sent les choses une première fois juste une fois hen.

Oui, des fois c’est heureusement.

Marc m’a donné l’anneau du pouvoir pis pourtant je disparais pas, même que je fais tout pour être trop vue pis après ça je braille parce que je voulais être invisible, ça gosse. Quelqu’un lui a demandé s’il était marié, il a dit : Ben l’autre fois j’ai donné l’anneau du pouvoir à Anne. J’étais contente t’sais ça veut dire deux mariages peut-être, mais c’est pas assez encore il me manque toujours quelque chose, je suis vide un peu, mais pleine de graisse par bouts de corps dépend lesquels, c’pas trop grave je suis une fille, je devrai enfanter, me faire engrosser, me remplir de graisse de bébé phoque pour en faire du rouge à lèvre peut-être j’sais-tu. Peut-être que je vais être bien quand je vais être remplie, gonflée, de quelque chose de plus grand que moi, je vais peut-être fermer ma grande gueule de bébé gâté par des problèmes de riches.

Tu t’éparpilles.

C’est pas nouveau, je peux juste pas compter sur moi. Des fois j’ai de la difficulté à respirer, quand tout ce que je voulais, c’était accorder mon souffle à quelque chose, plus penser deux minutes, pis juste me remplir d’un nouveau souffle. Pis quand je dis accorder mon souffle à quelque chose ben c’est quelqu’un que je veux dire mais je dis quelque chose pour que ça paraisse mieux. Même dans ma tête j’essaie toujours de mieux paraître, c’est long longtemps. J’ai comme l’impression que c’est toujours le début d’une très longue journée.

Couche-toi.

Si je me couche trop vite, je me relève la nuit pour y penser, faut que je m’épuise, sinon je fume la nuit.

Fais tes affaires.

Il faut que je fasse les choses pour moi. Je le fais toujours -des choses pour moi- pis un moment donné je les fais pour quelque chose -quelqu’un- et ça chie, ça chie, ça chie. Oh plus chier que ça tu meurs, comme moi dans le fond. Je meurs pas, non, je chie. Anne diarrhée, c’est drôle quand on en parle avec les amis, ils rient. Ils savent pas que je suis réellement une belle grosse diarrhée. Ok je vais conter une joke là me semble ça fait trash pis pas trop funny ce que je dis depuis tantôt. Voyons voir qu’est-ce que je pourrais bien raconter. Avec Lui c’est fini parce que je déménageais chez mes parents et que lui ben y’a pas de parents pis y’était jaloux. Ben nonn c’pas vrai il en a deux comme tout le monde, mais trop de choix de filles pour son âge fak y’a choké le projet d’en choisir juste une. J’ai compris pis je lui ai dit de se protéger le pénis pis que c’était normal qu’il ait envie de toutes les goûter… une petite joke pour camoufler un malaise je me suis reconnue, ça m’a fait du bien. Il m’a un peu envoyé chier à ce moment-là mais amicalement ouais parce que je me suis fait un bon ami yes! je suis tellement contente j’en manquais justement.

T’es pas obligée de toujours être funny.

Mes beaux amis d’amour que je les aime, que je les chérie, pis que je les fuis, parce que j’ai tellement peur qu’eux aussi arrêtent de m’aimer. Fak je me saoule avec mes amis, pour qu’ils voient comme je les aime, pis après j’ai mal à tête, oui ça fait ça quand on se saoule pour dire qu’on aime. Ce serait facile de dire que je voudrais être quelque chose -quelqu’un- d’autre. Trop facile même, mais j’aurais pas du lâcher le théâtre que je me dis des fois, le monde de théâtre ça pogne au boute pis au moins quand je fais des mimiques, je les ferais bien pis au complet, pas cette espèce de grimace qui me sert de personnage. Je pourrais réaliser plein de belles choses, aller voir des spectacles gratis. Parce que moi du jus pour créer j’en ai plus, ou ben sinon c’est triste tout le temps, ça goûte la clop humide botchée sur mon cadre de fenêtre la nuit. J’ai quand même eu un eye contact avec l’itinérant dans rue, je sais pas si y’a compris que je suis pas sensée être levée, pis d’avoir la diarrhée, la nuit, la semaine. C’est la fête de la reine, bonne fête Anne.

IMG_5218

Y’a des affaires qu’on dit juste au monde qu’on sait qui va rester. C’est peut-être pour ça que je me parle toujours dans ma tête.

Photo : Lily Pinsonneault