Ma Querelle

Ma querelle, c'est aussi la querelle de tout le monde (pas tout le monde sur la terre, j'sais ben, j'pas épaisse).

Chronique d’un amour au quotidien. Première.

En couple depuis genre le début du monde. Deux étudiants.

INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Samuel, comment ton amour pour Zoran se traduit-il au quotidien?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Des textos.
Il rit.

INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Vous vous textez beaucoup?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
On se texte passionnément des emojis.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
OK! L’amour à distance.
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
L’amour à distance, ce n’est pas des blagues!
Sam fait vraiment sa négation à l’oral, ça rend le personnage très attachant, c’est super beau on devrait le faire plus souvent.
Des emojis, à défaut d’avoir des dick pics.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
OK, vous êtes pas trop dick pics?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non non non, on fait dans l’emoji. Les principaux sont la bombe, la flamme, le bonhomme avec les yeux en coeur, on a le drapeau, le ballon…
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Quel drapeau?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Le p’tit drapeau rouge. Celui qui pointe vers la gauche. Après, le petit singe qui se cache les yeux et l’homme et la femme qui s’embrassent. Moi étant la femme.
On rit.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
T’es con! C’est établi entre vous deux?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Oui.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Tu mens?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non!
Je ris.
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non, c’est vrai, mon amour au quotidien, c’est ça. Après, dans un autre genre de réponse, je te dirais que ce sont des pensées, des choses que je ne lui traduis pas. Genre une fierté qui reste en moi. Ça, ça l’arrive après le texto.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Quand il répond une bonne bombe avec un singe, fierté?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non. Mettons, une bombe, deux flammèches pis un drapeau. Après… moi en moi là… Y’a quelque chose qui reste.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Ça ça fait un beau dodo?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Ça fait un beau quotidien. Je me dis y’est là, y’est présent pour moi.
On rit.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
OK pis mettons, quand y’est là? Est-ce qu’y a quelque chose qui fait qui te rend fou amoureux?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Sa beauté sublime.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Donc il a rien à faire et t’es amoureux?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Absolument. Je le trouve sublime. Je le regarde et je… mon existence est…
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Réglée?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Réglée là, c’est vécue, c’est faite. Ses grosses mains. Mettons il me dit salut de loin là. Avec sa grande main là, moi mes deux genoux claquent, c’est comme un bâton de baseball. Tombe à genoux esti.
Je ris. En fait je suis crampée ben raide.
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
C’est vrai! Pis quand il parle après, tout ça s’améliore là t’sais. Quand il parle, quand il rit… mais juste de le voir là c’est capoté.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Ça me fait plaisir. Merci Samuel.
C’est pourquoi c’t’entrevue? Je vas-tu être sur un blogue, moi là?

Daniel - COEUR - copie.jpg

Pour l’anecdote : son amoureux, de son côté, envoie toujours le couple avec les deux hommes, seulement, Sam n’a pas la dernière version d’emojis disponible.

 

Poème saoul.

(J’ai gardé la mise en page initiale. Poème écrit jeudi dernier, le temps d’une chanson)

J’ai pissé tellement vite
ça l’a fait vibrer mes fesses
Je vous l’avais dit les filles
que je vous décevrais pas

À part ça c’est bien connu
à côté de chaque toilette
y devrait y avoir une tente à poud’
Le 3/4 de mes filles attendraient moins
pour pisser

Ça gosse un peu attendre
la vessie pleine
quand l’autre 1/4 de mes filles
utilise la belle eau potable
pour pisser de l’eau pleine de poud’

(lol)

Art1lit.2.2.

#1
Trouve-toi quelqu’un à appeler ces matins-midis-soirs-là où tu sais pus pourquoi tu fais ça pour qui tu le fais par qui tu le fais où tu le fais, t’es qui tu habites où pourquoi t’es pas hygiéniste dentaire wtf qu’on pense qu’être auteur c’est une job je suis-tu épaisse caôlique c’est quoi mon petit problème de snob de marde les hygiénistes aussi ont leur struggles tu vois c’est ça mon problème pour qui je me prends ouash, je veux faire des meubles en écoutant Cité Rock détente je veux pus rien entendre pus rien sentir ma vie est finie bye. Cette personne-là sera très utile. C’est pour ça qu’elle est en #1.

Je mettrai pu de numéros parce que c’est pas une liste c’est juste que le #1 c’est tellement important que j’ai mis un petit numéro pour qu’on se souvienne tout le long du texte que ce point-là est au top, le plus important. C’est important que tu te pognes quelqu’un qui répond au téléphone. Idéalement quelqu’un qui écrit aussi, qui va rire quand il va répondre au téléphone. Une personne qui est du genre à te faire rire parce que que y’a rien d’autre à faire que de rire dans ces moments-là, rire ou bedon se mettre en crisse ensemble, c’est selon la situation, mais surtout il faut écouter beaucoup et se répéter les raisons de pourquoi on fait des trucs ou ben en trouver han! Des fois se dire que nos niaiseries sont comme le bon vin, elles prennent toute leur valeur avec le temps. C’est un guess à prendre. C’est vraiment toujours un guess à prendre. Ça fait mal tellement c’est ça.

Oublie que t’as des lecteurs et surtout aussi pense à eux tout le temps. Écris-leur des trucs que tu dirais même pas à ton psy, des affaires que t’as jamais dit, mais que tout à coup t’écris, invente une partie de ton oeuvre et finis par remettre en question ta propre existence, tout le fondement de tes plus profondes croyances, marche toujours sur une petite ligne fine entre la réalité et la fiction et laisse-toi prendre, parce que ça fait des affaires pas pires intéressantes, mais saches qu’après ça toute ta vie va être orientée vers ce de précipice là, c’est à prendre ou à laisser. Des jours tu vas tout prendre des jours tu vas tout laisser, c’est le plus beau métier du monde.

Un mercredi après-midi de juillet où il fait à peu près 45 à l’ombre, tu profites de ce moment-là de déshydratation pour relire des vieilles conversations et/ou courriels pour t’inspirer quelque chose qui t’inspirera aussi du dégoût, mais tu crées tout à partir de tout à partir des pensées que t’as en ce moment, des pensées que tu penses avoir eues, des pensées sua dérape de pensées. Tu pars avec ça tu te fais croire que c’est une base solide pour ériger un monument en l’honneur de déjeuners ratés, de soupers anticipés, de collations sautées. Même si ça détruit tout ce que t’es en moment, tu continues tu lâches pas, de temps en temps y’a du monde qui t’écrit que ce tu écris les garde en vie.
Ça fait du bien pendant deux heures après ça tu recommences, c’est fun, ça garde en vie de toujours se demander Pourquoi Life? Des fois tu te réponds Pourquoi Pas? Et t’as l’impression que t’es la personne la plus brighty bright sur la terre emmenez-en des micros, emmenez-en de la philo, môman gère les quiz à cent piasses. Le café arrête de faire effet, la tite boule dans ventre remonte, t’as appris avec le temps que c’est le call pour ta marche autour du bloc, tu te dis que t’es la personne la plus mature sur la terre, mais après tu penses au fait qu’on est mercredi pis que les autres personnes matures que tu connais sont au travail, le mercredi. Dans un bureau, des longues heures. Y’ont leur week-end off pis vont aux pommes. T’es pas eux, sont pas toi. Continue le tour du bloc, tu le sais que tu te sens mieux généralement après ça.

Le reste du temps, t’es l’estique de queen-boss-oh-yeah de la culture en général de vidéos de Pina Bausch de Peptalk de vidéos You Tube How it is made the culture of pop music de relations internationales, d’opinions qui sortent mal dans des débats mais d’arguments qui sont vraiment bien ficelés dans ta tête, de ferveur sur l’autonomie corporelle, de majorité silencieuse, du sort des autochtones, tu pleures d’impuissance tu te relèves les manches pis tu te dis que savoir c’est pouvoir, tu cafouilles deux trois mots en même temps quand tu réponds au téléphone, tu te rends compte que t’as pas encore parlé de la journée, aller prendre une marche à l’épicerie, acheter trois items sur les huit dont t’avais besoin, crime c’est bon pour une fois, t’es déjà revenue avec juste une banane, revenir t’assoir devant ton ordi. Toujours ton tit côlique de bureau ou ben ton tit carnet que tu traines partout. Des bonnes journées, des moins bonnes journées, c’est comme ça que tu tries/définis ton quotidien.

T’essaieras d’arrêter de boire pis t’échoueras parce que tes semblables te payent en bière quand tu participes à des événements.

Profite de ces matin-midi-soir-là, quand tu trouves exactement la bonne trame sonore de ta vie d’auteure pis que là tes doigts volent sur le clavier comme si y’avaient tous des tites capes au boute de chacun d’eux pis que rien a de sens dans ta vie sauf ces mots-là qui se garrochent devant tes yeux profite de ce moment-là où tu te sens invincible, prête à affronter la vie pour la première fois, dis ces mots en les pensant vraiment ou en tout cas en les sentant vraiment : «Je m’en côlisse de toi pis de toi pis de toi aussi en ce moment j’ai du fun en tabarnak je fais ce que je suis le plus capable de faire tu diras peut-être que je suis pas capable de grand chose haha je m’en côlisse de toi pis toi pis toi aussi Je suis juste THE shit THE nicest thing eveeuuuurrrr».

Généralement pas très longtemps après ces moments-là, tu vas reprendre ton téléphone et texter ton quelqu’un de qui je t’avais dit que t’aurais besoin en #1. Tu vas écrire quelque chose comme : «Pourquoi on fait ça déjà pis je suis qui moi esti pour penser que ça intéresse le monde ce que j’écris?»

 

revision

 

Ta personne #1 rira. Vous rirez. De vous, surtout. Ça va continuer. Faut que ça continue.

#rebound

rebound

team rebound

Illu: Thomas DB

Boutique en ligne

 

Suppp les chumz
J’ouvre cette petite boutique en ligne pour le temps des fêtes, je la fermerai le 19 décembre prochain (2016, si quelqu’un dans l’avenir lit ça). Je ferai la plupart des envois postaux ce même jour. Si vous êtes pressés, me le signifier, mais comme j’accumule les petites jobines sua slice pour pouvoir continuer de vous feeder en littérature abordable mais pas cheap, je suis short sul temps des fois. On verra ben, y’a toujours moyen de moyenner.
Vous pouvez aussi inclure des petites demandes spéciales, des fois je feel pour en réaliser.
Le zine #1 et le zine #2 (collaboration avec Thomas DB) sont disponibles et si vous êtes intéressés, je peux checker pour re-rendre dispo le #3 (collaboration avec Maude Arès)!
Dans les deux disponibles, c’est écrit à l’intérieur comment réaliser vous-mêmes vos soirées Ma Querelle à la maison
Écrivez-moi de manière polie et raisonnable au maquerellepointnet@gmail.com si vous avez des questions 🙂
Ma Querelle a trois ans! Yess

Visitez ma page Etsy!

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Métaphore douteuse amitié sincère lol.

Je comprends ben le principe là que tu le trouves cool pis que toi t’as de la misère à te comprendre surtout que là c’est novembre pis tu trouves pas vraiment d’utilité à ta vie jusqu’ici ouais on parle en termes d’années pas juste en termes de mois là, je sais, sauf que j’ai pensé à toi tantôt en revenant de l’épicerie pis là je voulais te le dire (en passant salut, pas le temps pour les salutations, j’ai mieux à faire je suis sur une belle lancée je te ferai des salutations une autre fois).
Je marchais dans la rue avec mon gros emballage de papier de toilette en dsous du bras je prends l’emballage vert faque je me sens écolo, miss monde that’s it c’est moi t’sais comment c’est (joke je viens de me désabonner à l’infolettre d’Équiterre woupsss). J’écoutais de la bonne musique il faisait pas trop froid t’sais y’avait rien pour me faire sentir nerveuse ou whatever, mais sais-tu à quoi j’arrêtais pas de penser? Le scénario que j’arrêtais pas de me répéter? haha je m’imaginais que le monde que je croisais se disait coudonc elle se torche donc ben elle ça a pas de classe! Douze rouleaux! Pis là je m’imaginais leur répondre eee tayel qu’est-ce qui te dit que j’ai pas six colocs ça a pas rapport continue ton chemin je suis sûre que t’as voté pour Trump (sujet de l’heure on en reparlera). Faque j’t’arrivée chez nous pis là j’ai défait mes courses direct en arrivant joke avant ça j’ai checké voir si mon chum m’avait écrit pass je l’aime tu le sais on s’étendra pas là-dessus (on en reparlera en buvant du vin pis je te conterai notre dernière chicane vraiment conne comme tu les aimes). Bon là après checker le cell, deuxième mission, ranger le papier de toilette ce que je m’empressa de faire!!!! Pis là je me suis penchée, j’ai commencé à ranger le papier de toilette, somme toute assez banal comme mouvement ok pis j’ai pensé à toi, pis ton dude, pis au fait que tu me dis toujours qu’il est comme une coche au-dessus de ce que toi tu seras jamais pis que y’a pas vraiment de raisons de te trouver nice pis que ça me gosse en tka, je te dirais ben astique il se torche comme tout le monde! mais ce serait prévisible je vais juste continuer de te conter ma vie en te disant quand j’ai pensé à toi pis à la situation en couuuurs entre toi et lui.
Faque là je rangeais mon papier de toilette dans mon armoire dédiée à cet effet you know. Classique cas de papier de toilette. Après ça j’ai déballé mes tits sachets de thé suremballés pour les mettre dans ma boite à tits sachets de thé pis là j’ai encore pensé à toi qui viens boire du thé chez nous, la face à moitié souriante à moitié triste pis qui dis encore que y’a pas de raisons de se retourner sur ton passage pis là poufff j’ai pensé à plein de vedettes de même one shot! Plein plein plein de vedettes me sont venues en tête. Plein de noms de vedettes québécoises dang dang dang OK. Pis là je me suis rappelé quand on a vu une fille l’autre fois prendre un thé avec Philippe Brach, t’en souviens-tu? On se disait que la fille qui prenait un thé avec Philippe Brach avait l’air plus fière de prendre un thé avec Philippe Brach que Philippe Brach avait l’air d’être fier lui-même d’être lui-même. Elle regardait partout en voulant dire avez-vous vu avec qui chu? Pis lui la regardait elle pis des fois à terre, pas trop sûr d’être à l’aise d’être Philippe Brach entrain de boire un thé en dehors de chez eux. T’en souviens-tu? Il était content d’être là là c’est pas ça que je dis, je dis juste que y’en revenait lui, de lui-même!
OK je continue. Après ça, je trouvais ça plate pis pas d’ambiance chez nous faque j’ai mis de la musique, j’ai ouvert mon iTunes pis je suis tombée sur UNE TOUNE DE MON CHUM que tu sais que j’aime t’sais. Pis là ben j’ai eu cette idée folle pis pensée folle que si mon chum (love) devenait une estique de vedette demain matin. OUI. Demain matin. NON. Mais tka! OK écoute non là sans joke, vedette. Interplanétaire. Avec ce petit riff de guitare là qu’y m’a enregistré pis envoyé y’a environ six mois pour m’impressionner OK mettons, on parle pour parler OK on s’entend BON. Bon ben je me dirais peut-être qu’il est rendu trop cool pour moi OK. Sauf que lui là, de son bord, peut-être que quand il serait à Shanghai au milieu de ses fans de Shanghai là, il se sentirait très seul parce qu’en fait, c’est chez nous dans mes tits bras dodus entrain de se faire un masque d’argile à 10$ qu’il se sent bien? Pis c’est mes tits bras dodus qu’il aime autour de son tit cou en mangeant de l’houmous acheté au Marché Royal + en spécial qu’il aime le plus, pas le vrai houmous qu’il peut manger à volonté pendant ses concerts en Inde. Catches-tu? Pourtant je fais rien de vraiment fucked up nice pour avoir des tits bras full dodus. Je fais des biscuits l’hiver pis je jardine l’été. Ça s’est adonné que ce gars-là qui recherche mes tits bras mous partout en Inde parce qu’il est une star interplanétaire ben y’a choisi de m’aimer moi. Des fois, je catche pas vraiment pourquoi il m’a choisie moi pis d’autres fois, j’ai l’impression que c’est moi qui y rends service en y laissant me tenir la main dans rue. Tu comprends? Peut-être qu’Adèle fake pas quand elle a l’air vraiment smatte!!! Elle est peut-être réellement smatte!!! À ma job y’a un de mes collègues qui veut full qu’on l’appelle monsieur pis y’est toujours entrain de nous rappeler qu’il a vraiment beaucoup d’expériences pis que y’est nice, mais y’est bête cave pis méchant. Personne l’aime ben ben. Même quand je me concentre pour me dire qu’il doit se sentir seul au monde des fois à être épais de même, je l’haïs quand même un peu, même si je sais que ça sert à rien la haine (on y reviendra). L’affaire c’est que lui, dans sa tête, y’est au top de toute, mais moi celle que je trouve nice c’est la réceptionniste full cute qui me demande toujours des nouvelles du chien de mes parents pis qui m’a donné un cadeau pour lui à ma fête l’année passée.
Comprends-tu? Tu veux pas sortir avec la fille qui se trouve nice de prendre un thé avec Philippe Brach, tu veux sortir avec Philippe Brach, le vrai. Le réconforter quand il fait des cauchemars pis y dire que y’est cute quand il retourne checker voir si y’a fermé le poêle rendu deux rues plus loin quand vous vous en allez badtripper ensemble dans le métro. OK j’arrête de parler de Philippe Brach, mais tu comprends-tuuuuuu? Y’a pas grand chose qui explique qu’on se sente bien avec une personne plus qu’une autre. Mais là OK je te le dis, tout le monde se torche. Tout le monde répond au téléphone quand un enfant leur tend un téléphone en disant que c’est pour eux au téléphone. Tout le monde vire émotif à Noël sans raison. Appelle-lé. Va prendre un thé avec. Dis-y que tu veux le consoler pendant la nuite. Pis le coiffer. Ça c’est nice, s’entre-coiffer. Si y’est pas down, NEXXXXXT (dans le sens qu’on va fumer sur mon balcon en talkshittant contre lui deux-trois semaines, après ça NEXXXXT pour vrai). Y’a rien de grave à vouloir aimer, c’est pas une maladie mentale vouloir passer du temps à créer des choses belles à deux. C’est gossant de pas pouvoir être honnête. C’est ceux qui ont peur de se laisser aimer par nos bras dodus qui sont nonounerzz. Laisse-lé faire. Viens à maison on va s’aimer dans des couvertes pis mon chum nous fera une toune sur la nostalgie (hahaha meilleure scénario dégueulasse à vie). En tka, j’ai pu peur qu’il devienne une star interplanétaire, I got the mojo (bras de dodu.e.s 4prezident).

lily-et-vincent-dos
T’es pas pressée. Pis t’es indépendante. Pis y’est pas si beau. Joke. Jtm.

Ma citrouille décôliquée.

L’autre jour, ta mère parlait de ton enfance pis j’écoutais juste à moitié. J’étais vraiment bonne pour faire semblant que ça m’intéressait. Dans l’autre pièce, y’avait une émission de cuisine que je trouvais vraiment intéressante. Poêler des patates, avec du thym. J’aurais aimé mieux qu’on regarde la télé tout le monde ensemble. Tranquilles. Pu parler. Je me suis imaginée faire mute sur la situation et j’ai ri toute seule. C’tait parfait, ça concordait avec une histoire de balançoire de laquelle tu tombais, nice, je te dis, vraiment bonne pour faire semblant que je suivais la game. Dans l’auto en revenant, je me sentais comme c’te fois-là, quand j’avais peut-être six ans et que ma citrouille décorative sur le balcon s’était faite décôliquer par des vandales pendant la nuit. Je la regardais par la fenêtre, impuissante. Le mal était fait. Ça arrive même sur les petites rues tranquilles. Ça nous arrive même à nous. Je l’ai pas vu venir et ça sert à rien de se demander si on aurait pu faire quelque chose pour éviter ça.
Ces temps-ci j’ai la face sèche, mais les cheveux gras. Rien m’intéresse, j’suis lasse, je suis sur le pilote automatique, des fois je ris, c’est le fun, après ça j’arrête de rire, mais je m’en fous.
Je suis pas nostalgique de d’autres années passées avec toi. Tu me dégoutes pas non plus, tu me déranges juste pas. C’est justement ça je pense, tu me déranges pas pentoute. T’es comme un sandwich, pour moi. On crave pas un sandwich, tu comprends. Je juge pas ceux qui le font, c’est juste pas mon crave, les sandwichs. Sauf si j’ai vraiment faim mettons. Je me souviens plus trop c’est quoi l’amour avec toi. C’est flou. La seule affaire qui me vient en tête quand je pense à toi, c’est que t’as cette manie de toujours dire « je t’ai appelé au téléphone ». Ça, c’est pas mal next level gossant. En tant que tel, on s’en fout, tout le monde descend en bas pis monte en haut, c’est un pléonasme comme un autre, mais téléphoner au téléphone, ça m’écoeure. Je sais pas si c’est parce que ça vient de toi.
Des fois je t’imagine faire des affaires vraiment hot, genre monter l’Everest ok, pis je me teste, je me demande ce que ça me fait. Si ça me fait quelque chose. Si je suis fière, si ça me donne envie de quelque chose, si toi qui montes l’Everest fait quelque chose dans mon ventre. La plupart du temps; non. L’Everest c’est juste un exemple de même j’ai plein d’autres exemples. Je m’imagine qu’on fait une tarte, qu’on écrit un poème, qu’on part en voyage, mais ça me chatouille de nulle part. D’autres fois je t’imagine embrasser quelqu’un d’autre pis là je me dis ouach j’en reviens pas. Mais ça a rien à voir avec toi, c’est juste un petit trip d’ego t’sais je supporterais pas que tu embrasses quelqu’un d’autre, mais je supporte très bien jamais rien te conter de mes journées, rien te dire de mes trouvailles, t’ignorer semi quand je te croise chez nous, pas t’avertir quand mes plans changent pis faire semblant que c’est toi qui comprends rien. Moi non plus j’aime pas ça nous voir quand je me mets à nous regarder, on est dans la même pièce, mais pu jamais ensemble. Tu parles de raviver la flamme, mais ça fait rien résonner dans moi et j’ai de la difficulté à croire que tu penses réellement qu’il reste quelque chose à raviver, je me demande si tu dis ces choses-là par réflexe, parce qu’on est censé vouloir sauver les meubles, parce qu’on est supposés y tenir plus que tout. Mon couple mon phare. Je sais pas. On est morts pis j’arrive pas à trouver ça triste.
Je pensais que si notre amour mourrait, ce serait parce que je serais dans une bulle weird dans laquelle je te trouverais laid ou bedon moins cool que moi, une mauvaise passe, rien de valable. Même pas. Je me suis rendu compte que je me forçais à te trouver donc ben spécial. Un peu comme j’adoucis mon look avant une réunion de famille. Par habitude, par paresse aussi. Par respect peut-être. J’essaie de me parler, m’arranger pour que notre fin arrive pas, mais c’est forcé. Quand tu touches mon sein, le soir, dans le lit. C’est comme si t’ouvrais une porte d’armoire, dans une maison à 200 km de moi. T’as peut-être l’impression que tu vas trouver quelque chose, mais si oui j’ai aucun rapport là-dedans. Quand je te regarde, j’ai l’impression de regarder une pancarte de maison à vendre. Je connais pas ces gens-là, mais je leur souhaite quand même de vendre leur maison, que tout se passe bien, qu’ils trouvent ce qu’ils cherchent comme ça; empathie prévisible.
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J’ai peur des fins comme toi.

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Rien à me maudire pour.

Mon père en background me parle de son cousin que j’ai jamais connu, me parle de ses qualités et de leurs moments ensemble. Des affaires basic rien de trop fou. Deux enfants. Une enfance. Heureuse, c’est pas rien. Mon père parle pas de ses morts d’habitude. Il doit en avoir besoin. J’ai jamais connu Alain, je peux même pas me l’imaginer. Je le connaitrai jamais, y’est mort quand je suis née, Alain. Mon père a pas l’air triste, c’est révolu, c’est correct, il l’a bien aimé, il a rien à se maudire pour. Je me dis que je connaîtrai jamais Alain le cousin. Il a fait parti de la vie de mon père pendant au moins vingt-huit ans, c’est plus vieux que moi. Alain est pu là. Le feeling est weird, je réalise que je connaitrai jamais mon père au complet, peu importe nos efforts pour.

Pendant qu’il me raconte leurs folies de jeunesse que je suis pas obligée d’écouter parce qu’il se les raconte plus pour lui-même, plus pour se prouver qu’il s’en souvient encore que pour mes partager. Pendant cette souvenance pas prévue au bord de la mer, je pense à tous ces soupers d’hiver où tu venais te réfugier chez nous. Je dis hiver, mais ça embarque l’automne, je pense à ces temps froids partagés ensemble, juste pour pas être deux tous seuls chacun chez nous dans le froid qui s’immisce pis qui finit par s’installer en véritable sujet de conversation. Je faisais à souper à nos grands appétits insatiables, on se bourrait on fumait on buvait on écoutait des vidéos niaiseux sur Internet on se réjouissait du bonheur des autres on s’encourageait à avoir moins froid je callais la fin de la soirée je te regardais remettre tes milliers d’épaisseurs on se tapait dans la main on se disait let’s gow y’en reste pas grow on attendait quoi je sais pas mais on contait toujours les dodos vers autre chose de plus grand de plus mieux de plus plus je sais pas quoi mais on était souvent stand by c’est correct de l’être on se disait on est stand by pis un moment donné on le sera pu on a jamais été du genre à se tapper sur la tête d’être stand by.

C’est pas quelque chose qui me dérange de repenser à ces moments-là où j’allais m’évacher sur ton divan pour que tu me rappelles comment je m’appelle les jours où mon nom me sonnait faux à l’oreille. Tu callais la fin de soirée tu me regardais m’habiller pendant quatre heures rhabiller son coeur ça prenait du temps après l’avoir laissé sortir jouer avec des tous croches qui y avaient pas fait attention. Le iPod din oreilles je marchais la tête baissée le vent dans le ponpon d’la tuque pis des fois à la fin de la marche j’avais moins froid je relevais un peu la tête. Rendue chez nous je te textais que je nous trouvais bonnes par rapport l’hiver on se disait qu’on allait passer au travers. Pis sans vouloir voler de punch, ben ça a fini par arriver, mais en attendant ce moment-là je t’attendais j’allumais des chandelles on buvait dans des coupes ou direct à la bouteille (on a jamais été regardantes sur le récipient qui nous aidait dans nos simili-débauches), on allait au Sporting Club se faire payer des shooters de Bec-Jameson ouais ça veut juste dire qu’on prend un shot pis qu’on se donne un bec on était-tu mieux avec ça je pense pas, on était moins mal peut-être on s’occupait l’esprit en tout cas ça fait drôle à raconter pis ça passe le temps. Raconte-lui l’affaire des Bec-Jameson! ah oui ça c’est bon! il me dit Viens je te paie un shooter de Bec-Jameson je dis c’est quoi ça c’est-tu qu’on prend un shot pis qu’on se donne un bec il me regarde il me fait un clin d’oeil j’étais comme ayoye il est fucké c’est nice, je suis fuckée moi too faque sûrement qu’on va se marier.

On s’est encore jamais marié, pis c’est pas grave criss non c’est pas grave c’est juste que là c’est comme si j’allais toujours éternuer de bonheur, parce que j’ai fourré mon grand nez de grande fouine où il fallait pas, mais finalement ça se passe bien j’ai été fouiner ailleurs pis j’ai envie d’aller passer l’hiver là pour voir si mon coeur peut s’enlever des couches de ses couches de ses couches même s’il est habitué à être refroidi par tout on dirait que là il veut se gonfler il se sent moins niaiseux il se sent fraischier lol mon coeur se sent fraischier lol c’est vrai. Sauf que je me retiens parce que tu me regardes pis que ce sourire-là je le reconnais, c’est un sourire d’être contente pour l’autre faque je retiens mon éternuement de bonheur, même si t’es vraiment bonne pour être contente à la place des autres je le sais on s’est pratiqué ensemble tellement longtemps je le sais que ça fait plaisir pour vrai, je le sais que le contentement arrive vraiment un peu entre deux wow c’est donc ben hot! Wow!

J’aimerais ça t’amener tu comprends j’aimerais ça si y’avait de la place pour nous deux dans mon petit ballon qui s’envole des Bec-Jameson. Mais on dirait que j’ai envie de me faire des petites souvenances d’enfance heureuse de mon bord. Des affaires basic, rien de trop fou. Rien qui pourrait t’intéresser vraiment si je te les contais en regardant vers l’horizon; un petit paquet de souvenances heureuses avant que ça meurt comme le cousin Alain. Je veux prendre le temps de bien aimer pour avoir rien à me maudire pour. Je sais que tu comprends, mais des dois entre comprendre pis accepter y’a deux océans glés par trop d’hivers au Sporting.

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T’es encore la seule avec qui j’apprécie regarder Catfish sur MTV. Et que je laisse fumer en-dedans. Des affaires de vraies chums t’sais.

Crédits photo : Christian Quezada