Ma Querelle

Ma querelle, c'est aussi la querelle de tout le monde (pas tout le monde sur la terre, j'sais ben, j'pas épaisse).

Le magasinage en ligne.

Bon, faut tu que tu réécrives au gars de Tinder qui t’as pas redonné de nouvelles ou pas? Wooafffffffffffffffffffff OK. Let’s go.

Je suis la première à défendre Tinder. Je trouve ça cool, Tinder. Je trouve qu’on est en 2018 pis que quand t’es quelqu’un qui a les mêmes amis depuis 2001, ça complique les affaires pas mal quand l’envie te pogne de dire à quelqu’un comment tu t’appelles pas fort dans l’oreille en essayant de pas réveiller tes colocs. T’as fait le tour des potentialités potentielles depuis 2011, les ceux-là que tu dédaignes pas sont bests avec ton ex ou genre ex de tes bests pis t’es aussi vraiment tannée que quelqu’un te présente son ami célibataire juste parce qu’il est célibataire, même si toi tu donnes dans l’horticulture pis que lui y’a des gaz qui portent son nom parce qu’il s’appelle Monsieur Schiste (pas dans la vraie vie, mais dans son cœur oui faque ça compte).

D’abord le concept à propos duquel tout le monde est fâché, genre tasse à droite si oui tasse à gauche si non, moi aussi je suis contre parce que gauche c’est le côté du cœur alors il faudrait tasser à gauche pour aimer (je suis trop romantique). Non sans joke je suis plus ou moins contre le concept parce que anyway dans un lieu public tu fais déjà ça, la différence c’est que la personne est un peu moins au courant quand tu le fais sur ton téléphone que quand ton amie vient «te sauver» de lui parce que tu le trouves trop dégueu d’avoir de l’intérêt pour toi.

L’AFFAIRE C’EST QUE. Quand tu tasses à gauche, tasses à droite, t’es tout seul chez vous. C’est là là là là là que je bogue un peu. Didididididididiidididid. T’es dans ton lite, pendant la canicule, en bobettes, le ventilo pointé sur toi, tu prends ton pouce ou ton index pis tu fais ton choix. Rencontrer? Oui! M’habiller pour le faire? Non! Tu magasines en ligne, dans le confort de ton ventilo. BEN DEMANDE TOI PAS POURQUOI ÇA FITE PAS TOUJOURS LE LINGE QUE TU COMMANDES TU L’ESSAYES MÊME PAS AVANT DE L’ACHETER. C’EST UN GUESSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS encore et toujours un GUESSSSSSSSSSSSSSSSSSS (pas la marque). Encore là, je suis même pas encore contre, tu tu peux ben magasiner en ligne si tu veux, j’ai deux trois amies qui font juste ça tout le temps pis ça fonctionne toujours, tant mieux pour elles, moi je l’ai fait une fois pis j’ai reçu un manteau d’hiver en papier ciré hossetique. Quand tu vas au magasin, tu trouves que y’a l’air chaud, y’a l’air de ta taille, faque tu l’essaies (le manteau), quand ça fonctionne pas, tu t’en vas, tu dis Merciiii quand même, après ça tu chiales que le magasinage c’est pas pour toi, mais tu te dis pas que c’est fini pour la vie pour toi, les vêtements. Souvent c’est quand tu cherches pas que tu trouves le parfait petit kit de soirée (ayoye je pense que j’ai de quoi parce que le petit kit de soirée tu le portes quand même juste une fois par mois quand t’as envie de te sentir olé olé, pas tous les jours pour aller travailler ouin ouin ouin faudrait j’écrive une thèse sur le parallèle possible entre tit kit et tite vite).

Alors on continue, faut tu que tu réécrives au gars de Tinder qui t’a pas réécrit. Bon. T’as tu l’air accro? T’as tu l’air désespérée? Booooaaaffffffffff. Est-ce que y’avait autant de fonne que toi quand vous êtes allés prendre un café ou ben si tu parlais toute seule en faisant des grands gestes dans le restaurant en réinterprétant devant lui une choré que t’avais inventée un été à treize ans avec tes bests sur Barbie Girl? C’est ÇA la vraie question. As-tu fait ça? Si non, tu peux lui dire que t’as passé un bon moment et que t’aimerais remettre ça. S’il te dit que t’es accro pis que t’as l’air désespéré, ben il te dira ça. Tu t’en rappelleras pu ben vite. On est tellement bien faits. Si tu penses toujours aux bons moments passés avec ton ex que t’haïssais semi quand vous vous êtes laissés, ben tu vas oublier ce psycho-là aussi vite que quand ton ex a pas pris ta défense devant ses parents qui t’accusaient de manière détournée pas faire grand chose de ta vie. Si t’as pas d’ex, ben profites-en st-simonak de st-ciboulette coupée au ras la touffe! C’est complètement faux que c’est une tare. C’est une des plus belles choses au monde une première relation, t’es full pas désillusionné pis tu t’imagines vraiment que ça va durer toute la vie, laisse personne te gâcher ça surtout pas un vieux psycho qui t’accuses d’être accro parce que t’essaies de goûter aux petits bonheurs de la vie à deux pendant que lui aime mieux aimer encore son ex qui a fait semblant tout le long de son voyage en Asie qu’elle faisait ça pour leur couple pis que finalement est revenue le laisser au Québec huit mois plus tard pis lui l’attendait comme un amoureux-niaiseux à l’aéroport avec des fleurs. Ayoye je suis romantiquette aujourd’hui 🙂 .

Cette personne là là que t’as vue une fois dans ta vie, si elle a tout cet impact-là sur ta vie en ce moment, c’est que tu la laisses avoir tout cet impact-là et c’est là que moi je dis WOH j’ai dit WOH (à la Vincent Gélinas). T’avais donc ben envie que quelqu’un te gère! Je suis pas certaine que ce soit très sain de rencontrer quelqu’un une fois et de lui donner tout ce pouvoir-là sur ta vie. Tu connais pas cette personne-là et elle ne te connaît pas non plus. C’est tout, c’est ça, vous êtes des inconnus qui essayez de vous connaître, tu peux pas forcer quelqu’un à vouloir être ton amie à quatre ans, tu peux toujours pas à trente-deux. Maman t’aime quand même, pleure pas bébé. Ceux qui ne te connaissent pas au quotidien et qui ne connaissent pas tes combats peuvent pas et doivent pas avoir un impact dans ta vie (bon là je suis tu obligée de préciser que je parle pas mettons d’évantrer tes poubelles sur le balcon de ton voisin pis que là quand il te le reproche tu dis : WEEssstique tu me connais pas, de quel droit tu me dis de mettre mes ordures dans un sac dans la rue et pas éparpillées sur ton balcon MARCHES-TU DANS MES SOULIERS !??! ………………………………………).

Moi quand tu me dis que t’es comédienne, mais que je sais que tu dis ça avec un sourire en coin parce que t’as fait de l’art dramatique en secondaire quatre, je trouve ça très drôle, si lui te dis que c’est bizarre, ben c’est qu’il comprend pas ton humour, c’est ça que je veux dire. Pis aussi peut-être qu’il te trouve laide. Toi aussi t’en trouves laids des gars que moi je trouve beaux. On a le droit de pas être attiré envers quelqu’un, mais on a pas le droit d’y dire, ça c’est suuuuper poche. Même si la personne te supplie de lui dire, tu sacres cette info dans ton jardin secret pis tu la déterres juste quand on va creuser ta tombe.

Une affaire que tu dois te demander SUR UNE BASE HEBDOMADAIRE quand tu te downloades Tinder c’est : Pense-je tu plus à mon compte Tinder qu’à mon hygiène? Genre est-ce que la première chose que tu fais en te levant, c’est d’aller voir tes réponses, genre dors-tu moins bien depuis ton « abonnement »? OUI vois-ça comme un abonnement. Tu penses pas toujours à utiliser ton abonnement au gym, dis-toi la même affaires avec ton abonnement à TINDER! Te réveilles-tu pour checker tes matchs? Est-ce que ça fait partie de tes sujets de conversation plus qu’une fois sur deux? (Si t’es assise avec ta chum en bobettes devant le ventilo pis que vous faites ça ensemble, je considère que ça a le droit d’être 2/2) Est-ce que tu te connectes sur ton compte plus que mettons trois fois pendant des soirées entre amis? Est-ce que des fois tu penses à ça au lieu de faire autre chose qui pourrait être utile à ta vie mettons du vélo, du jogging, de la bouffe, ce projet de roman que tu remets toujours à plus tard (je suis trop cute)? Est-ce que tu trouves ça bizarre que je te dise que personne a le droit de te gérer pis que finalement je me mette à te gérer? En passant c’est pas ma faute je suis gémeaux même en troisième année je gérais les autres dans mon équipe de tits bureaux collés les uns face aux autres.

CE QUE JE VEUX DIRE C’EST QU’À mes yeux, le temps que tu passes sur Tinder, tu pourrais le passer à faire mille autres choses, mais dire ça, ça sonne ton hossetique d’ami en couple qui l’est à peu près depuis le temps de ta choré sur Barbie girl, qui dit que tu vas finir par trouver la bonne personne si tu prends soin de toi (?). C’est à cause d’amis comme ça que je suis complètement pour Tinder, parce qu’ils sont aussi le genre à te présenter l’ami gai de leur ami gai juste parce que t’es gai. Sans tenir compte que t’as des critères de sélection amoureuse autres que l’orientation sexuelle. Réécris-lui donc au gars sur Tinder. Je suis POUR Tinder parce que si tu veux être en couple, je te souhaite de l’être, si tu veux la job je te souhaite de l’avoir, si tu veux baiser ben je te souhaite que ça t’arrive.

Barbie Girl

 Manger des chips aussi c’est le fun, sauf que si tu parles toujours de quelles chips t’aimerais manger, dans quelles circonstances, que je te pogne toujours sur le site de Frito-lay, que tu dors plus la nuit à cause de ta nouvelle passion pour les chips et que tu commences à te rendre triste avec ça parce qu’aucune saveur ne sait satisfaire ton envie insatiable de palpiter des papilles, je te dirai sans doute que les chips ont pris une trop grande place dans ta vie et je t’inviterai aussi, à ce moment, à ouvrir ton estomac à d’autres aliments.

Meilleure actrice dans un rôle de soutien.

Des tensions se forment dans nos épaules et dans notre nerf sciatique même quand on se masse avec une balle de tennis sur le plancher de notre salon en écoutant la cérémonie des Oscars. Je pense pas qu’on soit conne épaisse laide valise chienne vache carpette cochonne, Mother Theresa. Je pense qu’on essaie tout ce qui pourrait peut-être fonctionner et que c’est légitime. Prendre soin de quelqu’un, ça occupe l’esprit, c’est formateur, libérateur.

En secondaire un le lundi je chicanais Steph quand elle avait fumé du pot avec son frère pendant la fin de semaine. Steph fume pus de pot maintenant, elle identifie son chum sur des treads de memes qui parlent de charge mentale pis lui il like même pas. Quand on prend soin de l’autre on pense presque plus à soi et donc ça occupe les dix doigts. J’ai eu un deuil à faire à la fin de mon secondaire et ma patronne m’avait suggéré de travailler plus, ça occupe l’esprit, ça fait du bien.

À des soirées poétiques, on m’explique sur scène que la personne de qui je dois prendre soin, c’est moi. Me and only me. Je sais pas trop où ça résonne et donc je pose la question à ma correspondante. J’attendrai sa réponse pendant neuf jours.

Entre temps, @art.yoga.feminism partage sur Instagram une image.

SELF CARE : Attend to comfort, ease, rest, time, choice, curiosity, kindness, attention, patience, adjusting environment, mindfulness, gentle, community, focus on progress, prioritizing, slowing down, exploration, pleasure, awareness, acceptance, support, presence.

Quand je reviens de travailler et que je vois ma boite aux lettre un peu déplacée, je sais que c’est la réponse que j’attendais, j’escalade les marches trois par trois, j’ai le sentiment que quelqu’un m’attend, enfin.

«Je pense que prendre soin de toi veut un peu rien dire tu vas pas feeler mieux avec un jus concombre-bleuet, vingt minutes de yoga et un bain. Tu pourrais te demander pourquoi est-ce que tu fais trop souvent ces gestes pour les autres? Par empathie? Ou bien as-tu peur de décevoir?»

Je n’ai pas le temps d’y réfléchir parce que je dois me rendre à un 5 à 7 où il viendra m’avouer qu’il sait pas pourquoi il m’a fait ce qu’il m’a fait et que c’est bien la première et seule fois où il a fait ce qu’il a fait. Il a pourtant traité toutes les autres avec respect, il me l’assurera il dira je te l’assure.

Il voudra qu’on trouve ensemble pourquoi il m’a fait ce qu’il m’a fait. Je le regarderai se mordre la lèvre du bas pendant qu’il cherchera à s’expliquer pourquoi il m’a fait ce qu’il m’a fait, la tête entre les mains. Best Actor in a Leading Role. Je lui demanderai est-ce que c’était par empathie ou bien par peur de décevoir? Best Supporting Actress. Il dira qu’il sait pas quoi répondre. Il trouvera important de me dire que même si on a vécu des beaux moments ensemble et qu’il était gentil et attentionné parfois à mon égard, il n’a vraiment jamais imaginé de futur avec moi.

«C’était juste tellement agréable… Han que c’était agréable?»

Je retournerai chez moi m’étendre sur ma balle de tennis.
Je me dirai que je pense qu’il a fait ce qu’il a fait pour s’occuper l’esprit et se faire du bien.

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Je me demanderai si c’est possible que j’aie été son self care.

 

 

Crédits photo : Christian Quezada

Les affaires qu’on fait s’additionnent pis finissent par se multiplier.

Super angoissée à l’idée de ne « rien faire » ou pire, mal utiliser mon temps, je cherche à retrouver l’importance des petits gestes, des petits moments. Leur rendre honneur.

Ça m’aide à dormir la nuit au lieu de me réveiller aux petites heures, prise avec l’angoisse de ne pas exécuter suffisamment.

Un événement par jour, c’est un beau défi.
Ça aide la tête à moins spinner dans le beurre.
Qu’avez-vous fait aujourd’hui ?
Je suis allée au restaurant.
Je suis allé au magasin.
Je ne me sentais pas très bien.
J’ai travaillé.
J’ai marché.
J’ai rencontré un nouvel être humain.
On a pris la voiture pour se rendre quelque part.
On en est revenus.

On nous apprend avec le temps que le temps est une donnée qu’il faut chercher à maximiser, à rentabiliser.

Dans la série « Les affaires qu’on fait s’additionnent pis finissent par se multiplier » je cherche à me réapproprier le temps dont je dispose. Je cherche à ne plus glorifier le fait d’être sans cesse occupée à reproduire des gestes qui sont considérés comme « importants » par des personnes qui ne sont pas moi. Qui ne me connaissent pas au quotidien, mes humeurs, nos épreuves.

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(Stop the glorification of busy)

Mes vacances de chanceuse.

Baby! La procédure normale, les US et COUTUMES, comme on dit, voudraient que je te demande de tes nouvelles, mais comme t’as le soleil qui reflète sur tes cuisses sur toutes les photos que tu posts jusqu’à présent et qu’on attend le soleil à peu près dix mois par année, ensemble dans mon salon frette, je prends pour acquis que tout est safe and sound pour toi et que t’es prêt à écouter mes chichis! T’es en vacances anyways, t’es relax, t’as rien que ça à faire de me lire. Non, je vais pas FaceTimer, j’ai envie de prendre la plume ce soir pour t’écrire, mon chhhherrrr amour qui grandit tous les jours, je suis poète côline de bines j’ai l’œil qui saute dans son orbite pis oui, c’est du manque de sommeil, mais du manque de sommeil dont je me crisse ben raide parce qu’il est pas relié à mon angoisse, mon angoisse fait dodo. Heyyy oui! Je t’écris en catimini de mon angoisse qui se racle le fond de dodo dans un coin de mon esprit donc dull dont je me sacre en ce moment. À bien y penser, je sais pas si ça se dit « chichi » pour ce pour quoi je t’écris, mais je m’en fous, il est tard pis j’ai pas encore ouvert mes notes de quoi que ce soit parce que j’arrête pas de repenser à la fin de semaine que j’ai eue pis en même temps que d’être pleine d’énergie je suis complètement vidée. T’es mon best, subis-en les conséquences. Il suffit pas de venir chez moi boire tout mon thé et fumer toutes mes cigarettes pour être mon best, mon best. WHO LET THE DAMN DOGS OUT leeeel

Voici, c’était mon prologue à mon message. L’histoire commence.

Je m’excuse, j’ai encore trop bu de café pour finir d’étudier. C’est pour ça que je t’écris, pour pas faire ce que j’ai à faire pis pour te compter ma fin de semaine à cause de laquelle j’ai pas fait ce que j’avais à faire. ALORS DONC JE COMMENCE. Je t’invite à mettre tes lunettes soleil et à prendre une petite gorgée de mawrgawritawww, peut-être que ce sera long.

Ça a commencé par moi qui s’installe à l’ordi vendredi matin comme une fille de mon temps des années ’20 pour prendre mes messages. Ça flashait déjà à 200 à l’heure sur mon cell, mais qu’est-ce que tu veux j’ai cent ans, je m’assois avec le petit café pour lire le petit courriel. Y’était 8hres du matin et pour ma défense de gone girl, on s’était couchées à 4h la veille parce que l’avant-veille c’était jour de fête. Fête comme on les aime, fêtes qui n’en sont pas sauf quand on décide que BAM, c’est fête.

Je sais que depuis le début de l’année, chaque fois qu’on se parle, je fais juste mettre une cassette sur repeat de moi qui dit que j’haïs mon programme pis surtout tout le monde qui a dedans. Je sais. Mais je t’avais aussi déjà parlé du seul ami que je m’étais fait? Il s’appelle Charles. Il m’a vue connectée vendredi matin 8heures, signe que je ne suis pas la seule pour qui c’est possible. Il m’a demandé si j’avais des plans pour la journée. L’envie de le revirer de bord était, ma foi, très prenante, j’avions encore les yeux collés de dodo, tu comprends-ti la patente? Finalement, je lui ai avoué que c’était ma première fin de semaine de congé depuis le début de l’année et que j’avais pas de plans sauf d’étudier et que ça m’apaisait vraiment la tête et le corps de me dire que je pouvais me lever à l’heure que je voulais toute la fin de semaine… t’sais la fille tellement relaxe que finalement elle se lève à 8h… En toué cas. Je vais essayer de raccourcir un peu ça là, tu dois avoir hâte d’aller dans la piscine. Bref, il me dit qu’il est avec son ami belge qui s’appelle Karl et qu’ils s’en vont au chalet de ses parents pour la fin de semaine et qu’ils m’invitent et que si je veux, ils peuvent passer me prendre dans trente minutes. Le fait que Karl soit belge a pas vraiment rapport, sauf quand il fait des calls comme quoi qu’il ressemble à une capsule ou un comprimé vue qu’il a le teint très pâle et qu’il est rasé. J’aurais dit Tylenol.

Trente minutes plus tard, je suis assise dans les marches en face de l’appartement avec mon petit pack sac entre les jambes, je les attends dehors parce que je veux pas qu’ils sonnent et qu’ils réveillent Marianne à qui j’ai écrit une note qui fait état de ma renaissance et ça pèterait tout si elle me voyait partir. « Je suis partie dans un chalet avec des inconnus. Peut-être qu’il y aura pas de réseau. Si mes parents t’appellent parce que je donne pas de nouvelles, dis-leur leur fille est redevenue celle qu’elle était. On se revoit dimanche. Je t’aime. » Te souviens-tu quand tu venais me chercher le vendredi soir en finissant de travailler pis que même si y’était 22 :00 on considérait pas que la soirée était finie? Ben j’essaie de retrouver ce minding-là, c’est compliqué, souvent, mais là, pour une fois, ça marchait pis j’en avais envie. Ma vie est pas finie, Yann! Ma vie est pas finie! Et c’est tellement le best pour mon avenir, que ma vie soit pas finie! Hahahaha OK

Dans l’auto, on fait juste diiiire de la marrrdeee, on est doooonc contents d’être contents, il fait pas super beau, mais on s’en fout, on a des lunettes fumées qu’on s’échange et on ouvre les fenêtres pour laisser passer l’air entre nos deux oreilles. Se faire ventiler les idées. Je sais même pas où on s’en va pis combien de temps ça va nous prendre pour s’y rendre, d’habitude je suis toujours entrain de calculer mes collations, pis mes minutes qui me séparent je sais-pas-trop-quoi, mais j’ai cette impression-là que ces gars-là sont tout ce dont j’ai besoin pour le moment, je respire en regardant dehors pis c’est même pas pour me donner un air mélancolique. Le système de son de l’auto est scrappe, la musique joue sur un ghetto blaster installé à côté de moi sur le siège en arrière, ça joue fort dans ma poitrine. J’t’une chienne qui branle la queue pis qui regarde dehors la langue sortie. Je connais pas vraiment ces deux gars-là, mais leur présence est apaisante. On arrête à chaque heure se prendre un café pis courir dans le stationnement. Je sais tellement pas quand est-ce que mon cerveau a décidé de shut down pendant cette fin de semaine-là, mais c’est arrivé. Mon moment à moi que j’ai pas à partager, y’a rien d’obligé, je peux leur dire ce que je veux pis je décide de leur dire la vérité.

Au chalet finalement y’a des parents ils me serrent dans leurs bras comme si je faisais partie de la famille. Sont dooooonc contents d’avoir de mes nouvelles pis que je passe les voir. On rit. On reste pas à l’intérieur, on s’habille chaudement pis on va marcher dans le bois. On parle des fois, les gars prennent des photos de feuille pis d’arbre pis de moi des fois. On déconne on court encore, je cueille des roches pis je leur donne des noms. Personne trouve ça drôle ça tombe bien parce que c’est pas des jokes. Un moment donné vient le temps de grimper un petit mont. En plein milieu de l’ascension j’suis frue, je me sens devenir la face toute rouge pis j’ai plus envie d’avancer, c’est le moment où tout devient plus sombre pis que mon orgueil embarque dans une journée où j’avais même oublié qu’existait encore en quelque part ce concept de marde-là qui s’appelle l’orgueil très mal placé. J’suis bockée, j’ai trois ans pis je veux pus avancer. « Allez-y sans moi, je vais vous attendre ici. » Les gars reviennent sur leurs pas, me demandent ce qui se passe pis je pourrais leur dire n’importe quoi, mais je choisis encore de dire la vérité. « J’ai peur de devenir toute rouge pis d’avoir chaud, pis là vous prenez des photos pis ça me stresse. » Ils rient pas. Charles dit : «Moi, j’ai un très long front.» Karl dit : «Et moi de très grandes oreilles.» Je ris. Ils me font signe de m’en revenir. On repart pis on en reparle pas. Rendue au sommet j’suis fière que les sentiments bousilleurs l’aient pas emporté sur les plus nobles, pour une fois.

On a soupé tout le monde ensemble pendant quatre heures et on riait tellement fort qu’on a rendu tout le voisinage jaloux, chu sûre. Le reste de la fin de semaine s’est passé sur le bord de l’eau avec des grosses couvertes, y a eu du café, des crêpes, des compliments, des promesses, des souvenirs partagés, des siestes, deux feux de foyer, des clins d’oeil. Pas de complexes ni de sous-entendus. Je suis tellement chanceuse d’avoir pu pouvoir me permettre de partir pendant de ma vie pendant 36hres, d’aller sneak peak dans une autre vie pis de revenir dans ma vie avec tout le … je sais pas quoi mais j’ai envie d’écrire le +++++++++… hahaha. Crime qu’on est ben icitte. Les quatre saisons pis tt… ahhahaha

T’sais je sais bennnn que la vie, ça se passe pas dans un chalet à chercher cette effervescence-là non-stop ni de penser que tout le monde il est donc fin et tout le monde il est bien gentil, mais des fois, se dire que ça se peut en quelque part, en dehors de ce qu’on vit chaque jour, ça fait vraiment la différence pour retourner affronter le reste. Des petits breaks de pessimisme pis de palpitations, esti que ça se prend ben. Se fier à son instinct pis ses envies, essayer d’avoir moins peur juste pour voir ce que ça donne. Pas essayer de trouver les failles de chaque personne à la première rencontre. Prendre des affaires comme l’amabilité pis les bonnes intentions pour acquises. Peut-être que le feeling va pas rester pis que je vais retomber rapidement. Je t’écris souvent quand j’suis triste pis quand je me relis quand j’suis triste je me dis cawwline, j’tais déjà triste pis j’t’encore triste. C’est pour ça que je t’écris, pour me relire quand je serai entrain d’encore essayer de me convaincre qu’il existe rien de simple ni appréciable dans’ vie.

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Who let the god damn dogs out. leeeel

Jouer aux cartes

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Domàmarde.

La semaine passée j’ai commencé une nouvelle job dans un très chic café parce que c’est juste THE SHIT travailler dans un café tout le monde est bien habillé pis suréduqué pis je pensais honnêtement que les NewBalance ou bedon les Vans of the Wall noirs venaient avec la job j’ai un peu été déçue quand j’ai réalisé que non mais j’ai été vraiment bonne pour faire comme si rien était j’ai genre juste slammé un peu de franglais sur le bout des lèvres en crémant mon dernier tatoo stick and poke pis ça a passé comme dans du beurre. Mes boss sont eux-mêmes deux jeunes adultes ultra-branchés qui respectent leurs employés et l’environnement, or étant moi-même une jeune femme dans la fleur de l’âge qui aime boire du lait de soya pour se donner bonne conscience, j’ai crié JACKPOT. C’est sûr que c’est gossant parce que y’a pas de place pour faire mon yoga dans le café lui-même, mais proche y’a une place de BIKRAM faque ça va.

Je me disais que c’était l’emploi tout indiqué pour moi parce que je dois payer mon loyer pis je voudrais surtout pas m’investir dans un emploi à temps plein qui m’empêcherait d’être l’artiste accomplie que je suis entre deux épisodes de Gilmore Girls de 11@15 tous les mercredi-jeudi.

Dans la pile de C.V. je sais pas pourquoi, mais c’est le mien qui a attiré leur attention. J’étais en compétition avec un C.V. imprimé sur fond d’illustration de latté art, je suis désolée pour la personne qui s’était donné tout ce mal et pour qui ça n’a pas fonctionné. Whatever drette quand je suis entrée je me suis reconnue dans les murs d’une couleur assez douce pour la concentration, mais pas trop à la mode pour pas qu’on ait à repeinturer tous les deux ans, mais quand même assez punchée pour que ça reste dans le doux milieu entre mainstream et edgy.

Ils m’ont dit tu commences dans deux jours OK merci je vous aime mes amis-collègues j’ai hâte d’être cool comme vous. Ils m’ont répondu avec un petit sourire genre rêve toujours t’as des mèches blondes ça parait.

Pour vrai ça s’est bien passé. J’ai un collègue qui dit rien qui fait juste travailler ou me parler de ce qu’il va manger pour souper c’est cool ça me donne des idées de repas. J’ai une collègue qui me parle toujours de son bike de ses rides de bikes de ses souliers de bike de ses pédales de bikes de ses cuissards de bike. Ça donne envie de s’acheter un bike.

Pendant mon troisième shifts, toute ma nouvelle famille de collègues m’a laissée toute seule parce que j’étais prête à voler de mes propres ailes. C’est un petit côlique de café c’est normal d’être seule pour servir deux trois personnes qui te répètent à toutes les secondes qu’ils sont des habitués de la place, c’est pour rester dans la vibe café de quartier tu catches, on se rapproche du grain parce que le grain c’est ce qu’on a de plus cher pis on se sent pas super bien de pas savoir le nom du producteur mais le gars qui torréfie le fameux grain le connaît lui faque c’est quand même cool de pouvoir dire qu’on connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un. Du namedropping de producteur de café éthiopien. L’affaire c’est que moi je fais ça juste en attendant sauf que finalement je vais passer ma vie là-bas quoi whatever pense ce que tu veux.

Quisser qui débarque pas pendant que je suis entrain de faire deux crises cardiaques parce que j’ai deux assiettes à laver en même temps qu’il faut que je remplisse la pipette de miel? La sacrament de Domàmarde. Je l’appelle Domàmarde parce que trouve que ça lui va comme un charme. La dudette porte des bas de laine dans ses sandales elle déteste la chaleur elle s’exile dans des pays d’hiver à l’année elle tourne tout ce qu’elle touche en jojoba poétique, je pense qu’elle a jamais travaillé dans un café, mais ça lui irait full bien sérieux. Elle pourrait installer une expo sur les murs du café avec tout son bel art vraiment artistique pis ben tout le monde lui dirait que c’est beau, elle elle penserait juste que l’art a pas d’avenir, mais pas tout le temps le reste du temps elle dirait juste oui merci madame ou ben elle enchainerait sur une discussion sur différents procédés artistiques pis de visions de l’art contemporain ou d’essais sur la création pis la fonte des glaciers. C’est une vraie côliss quess tu veux c’pas donné à tout le monde deal avec.

‘a l’accote son bike sur le bord de la fenêtre ‘a me fait un tit coucou. ‘a vient me voir je lui saute au cou j’y donne deux becs je l’aime tellement pourquoi je suis pas game de lui dire prends moi aime-moi montre-moi comment m’en crisser siouplaît je suis pas capable de m’en crisser comme toi je dors pu ça fait deux semaines j’aime mal mon chum je lui crie que je veux vivre ma vie que j’ai besoin de personne que je suis une femme fière et intelligente et j’ai besoin de vivre ma vie comprends-tu mon amour entre deux déclaration d’indépendance je le supplie de me rester de m’accepter de pas m’haïr mes amis comprennent pas trop où je m’en vais mes parents pensent qu’ils ont mal fait leur job je pense que je suis pas capable d’être, juste être, pis de dire à tout le monde regardez-moi comme je décide d’être c’est hot han mais aussi pitié crissez-moi la paix j’ai jamais vieilli je te l’avoue Domàmarde j’ai encore huit ans je comprends pas les responsabilités je les fuis je pense que toux ceux qui sont encore sur le party passé un certain âge sont pas des imbéciles qui ont pas de but je pense qu’ils ont juste pas de lendemains de veille comment tu fais pour être en paix je suis pas capable de faire un pas dans la rue sans penser à qui je blesse en le faisant ou qui est-ce qui mériterait plus que moi de faire ce petit pas dans la rue sérieux des fois c’est long longtemps c’est-tu grave que j’écoute Rihanna? C’est tu un bon album Unapologetic? Je sais pus.

‘a dit que je la fais rire je lui dis à quel point je suis donc ben nerveuse de pas tout savoir sur mon travail pis d’être obligée de le faire toute seule ‘a rit, accotée sur le comptoir ‘a me demande un café justement. ‘a prend une gorgée de son café, elle me regarde, je continue ma tirade je suis pas à l’aise d’être tout de suite toute seule je comprends qu’il faille passer par là, mais j’aurais aimé ça que quelqu’un reste avec moi sérieux je panique. Elle dépose son café, me demande pourquoi? J’arrête ce que je fais. Pourquoi? Pourquoi? Ben me semble que c’est évident? Non, je comprends pas, comment c’est faire t’es stressée de même? Ben si le monde rentre pis je comprends pas la langue qu’ils parlent si finalement ils aiment pas mon créma si c’est super long avant que je les serve et qu’ils sont fâchés. Elle rit encore. Je ris avec elle. Elle répète-demande. Pourquoi? Pourquoi quoi côlisse je sais pas ça s’explique pas j’ai chaud j’ai peur que le monde m’haïsse. AH! VOILÀ! Le monde qui t’haït parce que tu fais pas des beaux dessins dans leur café après ton troisième shifts de job… On s’entend-tu que?

Oui, on s’entend que.

Je l’ai regardée rembarquer su son bike pis pas se fâcher quand une voiture a essayé de lui couper le chemin. Elle a souri quand le gars lui a dit qu’elle avait pas d’affaire sur les routes qu’il payait avec ses taxes. Le reste de mon shift, quand la panique montait j’entendais la voix de la sacrament de Domàmarde me demander Pourquoi? Je savais pas quoi me répondre qui valait vraiment la peine que je stresse, ça m’aidait à moins suer. Après ça je suis allée dans un sous-sol d’église dans Outremont écouter une docu-fiction allemande sous-titrée et le propos m’a fait sentir proche de mes ancêtres.

Raph Frites Alors!

Aller, on improvise les bébés! Let’s go!

Chronique d’un amour au quotidien. Deuxième.

En couple depuis maintenant huit mois, François et Marie-Pier. Il travaille, elle étudie.

INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Comment ton amour pour Valérie se traduit-il au quotidien?
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Je ne connais pas de Valérie, tu veux sans doute parler de Marie-Pier.
Je ris parce que je suis même pas pompette, comme la plupart du temps où je fais mes entrevues d’amour au quotidien.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Oui! En effet, comment ton amour pour Val…Marie-Pier se traduit-il au quotidien? Voyons pourquoi je l’appelle Valérie?
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Je ne sais pas. Je sors bel et bien avec Marie-Pier.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Vas-tu dire toutes tes négations?
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Je ne sais pas, je t’avouerai que c’est stressant ta patente.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Alors, comment ton amour…
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Au quotidien… je te dirais… ben habituellement je te dirais que ça va là… on est pas mal sur la même longueur d’ondes, sauf que là ces temps-ci c’est comme plus elle qui drive mettons la patente. Pis moi je euh surfe. Je surfe sur son enthousiasme.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
OK! Mais est-ce que euh tu euh fais des fois des… comment lui démontres-tu ton amour habituellement disons?
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Ben eum mettons des fois je vais dormir chez elle sans l’avertir. Ça lui fait plaisir. Mais des fois c’est barré faque je retourne chez nous.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Elle répond pas à son cell?
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Elle a pas de cell.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Bon, une hippie?
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Non, elle a juste pas d’argent.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Une hippie pauvre?
J’essaie de faire des blagues parce que je suis mal à l’aise.
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Non non, je sais pas pourquoi elle a pas de cell. On en a jamais parlé vraiment.
Je ris parce que je sais pas si c’est vrai.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Et ça va bien vous deux?
Un petit silence où je checke mon cell pour pas le regarder lui.
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
Oui.
Le plus petit oui de l’histoire du oui.
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
J’ai rien à lui reprocher. J’ai la tête ailleurs. C’est avec elle que je devrais avoir c’te discussion-là.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Si tu veux, on peut s’en reparler le mois prochain.
INTERVIEWÉ EN MARS-LUI
C’est une bonne idée. Mais elle a rien à se reprocher là.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Oui, tu l’as déjà dit.
daniel-coeur-copie

François a parlé avec Marie-Pier. Il insiste qu’elle n’a rien à se reprocher, mais qu’il n’arrive pas à formuler son malaise dans la relation. On s’en reparle le mois prochain.

 

Je sors un roman, oui oui, un roman!

fbevent_saufquejairiendit
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Si tu as pas Facebook, voici les infos:
Horaire des célébrations
17h@20h* Lancement tout ce qu’il y a de plus NORMAL, vino et bouchées frettes qui réchauffent le coeur
20h à 21h* Lecture de textes de Ma Querelle par ami.e.s et amant.e.s
21h* DJ GUILLAUME MANSOUR AUX PLATINES
* toutes les heures sont approximatives gossez pas

Participations spéciales de Féline Dion & Pénélope et Chloë

Dormir dans mon chest.

On est assis à terre dans ton salon pis les deux on tète un thé à la menthe froid. Tout ce que je m’imagine, c’est de te peser tellement fort sur la tête qu’a rentre dans tes épaules. Tes bras se rejoignent en avant pour en former qu’un seul. Très étroit. Tes jambes rétractables te serviraient fin et elles seraient toujours rétractées à partir de ce moment-là dans tes très petites fesses. Tu ramollirais de tout le reste, je te malaxerais un peu et tu deviendrais une belle boule de pâte à modeler. Verte.

Après ça, parce que oui y’a une suite à ça, j’irais dans ton tiroir à ustensiles bizarres prendre ton couteau à pizza avec lequel personne coupe jamais sa pizza sauf toi. Je m’ouvrirais le thorax avec. Une belle longue ligne entre mes deux seins. Ma poitrine un peppéroni géant, coupé sur la longueur chaque partie aurait un poumon tout le monde continuerait de respirer, pas de panique la gang, tout est sous contrôle.  Je suis une professionnelle. Je crisserais la belle grosse pâte à modeler bien au chaud entre mes deux poumons sûrement roses vue que je fume pu depuis genre début janvier. Rose et vert les couleurs complémentaires qui font mon affaire.

Au début tu réagirais sûrement mal, je comprends l’affaire de tout le déplacement pendant que toi, t’avais juste prévu boire un thé chez vous relaxe ce soir là, quelques inconforts de plus ou de moins au point où on en est, c’est juste un peu de flafla dans ta jupe à crinoline. C’est dans ta nature de mal réagir anyway ça me brusque pas et je peux pas vraiment faire semblant qu’un peu d’orgueil dans ces moments là ça arrive pas, même aux meilleurs, en pleine transformation de ce qu’on a d’humain le plus profond en plaxmol par une ambulancière en talons qui fait juste se frotter le bout des shoes sur le tapis d’entrée vite vite avant de venir tout cochonner de tes plans initiaux. Devenir un mur. Très beige, très long, très invisible, j’ai compris, mais ça m’intéresse pas. Wwwwwweeeeeeoonnnnn je suis arrivée héhé frotte frotte les souliers, j’ai d’autres plans pour toi, embarque dans mon plexus solaire on regardera pus jamais en arrière.

Je refermerais ma cage thoracique avec des fils de spaghetti juste parce que t’aimes ça pis tu verrais que je sais que c’est temporaire, hello on se tresse pas une prison en pâtes tu le sais comme moi. À partir de là, t’aurais juste à te faire promener un peu partout dans la ville. Faire un beau dodo dans le portage nouveau genre on va faire fermer la boéte à ceux qui trouveront ça bizarre que t’aies plus que genre un an. Tayeule, tu traines ton bébé parce qu’y peut pas marcher? Bon ben je traine mon bébé parce qu’y peut pus marcher. Continue ton chemin mauvaise savante. Fais un beau dodo au son de moi qui passe une commande au café, je vais te donner un peu de scône au travers des spaghettis t’aimes ça les scônes tu te rendormiras après.

Tu dis j’ai pu d’amis j’ai pu de projets chu rien chu pas beau rien fonctionne. Je me dis ces mêmes choses là sauf le bout que je suis pas belle parce que ça je le sais que je le suis ma coiffeuse me le dit tout le temps en téka la différence c’est surtout que mon cerveau à moi est plus calme de ce temps-citte, il a pas envie de se sacrer à off tout le temps, c’est ma chance en ce moment. Je vais te faire profiter de ma chance, de mon cœur gonflé, de mes jambes solides. C’est la roue de fortune sans le bout de hasard. Ta tête va moins s’envoler partout où au moins elle va savoir où atterrir où revenir pis à qui dire bonne nuit.

Pour être honnête je vois ça comme si on était l’été, qui faisait 40 degrés dehors à l’ombre pis que j’avais une piscine pis pas toi. Ça me fait plaisir. Ça fait quelqu’un à qui parler qui écoute pas vraiment tes niaiseries, mais aussi un maudit bon public pour voir lesquelles de mes jokes pogneraient le mieux si j’étais Cathy Gauthier au Théâtre St-Denis. Ces temps-ci quand tu ris une de mes blagues j’ai l’impression d’être l’affaire la plus drôle au monde genre Beyonce clown en 2009 quand on l’écoutait sur repeat dans le local étudiant sur l’ordi de la personne full techno qui prenait ses notes de cours à l’ordi. J’aime ça partager ma piscine avec toi même si t’es pas vraiment du genre batchettes ces temps-ci. On est pas obligés de toujours faire des batchettes. Les batchettes me dérangent pas. Arrêtons de parler de batchettes. Ok je le dis quand même une dernière fois; batchette. Voilà c’est dit. Je sais que tu te dis que tout le monde t’invite à te baigner par pitié, mais moi je vois ça plus comme qu’on sait c’est quoi pogner des bouillons tout seul dans son bain pis on aime mieux être là mettons quand tu vas te mettre à caler dans le pas creux parce que tu trouves pu les marches qui sont dans ta face. En néons. Roses. On est dans une piscine disco du futur. T’adorerais ça. Sauf que là, t’es pas équipé pour reconnaître les beaux néons. Chu pas frue que tu remarques pas les beaux néons dans ma piscine imaginaire, mais je veux jamais que tu penses que pu jamais ça va t’intéresser, ces affaires-là. Ça va revenir. Le goût des aliments aussi. L’énergie.

Accorde-toi le droit pour le moment d’être un spectateur fatigué. Endors-toi dans la première rangée pis ronfle à t’en fendre la glotte. Deviens ton chat, attends que la vie passe en la regardant par la fenêtre. Mange, marche, dors, recommence. Les saisons vont passer date, mais toi jamais. Sans t’en rendre compte, t’apprends pareil. Tu vas vieillir vite dans les prochaines semaines, mais ça veut pas dire que tu seras pu jamais capable d’être émerveillé.

 

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Pour ta peur de devenir paresseux de la pensée, fais-moi confiance pour te buter dans les côtes si ça arrive. Deal?

Chronique d’un amour au quotidien. Première.

En couple depuis genre le début du monde. Deux étudiants.

INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Samuel, comment ton amour pour Zoran se traduit-il au quotidien?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Des textos.
Il rit.

INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Vous vous textez beaucoup?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
On se texte passionnément des emojis.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
OK! L’amour à distance.
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
L’amour à distance, ce n’est pas des blagues!
Sam fait vraiment sa négation à l’oral, ça rend le personnage très attachant, c’est super beau on devrait le faire plus souvent.
Des emojis, à défaut d’avoir des dick pics.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
OK, vous êtes pas trop dick pics?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non non non, on fait dans l’emoji. Les principaux sont la bombe, la flamme, le bonhomme avec les yeux en coeur, on a le drapeau, le ballon…
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Quel drapeau?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Le p’tit drapeau rouge. Celui qui pointe vers la gauche. Après, le petit singe qui se cache les yeux et l’homme et la femme qui s’embrassent. Moi étant la femme.
On rit.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
T’es con! C’est établi entre vous deux?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Oui.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Tu mens?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non!
Je ris.
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non, c’est vrai, mon amour au quotidien, c’est ça. Après, dans un autre genre de réponse, je te dirais que ce sont des pensées, des choses que je ne lui traduis pas. Genre une fierté qui reste en moi. Ça, ça l’arrive après le texto.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Quand il répond une bonne bombe avec un singe, fierté?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Non. Mettons, une bombe, deux flammèches pis un drapeau. Après… moi en moi là… Y’a quelque chose qui reste.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Ça ça fait un beau dodo?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Ça fait un beau quotidien. Je me dis y’est là, y’est présent pour moi.
On rit.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
OK pis mettons, quand y’est là? Est-ce qu’y a quelque chose qui fait qui te rend fou amoureux?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Sa beauté sublime.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Donc il a rien à faire et t’es amoureux?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Absolument. Je le trouve sublime. Je le regarde et je… mon existence est…
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Réglée?
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
Réglée là, c’est vécue, c’est faite. Ses grosses mains. Mettons il me dit salut de loin là. Avec sa grande main là, moi mes deux genoux claquent, c’est comme un bâton de baseball. Tombe à genoux esti.
Je ris. En fait je suis crampée ben raide.
INTERVIEWÉ-TROP NICE-SAM
C’est vrai! Pis quand il parle après, tout ça s’améliore là t’sais. Quand il parle, quand il rit… mais juste de le voir là c’est capoté.
INTERVIEWER-TCHILL-MOI
Ça me fait plaisir. Merci Samuel.
C’est pourquoi c’t’entrevue? Je vas-tu être sur un blogue, moi là?

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Pour l’anecdote : son amoureux, de son côté, envoie toujours le couple avec les deux hommes, seulement, Sam n’a pas la dernière version d’emojis disponible.